Risque routier professionnel : encore trop méconnu dans les TPE et PME

Pour la cinquième année consécutive, l’Ifop a étudié le risque routier en entreprise pour l’assureur MMA. Bilan : seuls 19 % des dirigeants de TPE-PME ont mis en place des actions de prévention.

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Risque routier professionnel
Photo d'illustration

Comme chaque année, l’institut Ifop a étudié le risque routier en entreprise pour l’assureur MMA à l’occasion la cinquième édition des Journées de la sécurité routière au travail. Pour cela, il a sondé par téléphone un échantillon de 500 dirigeants, représentatif des entreprises françaises de 1 à 49 salariés (TPE et PME) du 5 au 16 octobre 2020.

Le bilan reste alarmant : 78 % des dirigeants ignorent toujours que le risque routier est la première cause d’accidents mortels en entreprise, un pourcentage stable depuis cinq ans. Pour rappel, 406 personnes sont décédées sur les routes lors d’un déplacement lié au travail en 2019 selon la Sécurité routière. Par ailleurs, « la crise sanitaire favorise le recours aux véhicules personnels et le développement de comportements à risque sur des routes moins fréquentées », révèle MMA.

Des actions de prévention menées dans moins d’une entreprise sur cinq

Face aux risques accrus, seuls 19 % des chefs de TPE-PME ont mis en place des actions de prévention. Dans le détail, les dirigeants vérifient les véhicules mis à disposition (80 %) et la validité des permis de conduire (78 %).

Un dirigeant sur deux affirme aussi se pencher sur les déplacements de ses salariés. Ainsi, 47 % des sociétés ont instauré le droit à la déconnexion des salariés sur les trajets professionnels (+ 15 points par rapport à 2017). A contrario, seulement 40 % ont instauré une charte de bonne conduite et 16 % ont mis en place une session de sécurité routière (- 10 et – 17 points respectivement par rapport à 2016).

Les chefs de TPE-PME n’ayant pas mis en place d’actions de prévention disent majoritairement ne pas y avoir pensé (57 %), d’où « l’importance d’une sensibilisation continue à ce risque », appuie l’assureur. Ils reconnaissent cependant l’utilité des Journées de la sécurité routière au travail (71 %).

Parmi les enjeux de sécurité routière identifiés par ces dirigeants, la consommation d’alcool (66 %), de stupéfiants (47 %) et les distracteurs de la conduite (40 %) sont cités comme prioritaires.

Le risque routier sous-estimé dans les TPE-PME

Bien qu’obligatoire selon l’article R. 4121-1 du Code du travail, seuls 34 % des dirigeants ont déclaré avoir mentionné le risque routier dans leur Document Unique d’évaluation des risques professionnels (+ 5 points par rapport à 2019). Si 59 % des dirigeants ont connaissance que leur responsabilité peut être engagée en cas d’accident de la route impliquant un de leur salarié sur un trajet professionnel, seuls 36 % savent que c’est aussi le cas pour les trajets domicile-travail.

Enfin, plus de trois quarts des chefs de TPE-PME déclarent qu’ils désigneraient le salarié responsable d’une infraction routière en cas de réception d’un PV. Une proportion en hausse de + 26 points par rapport à 2017, année de la mise en place de la loi (article L.121-6 du Code de la route) imposant aux entreprises la désignation du salarié. Précisons que 75 % des dirigeants pensent désormais que cette mesure responsabilise le salarié (+ 22 points par rapport à 2017) et ils ne sont plus que 18 % à la juger difficile à mettre en place (- 21 points par rapport à 2017).