Risque routier dans le BTP : des conseils pour les flottes

Christophe Catheline, directeur des opérations à l’OPPBTP, nous a donné des pistes pour limiter les facteurs de risque routier dans le secteur du BTP du point de vue de la gestion de flotte.

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risque routier btp

Selon l’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP), la route est la première cause d’accidents graves et mortels dans le BTP. En particulier, les trajets domicile-travail concentrent trois quart des accidents. En 2015, le secteur du BTP a ainsi été marqué par 4 727 arrêts de travail et 26 décès dus à des accidents de trajet.

Des facteurs de risque spécifiques aux VUL

Les facteurs de risque routier sont en partie les mêmes que pour les autres usagers de la route (vitesse inadaptée, téléphone au volant), mais sont également spécifiques au secteur : mauvais chargement, défaut d’arrimage… Ces facteurs sont notamment liés à l’utilisation des VUL, qui représentent un véhicule sur quatre dans les flottes de BTP. Les VUL présentent en effet plus de risque du fait de leur utilisation plus intensive, d’un âge moyen du parc élevé (9,3 ans) et d’un faible taux d’équipements de sécurité par rapport aux VP. Par exemple, l’éclatement des pneus des VUL sur autoroute est trois fois plus fréquent que sur les VP.

Des conseils pour les flottes

Au-delà du drame humain, la sinistralité routière a un coût important pour l’entreprise : selon l’OPPBTP, les coûts induits d’un accident de trajet peuvent être deux à trois fois supérieurs à ses coûts directs. Pourtant, seules 23 % des entreprises traitent réellement le risque routier dans leur plan d’actions, et 10 % d’entre elles seulement le citent comme le premier risque à prendre en compte.

Afin de diminuer ce risque, Christophe Catheline, directeur des opérations expert risque routier à l’OPPBTP, donne plusieurs conseils aux gestionnaires de flotte, inspirés de l’étude de 210 entreprises :

  • S’assurer que les conducteurs roulent avec des véhicules en bon état : « Il est important d’avoir un parc bien entretenu, avec une vraie gestion de flotte. Cela incite les conducteurs à prendre soin du véhicule. » Christophe Catheline insiste également sur l’importance d’acheter des véhicules pourvus d’équipements de sécurité, même lorsqu’ils ne sont proposés qu’en option.
  • Faire le choix de véhicules adaptés à l’activité de la société : « Si les VUL sont régulièrement utilisés en surcharge, mieux vaut adapter son parc. Dans la durée, même avec les permis poids lourd, les visites périodiques et l’entretien du véhicule, c’est financièrement intéressant. »
  • Bien aménager les VUL : « L’équipement d’un véhicule aménagé doit être réfléchi et adapté au métier. Si l’aménagement est bien fait et associé à une gestion des stocks, il y a non seulement un vrai gain de productivité, mais aussi une baisse de l’exposition au risque routier, car il y a moins d’aller-retours entre l’atelier et le chantier. C’est un important levier pour diminuer le risque routier. » Cela évite également les problèmes d’arrimage
  • Limiter les déplacements, par exemple en optimisant les parcours sur une journée et en promouvant le co-voiturage. Pour les déplacements professionnels, en cas de distance résidence-travail supérieure ou égale à 50 km aller, ou d’impossibilité de parcourir cette distance en moins d’1h30 en transports en commun, l’employeur peut bénéficier de l’indemnité forfaitaire de grand déplacement pour couvrir les frais de nourriture et d’hébergement supplémentaires du salarié.
  • Contrôler les conducteurs : Christophe Catheline encourage également les entreprises à vérifier l’aptitude à la conduite des employés et à mettre en place un contrôle de la consommation d’alcool et de stupéfiants, une mesure autorisée depuis peu par la loi (voir notre brève).

Un accompagnement pour les entreprises

L’OPPBTP accompagne toutes les entreprises qui le souhaitent dans leurs démarches de prévention du risque routier. « Sur notre site web, nous mettons à disposition un outil en ligne gratuit pour gérer le suivi du matériel (visites générales périodiques, entretiens, contrôles techniques…) avec un système d’alerte par email. Nous avons un système similaire pour le suivi du personnel (recyclage, formation…). » L’organisme propose également des sessions de formation pour les encadrants et les opérateurs : « Maîtriser le risque routier » et « Prév’action Risques routiers ».