Salon de Tokyo 2019 : le tout-électrique

Le 46e salon de Tokyo se déroule sous le signe de l’électrification généralisée, pour les véhicules mais également pour les deux/trois-roues. Entre concepts extravagants et futurs modèles de série, les constructeurs japonais offrent une édition 2019 fidèle à la réputation du salon, mais moins riche en nouveautés cette année. Nous étions sur place.

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Salon de Tokyo 2019

Le parc des expositions de Tokyo, nommé Big Sight, se divise cette année en deux sites différents qui occasionnent des queues pénibles. Quel paradoxe pour ce salon 2019 placé sous le signe de la mobilité de demain, électrique et parfois partagée, voire autonome !

Chez Toyota, il faut chercher les nouveautés peu mises en valeur, à l’image de la Mirai de seconde génération. Ce modèle à pile à combustible alimentée en hydrogène troque son dessin original et controversé pour une allure plus classique et élégante de grande berline de près de 5 m de long. Avec 30 % d’autonomie en plus, soit environ 650 km en tout, une nouvelle plate-forme modulaire à propulsion et une PAC améliorée, la Mirai affûte ses arguments. La précédente génération s’était vendue à 10 000 exemplaires, la prochaine sera mise sur le marché en 2020, y compris en Europe. Mais il reste toujours les questions du réseau de distribution et de la production d’hydrogène dont certaines formes demeurent génératrices de CO2.

Toyota met aussi en avant une série de mini-véhicules électriques destinés à des sites fermés, une voiture de course électrique et des véhicules autonomes destinés à des usages spécialisés, à l’image de l’e-Palette pour les livraisons en centre-ville, déjà vue au CES de Las Vegas. De quoi accompagner, toujours en mode zéro émission, les athlètes de Jeux Olympiques de 2020 dont Toyota est partenaire.

Toyota affiche son savoir-faire

Daihatsu, la marque de Toyota spécialisée dans les « kei cars », propose pour sa part des concepts bien dans l’esprit de ces micro-voitures si typiques du paysage routier japonais (30 % du marché national). Quant à Lexus, la division premium, elle célèbre ses trente ans avec un concept 100 % électrique, le LF-30, exubérant et très futuriste, tout comme sa batterie annoncée à électrolyte solide, une technologie très prometteuse mais encore en phase de recherche.

On note aussi chez Subaru la première mondiale de la Levorg prévue pour 2020, une des seules nouveautés classiques à motorisation thermique (4-cylindres boxer suralimenté). Parmi les modèles attendus l’an prochain sur le marché, la gamme Honda Fit (Jazz en Europe) montre différentes variantes, une motorisation hybride et un design de petit monospace pour le moins banal. Mais l’intérieur se fait plus moderne et garde la fonctionnalité très astucieuse du modèle précédent.

Toujours dans les modèles s’apprêtant à rejoindre le marché, Mazda fait sensation avec sa première voiture électrique, la MX-30. Sa forme de SUV sportif (4,40 m), aux lignes assez carrées et au capot avant prononcé, tranche avec le reste de la production. L’accès au moyen de portes antagonistes dévoile un intérieur très soigné avec des revêtements de liège originaux. La définition de cette auto tournée vers le plaisir de conduire privilégie le dynamisme, limitant la masse de sa batterie et donc sa capacité (35,5 kWh pour 200 km d’autonomie en WLTP). La série de lancement est disponible en précommande pour 34 400 euros TTC avant bonus et primes, avec une wallbox offerte.

Ariya, le SUV Nissan 100 % électrique

Proche de la production, même s’il s’agit officiellement d’un concept-car, Nissan mise sur une version très aboutie de sa future Ariya, un SUV au dessin sportif (4,60 m de long) qui inaugure un design 100 % électrique programmé pour fin 2020. Basé sur une plate-forme partagée au sein de l’alliance Renault-Nissan et destinée à la propulsion électrique (CMF-EV), ce modèle accueille deux moteurs qui lui offrent ainsi une transmission intégrale (480 km d’autonomie). L’habitacle spacieux se dote de commandes tactiles intégrées directement à la planche de bord et de touches d’aluminium cuivré, bois et cuir ‒ des matériaux voulus haut de gamme. À ses côtés, on note une petite kei car, le concept IMk à la silhouette de minivan étroit et haut, si typique.

Pour sa part, Mitsubishi s’est aventuré dans un spectaculaire concept de buggy électrique où des turbines permettent d’accroître l’autonomie… Des concepts égayent aussi le stand Suzuki, dont le mignon Waku Sports, petit hybride rechargeable à la carrosserie modulable ‒ coupé ou petit break.

Et les constructeurs étrangers ? S’il y a quelques années les constructeurs, allemands notamment, se faisaient assez présents, c’est le désert cette année. Tout juste remarque-t-on les stands Mercedes-Smart et Renault-Alpine avec la Clio nommée ici Lutecia et… c’est tout. Tokyo reste bien le piédestal de la production japonaise.

Et les deux/trois-roues

Enfin, les deux-roues ne sont pas oubliés avec des concepts de petits véhicules électriques de livraison chez Honda, encore très virtuels pour le marché européen. Yamaha aligne aussi une série de concepts électriques, avec des scooters urbains, péri-urbains et sportifs à trois roues ‒ tous de purs exercices de style. Rare modèle appelé à rejoindre le marché, la version 300 cm3 du trois-roues Tricity de Yamaha s’annonce comme une sérieuse concurrente du Piaggio MP3. En deux ou trois-roues, l’électrique se conjugue décidément au futur.