Romain MEYER, Conseil Général de la Moselle « Nous demeurons à l’écoute de l’innovation »

Pneumatiques, entretien, carburant ou encore climatisation : Romain Meyer, chef de service du garage départemental, Conseil Général de la Moselle fait le point sur les offres de services et de produits proposées par les fournisseurs. Des offres le plus souvent présentées comme innovantes, parfois même comme écologiques, mais qui toutes génèrent un coût dont il convient de tenir compte dans un raisonnement en coûts complets.

752

Quelle attitude préconisez-vous vis-à-vis de l’innovation ?

Selon ce que proposent les fabricants et les prestataires de services, il faut voir comment une économie est réalisable. Nous demeurons à l’écoute de l’innovation et la suivons dès que possible. Et dans les différents marchés que nous lançons, sur des périodes de trois ans, il est intéressant d’analyser l’évolution de l’offre et les développements apportés par les fabricants.

Faut-il arbitrer entre innovation et économie ?

 Cela dépend. L’innovation est présente dans de nombreux domaines mais il est parfois difficile d’en mesurer l’impact. C’est vrai des peintures qui utilisent moins de solvants mais qui ne sont pas neutres dans le budget. L’aspect économique joue aussi avec les pneus. Mais vu leur importance, il est indispensable de privilégier d’abord la sécurité au détriment de tout autre critère. Cela étant, c’est un segment où l’innovation est performante : la friction des pneus diminue par rapport à la chaussée, les produits sont plus tendres et moins d’énergie est nécessaire pour faire avancer les véhicules. L’impact sur l’environnement est immédiat, en même temps que sur le portefeuille.

Quelles conditions sont requises pour intégrer au mieux l’innovation ?

Il faut déjà disposer d’une flotte captive et importante, avec les moyens suffisants pour assurer la distribution de carburant par exemple. Le carburant est déterminant puisqu’il s’agit du poste majeur d’un budget de fonctionnement. Pour notre part, les perspectives envisagées en faveur du diester sont motivées par le fait que notre flotte est captive et par la possibilité de pouvoir installer un poste de distribution de carburant en interne, sur le site du garage départemental. De même, disposer notamment de deux Smart ED nous permet de surveiller l’entretien et la consommation des véhicules électriques, des sujets d’actualité et dont le coût n’est pas neutre. Enfin, un outil informatique adapté est nécessaire pour avoir une vision globale du parc et de l’ensemble de ses composantes, jusqu’aux pièces détachées.

L’innovation peut-elle constituer une contrainte ?

Oui, et c’est par exemple le cas de la climatisation pour laquelle une réglementation récente oblige à faire intervenir un technicien spécialement formé avec un matériel normalisé. La climatisation est un progrès, tous nos véhicules la possèdent, mais cela aboutit aussi à un processus lourd et compliqué. Sur d’autres segments, les processus peuvent être à améliorer. Ainsi, les processus de recyclage ont beaucoup progressé, particulièrement pour la récupération des pièces détachées, avec désormais un système bien éprouvé. Avec une exception : les matériaux composites que l’on trouve dans les pare-brise, l’optique ou certains plastiques ; leur recyclage pèche quelque peu.

Le conseil général de la Moselle en chiffres

• 49 % véhicules essence, 36,45 % diesel, 14,12 % GPL

• 450 véhicules employés par 2 000 agents