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Richard Bouligny, DGa de Renault Parc Entreprises : « Nos clients raisonnent de plus en plus par coût de détention global »

Renault Parc Entreprises représente 58% des ventes Renault en France si on se réfère aux immatriculations enregistrées entre janvier et septembre 2006. Richard Bouligny, Directeur général adjoint de Renault Parc Entreprises et Directeur de l’activité LLD du groupe Diac, revient sur l’incidence de la nouvelle TVS sur l’offre du constructeur et détaille la stratégie développée en la matière.

- Magazine N°123
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Flottes Automobiles : Quel impact financier va avoir le nouveau mode de calcul de la TVS sur la fiscalité liée aux différents véhicules que vous proposez ?

Richard Bouligny : Avec un taux moyen d’émission de CO2 de 145 g/km sur l’ensemble de notre gamme, nous nous situons parmi les leaders du marché. Le nouveau mode de calcul de la taxe sur les véhicules de sociétés est donc favorable à Renault. Prenons l’exemple de Mégane : sur les motorisations 1. 5dCi 85 et 105ch, la TVS est désormais de 480 euros par an, soit 900 euros d’économie par rapport au modèle équivalent en 2005. Les économies réalisées par les professionnels qui choisissent Renault sont substantielles.

Selon vous, en quoi le nouveau mode de calcul de la TVS va-t-il influencer les entreprises en matière de gestion de flottes ?

R. B. : Il les influence déjà. De plus en plus de nos clients raisonnent désormais en coût de détention global, que ce soit à leur initiative ou sur nos conseils. La fiscalité, dont la TVS, est naturellement incluse dans leur réflexion. Le paramètre « émissions de CO2 » joue donc désormais un rôle déterminant dans le choix d’un véhicule : nos clients s’orientent aujourd’hui vers les véhicules qui émettent le moins de CO2. On peut ainsi observer, par exemple, certains reports de commandes vers des motorisations plus faibles.

Le haut de gamme ne va-t-il pas souffrir de ce nouveau mode de calcul ?

R. B. : Oui et non. Il est vrai que la nouvelle fiscalité, qui s’attaque aux véhicules fortement émetteurs de CO2, pénalise principalement les véhicules haut de gamme de tous les constructeurs. Cependant, la part que représente la fiscalité dans le coût total de possession de ces véhicules est moindre et, lorsque l’on achète un véhicule de ce type, le facteur prix n’est pas toujours décisif. De plus, grâce au moteur 2. 0dCi développé avec Nissan, qui équipe tous nos modèles du segment S, nous pouvons concilier puissance et respect de l’environnement et éviter ainsi une trop forte pénalisation fiscale.

En quoi ce nouveau mode de calcul va-t-il faire évoluer votre stratégie sur le marché des entreprises ?

R. B. : Notre stratégie est déjà engagée notamment au travers de notre démarche de développement durable, dont le respect de l’environnement fait partie. Nous allons donc continuer à œuvre r dans ce sens avec des moteurs à venir qui se positionneront toujours avec des niveaux d’émissions de CO2 très faibles.

Quelle est la part des motorisations diesel dans vos ventes aux entreprises ?

R. B. : 90 % sur la base des immatriculations de janvier à septembre.

Cette nouvelle TVS va-telle favoriser encore davantage les motorisations diesel ?

R. B. : En effet, le poids des motorisations essence devrait encore diminuer. Mais étant donné leur part minime aujourd’hui, nous ne prévoyons pas non plus d’assister à un phénomène «spectaculaire ».

Êtes-vous favorable à l’esprit de cette nouvelle TVS ? Pour quelles raisons ?

R. B. : Oui. Dans l’élaboration de nos véhicules, nous travaillons en fonction d’un objectif clair : la performance, avec un carnet de route où les considérations économiques des acheteurs et les impératifs écologiques sont intimement liés. Nos ingénieurs manipulent cette équation avec un certain succès, ce qui nous permet d’être en phase avec le marché et l’enjeu planétaire que représente le réchauffement climatique. La nouvelle TVS, qui arrive dans ce contexte, est favorable à nos modèles. Elle prouve que nous travaillons dans la bonne direction et nous allons continuer dans cette voie.