Salon de Tokyo : l’industrie japonaise dessine l’avenir

Les amateurs d’automobiles attendent toujours avec impatience le rendez-vous bisannuel du salon de Tokyo pour découvrir les dernières créations des designers et ingénieurs japonais. Cette année, l’électrification et l’intelligence artificielle ont constitué les maîtres-mots. Tour d’horizon des concept-cars les plus créatifs de l’édition 2017.

- Magazine N°234
1623
DN U-Space – Daihatsu
DN U-Space – Daihatsu

Plus que les rares modèles de série, les concept-cars étaient à l’honneur à Tokyo, un avant-goût pour les années à venir. On y voyait aussi des show-cars qui n’ont pas l’ambition d’avoir une dose de réalisme, mais dont le seul but est de faire le spectacle. Et une chose est sûre, le spectacle ne manquait pas dans ce salon pas comme les autres.

À commencer par le pavillon occupé par Toyota et sa filiale Daihatsu, spécialiste des petits modèles : plusieurs concepts de minivans futuristes occupaient la scène et prêtaient une attention particulière à l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite – un thème crucial au Japon. Ces véhicules affichaient un design typique de ce que l’on voit dans les rues japonaises, soit des mini-fourgons très carrés avec un dessin leur donnant une bouille sympathique. Tous entrent dans la catégorie des « key cars » aux dimensions et à la cylindrée très limitées pour respecter les critères d’une fiscalité avantageuse. On trouvait aussi chez Daihatsu l’amusant concept DN Campagno, en hommage à un modèle de petite berline des années 60, annoncé pour séduire une clientèle de personnes âgées.

À quelques mètres de là, Toyota alignait huit nouveautés dans des styles très différents. Une sportive (GR HV Sports), deux berlines très classiques réservées au marché national (la Crown et la très statutaire Century), de petits concepts de mobilité électrique pourvus d’intelligence artificielle (Concept-i), un concept de crossover de loisirs (TJ Cruiser) et un taxi rappelant les fameux « black cabs » londoniens.

Toyota en mode hydrogène

Mais ce n’était pas tout chez Toyota : la technologie de l’hydrogène était aussi au rendez-vous avec un bus, le concept Sora, qui verra le jour l’an prochain en vue des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Pour sa part, le concept Fine Comfort Ride mettait l’accent sur le confort à bord avec son vaste habitacle prévu pour recevoir six passagers, sans oublier une autonomie annoncée à 1 000 km. De quoi s’attendre à une prochaine génération de Mirai dotée d’une autonomie grandement accrue par rapport au modèle actuel. Enfin, la filiale Lexus présentait le concept LS+ qui mise sur l’intelligence artificielle et la conduite autonome annoncée pour 2020 sur autoroute.

 Concept Fine Comfort Ride – Toyota

Concept Fine Comfort Ride – Toyota
Concept LS+ – Lexus
Concept LS+ – Lexus

Honda semble bien mettre en place une ligne de véhicules électriques au travers de ses concepts, une démarche qui a débuté avec la très séduisante petite citadine Urban EV montrée à Francfort et attendue en série pour 2019. Le constructeur a continué à Tokyo avec la Sport EV Concept, petit coupé sportif pour lequel Honda n’annonce pas, en revanche, de passage en production.

Les SUV sont à la mode et la propulsion électrique se veut une voie de recherche incontournable. Plusieurs constructeurs ont même combiné les deux avec des concepts aux lignes massives, aux habitacles très généreux, et dotés de larges portes à ouverture antagoniste pour faciliter l’accès.

Mitsubishi pariait ainsi sur son joli concept e-Evolution pourvu de trois moteurs électriques et capable de coacher son conducteur selon sa fatigue ou son style de conduite grâce à ses capacités d’intelligence artificielle.

Concept e-Evolution – Mitsubishi
Concept e-Evolution – Mitsubishi

Des SUV électriques

Chez Nissan, la scène principale était occupée par l’IMx Concept, fort de deux moteurs électriques (traction intégrale), avec à la clé une forte puissance cumulée de 320 kW et 700 Nm de couple. L’autonomie est annoncée à 600 km et l’IMx est capable de conduite autonome en tout-terrain. Autre talent, il peut redonner de l’énergie électrique au réseau si besoin dans le cadre du smart grid (réseau électrique intelligent), ce que Nissan développe déjà avec la dernière Leaf, ici en version Nismo plus performante.

IMx Concept – Nissan
IMx Concept – Nissan

Plus anecdotique, le concept Suzuki e-Survivor se veut une sorte de petite Jeep électrique deux places et haute sur pattes, qui paraissait tout droit sortie d’un dessin animé. Certains éléments de ses lignes pourraient être repris dans la prochaine génération du petit 4×4 Jimny, très apprécié mais franchement vieillissant, et qui devrait être remplacé l’an prochain.

e-Survivor – Suzuki
e-Survivor – Suzuki

Sans oublier les modèles thermiques

Dans cette vague électrique, deux constructeurs faisaient cavaliers seuls avec des concepts mus par des motorisations thermiques. Qui équipent encore aujourd’hui, et pour les prochaines années, l’immense majorité des véhicules commercialisés dans le monde, bien que la montée en puissance des énergies alternatives se fasse impressionnante.
Chez Mazda, pour atteindre le meilleur bilan écologique du puits à la roue (et non seulement à l’échappement), il n’y a pas de réponse unique : selon les cas, les régions et les marchés, des motorisations thermiques, hybrides ou électriques seront mieux adaptées. Les très beaux concepts Vision Coupé (pur exercice de style) et Kai (avant-goût de la prochaine Mazda3) voisinaient donc avec une nouvelle génération de moteurs essence à haut rendement.

Concept Kai – Mazda
Concept Kai – Mazda

Pas d’hybride ou d’électrique non plus dans le joli concept Viziv Performance de Subaru, spécialiste des voitures hautes performances. Tokyo en offre pour tous les goûts.

La moto du futur

Les quatre constructeurs japonais de motos ont dévoilé à Tokyo une bonne sélection de « concepts-bikes », mais aussi des nouveautés majeures et des développements technologiques inédits.
Parmi les modèles de série les plus marquants et qui concernent aussi l’Europe, la star incontestée restait la toute dernière génération du vaisseau amiral de la gamme Honda, la Gold Wing. Cette grosse moto GT ultra confortable et équipée demeure la préférée des motos-taxis. Les grands rouleurs ne devraient pas être déçus par ce cru 2018 : un peu plus légère (jusqu’à 48 kg), elle demeure un grand vaisseau de 365 kg, motorisé par un 6-cylindres à plat de 1 800 cm3 avec une boîte de vitesses manuelle ou semi-automatique à double embrayage. Suspension et modes de conduite sont réglables et on note l’apparition, pour la première fois sur une moto, de la compatibilité avec Apple CarPlay pour afficher des fonctionnalités de l’écran d’un iPhone sur le grand écran intégré du
système de navigation.
Toujours dans le très riche stand Honda, on découvrait des ébauches de versions électrique (avec batteries amovibles) et hybride du scooter PCX. Alors que sur la scène du stand était démontré l’équilibre du concept Riding Assist-e, capable de se maintenir droit en roulant au ralenti pour plus de sécurité. Ce que proposait aussi le Yamaha Motoroid au dessin très futuriste, fort de son système de gyroscopes et moteurs électriques qui empêchent l’engin de basculer. Impressionnant mais on ne sait pas encore si ce concept se déclinera en série.
Yamaha alignait aussi une moto à trois roues promise à un avenir commercial – à l’image du monde du scooter – et un drôle d’engin à quatre roues (en photo) ressemblant à un Twizy capable de se pencher dans les virages.
Chez Suzuki, on notait enfin la présence d’une version à pile à combustible du Burgman. Doté d’une batterie lithium-ion et d’un réservoir d’hydrogène, ce scooter peut parcourir 120 km à 60 km/h avec un plein.

Yamaha Motoroid
Yamaha Motoroid