Révolution et évolution pneumatiques : retour vers le futur

Dans le cadre de son Baromètre, Speedy Fleet organise régulièrement des conférences sur le thème des pneumatiques. Lors de la quatrième édition de ce Baromètre Pneumatiques, plusieurs manufacturiers ont présenté leur vision prospective du pneumatique.

- Magazine N°131
533

Le pneumatique du futur est à l’étude chez les manufacturiers. Michelin travaille principalement dans deux directions. Le premier projet a été baptisé Michelin Tweel, soit la contraction en anglais de «tir» et de «wheel». Il s’agit d’une roue non pneumatique, c’est-à-dire sans air. Elle est constituée d’une bande de roulement en caoutchouc reliée au moyeu par des rayons flexibles. Au lieu d’avoir une roue et un pneu, il n’y aura plus qu’un seul produit très résistant : le Tweel. Montage et démontage seront ainsi facilités. Deuxième projet, le Michelin Airless est comme sans nom l’indique une roue qui ne contient pas d’air. Avantage : elle n’aura plus besoin d’être gonflée, ne pourra plus crever et ne demandera aucun entretien. Pour aller vite, il s’agit d’une « cage à mouches » ou d’une structure radiale réalisée avec des matériaux composites sur laquelle est collée une bande de roulement en caoutchouc. Si, au fil des kilomètres, cette bande est usée, il suffira de la faire rechaper. En revanche, la structure radiale est conçue pour durer autant d’années que le véhicule. Selon Frédéric Menet, responsable technique produits chez Michelin, « Michelin Tweel et Michelin Airless ne sont encore qu’à l’état de projet et ils ne sauront être commercialisés avant quelques décennies pour les véhicules de particulier. »

Le véhicule à 30 mètres

Lors du même baromètre, Sylvain Borré, directeur des ventes nouvelle distribution chez Continental, a présenté un projet dit de « véhicule à 30 mètres ». Ainsi un véhicule de tourisme doit être capable de s’arrêter sur 30 mètres lorsqu’il est lancé à 100 km/h, soit de 5 à 10 mètres de mieux qu’un véhicule de série. Pour atteindre cet objectif, Continental a installé sur une berline classique l’ensemble de ses technologies (certaines déjà utilisées, d’autres encore à l’état de développement) : le freinage électro-hydraulique, les mélanges de gommes prototype, la suspension pneumatique pilotée… L’une des innovations majeures de ce projet est le système SWT (SideWall Torsion) : à l’aide de la magnétisation des flancs du pneu, le système mesure la déformation de ceux-ci à l’aide de capteurs, informations qui remontent vers les systèmes d’assistance électronique d’aide à la conduite.

Mobilité durable

De son côté, Jean Kazacs, responsable marketing chez Goodyear, a rappelé que le manufacturier travaillait sur le respect de l’environnement. Dans ce cadre, Goodyear développe un nouveau matériau de charge de renforcement (additif qui permet de renforcer le mélange de la gomme et d’optimiser ses propriétés) à base de ressources renouvelables comme l’amidon de maïs. Lors du processus de production, les émissions de CO2 seront réduites. Autre axe de recherche : une analyse approfondie de la structure du pneu pour diminuer la perte d’énergie d’un véhicule qui roule. But du jeu : développer des pneus avec une résistance au roulement plus faible, une longévité plus importante et des distances de freinage raccourcies. Bref, le pneumatique est bel et bien un produit de haute technologie et continue à faire sa mue.

PARTAGER SUR