Risque routier professionnel : la prévention insuffisante dans les TPE-PME

D’après l’assureur MMA, les dirigeants de TPE-PME restent encore mal informés sur les risques routiers en entreprise et seuls 16 % ont mis en place des actions de prévention.

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À l’occasion des Journées de la sécurité routière au travail, l’assureur MMA vient de publier les résultats de son enquête annuelle consacrée au risque routier dans les TPE-PME et réalisée par l’Ifop. Pour cette quatrième édition, 503 dirigeants d’entreprise allant de 1 à 49 salariés ont été interrogés par téléphone entre le 1er et le 8 avril 2019 (hors professionnels de la route, indépendants et entreprises dans lesquelles aucun salarié ne conduit de véhicule, que ce soit pour des trajets de mission ou domicile-travail).

Parmi ceux-ci, 32 % mettent à disposition de leurs salariés un véhicule de société, une part stable depuis 4 ans. Cette proportion est supérieure dans le BTP (53 %), dans les entreprises de plus de 5 salariés (plus de 50 %) et en région parisienne (51 %).

D’après les résultats, seuls 18 % des sondés savent que le risque routier professionnel est la principale cause d’accidents mortels du travail, un chiffre stable par rapport à 2018 mais en baisse comparé à 2017 (23 %) et 2016 (25 %). Et si 62 % des dirigeants savent qu’ils peuvent être tenus responsables en cas d’accident de la route impliquant un salarié sur un trajet professionnel, seuls 42 % d’entre eux savent que c’est aussi le cas pour un trajet domicile-travail.

Des actions de prévention encore trop rares

En conséquence, seuls 29 % des dirigeants interrogés ont inscrit la mention du risque routier dans le document unique de leur entreprise, alors que cette inscription est obligatoire. Ce chiffre a toutefois progressé de 8 points depuis 2016. À noter qu’il est plus élevé dans le secteur du BTP (44 %) et dans les entreprises de plus de 10 salariés (41 %).

De plus, seuls 16 % des dirigeants ont mis en place des actions de prévention, une part stable depuis 2016 selon MMA. Parmi les 84 % restants, 59 % ont déclaré ne pas y avoir pensé (+ 9 points par rapport à 2018) et 16 % avoir manqué de temps. Pourtant, 32 % d’entre eux avaient déjà été sollicités par leurs salariés en ce sens.

Ces derniers ont notamment demandé une participation financière pour l’utilisation de modes de transports alternatifs, des aménagements horaires pour faciliter le recours aux transports en commun, ou encore du télétravail. En outre, seuls 9 % des dirigeants interrogés ont mis en place des solutions de mobilité alternative, principalement dans les structures de plus de 10 salariés et chez celles ayant mis en place des solutions de prévention.

Là encore, les entreprises du BTP et de plus de 10 salariés sont parmi les plus vertueuses, puisque respectivement 26 % et 28 % d’entre elles ont adopté une démarche de prévention. Les actions les plus déployées restent la vérification de la validité du permis de conduire avant les premiers déplacements professionnels et la vérification régulière des véhicules mis à disposition. Les dirigeants sont également plus nombreux à essayer de réduire les déplacements et à instaurer le droit à la déconnexion complète lors des trajets.

Actions mises en place
  Mars 2016 Mars 2017 Avril 2018 Avril 2019
La vérification de la validité du permis de conduire des salariés avant leurs premiers déplacements professionnels 75 % 7( % 74 % 84 %
La vérification régulière des véhicules mis à disposition des salariés 89 % 85 % 79 % 77 %
La réduction des déplacements des salariés pour limiter les risques routiers 52 % 48 % 44 % 54 %
L’instauration du droit à la déconnexion complète des salariés lors de leurs trajets professionnels 32 % 40 % 46 %
L’instauration d’une charte de « bonnes pratiques » au volant 50 % 54 % 43 % 44 %
La mise en place d’une session sécurité routière sous la forme d’une journée ou d’une formation 33 % 28 % 10 % 9 %
L’équipement de vos véhicules de société en éthylotests anti-démarrage (EAD) 13 % 9 % 9 %

Base : question posée uniquement aux dirigeants d’entreprise qui ont mis en place des actions de prévention du risque routier à l’attention de leurs salariés, soit 16 % de l’échantillon.

Les sondés sont une majorité (66 %) à juger que l’alcool au volant doit faire l’objet d’une action prioritaire de la part des pouvoirs publics, suivi par les distracteurs de conduite (43 %) et la consommation de stupéfiants au volant (38 %). En parallèle, « sous couvert du débat sur les 80 km/h, le sujet de la vitesse progresse significativement », estime l’Ifop, alors que 28 % estiment qu’il s’agit d’un enjeu prioritaire (+ 9 points par rapport à 2018). De même, 17 % des dirigeants ont cité la fatigue au volant comme priorité, soit + 6 points par rapport à 2018.

La désignation remonte en grâce

Enfin, « l’obligation de désignation des salariés ayant commis une infraction routière est connue par 91 % des dirigeants, indique MMA. Désormais, seuls 23 % des chefs de TPE/PME se disent prêts à payer l’amende alors qu’ils étaient 56 % en 2016. » À noter que 2 % déclarent contester la sanction et que 5 % n’ont jamais reçu de PV concernant l’un de leurs salariés.

Cette obligation est perçue de plus en plus positivement : 68 % des dirigeants estiment qu’elle responsabilise le salarié, contre 53 % en 2017. De plus, 34 % d’entre eux jugent qu’elle peut nuire aux relations entre la direction et les salariés, contre 48 % en 2017.