Sanofi Aventis : Des visiteurs médicaux sensibilisés à la conduite responsable

Sanofi Aventis : Des visiteurs médicaux sensibilisés à la conduite responsable

« Penser global, agir local ». Ce précepte, Sanofi Aventis l’a intégré pour réduire ses émissions de C02. Ainsi, pour réduire la consommation des véhicules de ses visiteurs médicaux, ceuxci sont sensibilisés au travers de formations à la sécurité routière et à l’éco-conduite et d’un coaching une fois par mois.

- Magazine N°157
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Sanofi Aventis : Des visiteurs médicaux sensibilisés à la conduite responsable

Pour Sanofi Aventis, la politique «flotte» entre dans une stratégie de développement durable au niveau mondial. « Nous menons de nombreuses actions globales car notre parc automobile représente une part non négligeable de nos émissions de gaz à effet de serre», explique Lucette Bouchard, directrice HSE (santé, sécurité, environnement) pour les opérations pharmaceutiques Europe. Pour un groupe pharmaceutique, la flotte représente aussi un coût important du fait des effectifs de visiteurs médicaux. Celle-ci comprend ainsi 29 000 véhicules dans le monde, dont 2 300 en France. Chiffre auquel il faut ajouter, pour la France, une centaine de voitures de fonction et de véhicules de service au sein des sites.

Concernant la politique d’achats des véhicules destinés aux visiteurs médicaux, « nous avons mis en place un standard, baptisé 402, qui inclut l’ensemble de nos critères en matière de sécurité et d’environnement. Les modèles doivent disposer de l’ABS et d’airbags conducteur et passagers, ne pas dépasser une puissance de 120 chevaux et avoir réussi le crash test 4 étoiles », précise Lucette Bouchard. Les visiteurs médicaux ont ainsi un choix limité de véhicules de type 308, Megane, C4, Scenic ou Golf milieu de gamme. Ce standard 402 fixe également des priorités comme l’utilisation des transports en commun pour tout trajet supérieur à 300 km, et celle du train quand le trajet dépasse trois heures.

Quant aux taux d’émissions de CO2, « ce standard a interdit, dès l’année 2008, au niveau mondial, les véhicules émettant plus de 200 g/km et, en 2010, ceux émettant plus de 140 g. La prochaine étape, en 2012, concerne ceux dont les émissions dépassent les 120 g. En France, nous sommes en avance par rapport à cette démarche », souligne Pierre Jomier, directeur Environnement et Energie.

Une politique d’achat stricte et globale

De fait, les futurs appels d’offres prévus par Sanofi Aventis en France concerneront des véhicules dont les émissions tourneront autour de 120 g de CO2. Par ailleurs,« nous proposons également à nos collaborateurs des véhicules hybrides comme la Prius, même si la puissance globale, thermique et électrique, dépasse les 120 chevaux », ajoute Pierre Jomier. Au total, le groupe possède dans son parc de véhicules destinés aux visiteurs médicaux plus de 2 000 véhicules hybrides, dont 1 600 sont utilisés par les collaborateurs japonais. « En France, nous en comptons une centaine, précise Lucette Bouchard. Il y a en fait plusieurs freins. Les avantages en nature, taxés, sont supérieurs pour ce type de véhicule. Ce qui pénalise les collaborateurs. En outre, certains ont souvent une méconnaissance de cette technologie. Enfin, certains, sont réticents car les batteries en fin de vie sont polluantes. »

En ce qui concerne les voitures électriques, « nous n’avons pas d’offres qui correspondent à nos besoins car les visiteurs médicaux parcourent en moyenne 21 000 km par an et ont souvent des territoires vastes à couvrir », soulignet- elle. Ce qui explique également le choix du groupe de mettre à la disposition de ses visiteurs médicaux des véhicules d’une gamme plutôt supérieure, afin de leur offrir une sécurité maximale.

En revanche, le choix est différent pour les véhicules de service, qui fonctionnent en pool et servent sur les sites industriels ou de recherche. Les petites Clio et autres 206, ainsi que quelques camionnettes sont utilisées à cet effet. Ce petit parc, comparé à celui utilisé par les visiteurs médicaux, comprend aussi des véhicules électriques. Par ailleurs, dans certains pays comme l’Italie, le choix du GPL ou du GNV a été privilégié, en raison des larges possibilités d’approvisionnement. Ces différents véhicules sont loués pour une durée de 4 ans auprès d’Arval ou de GE Capital et pour 120 000 km. « Mais, dès qu’un véhicule dépasse les 120 000 km, même si la durée des 4 ans n’est pas atteinte, nos collaborateurs peuvent bénéficier d’un nouveau véhicule », précise Lucette Bouchard. Les loueurs ont également en charge l’entretien.

Limiter les kilomètres et la consommation

Certes, à l’échelle d’un groupe comme Sanofi Aventis, la consommation de carburants de ses visiteurs médicaux en France est importante : 3, 3 millions de litres de diesel en 2009. Réduire les coûts et la pollution induite est nécessaire. « Grâce aux limitations de vitesse et à l’augmentation de l’efficacité énergétique, ce chiffre est en baisse régulière. Nous nous étions fixé en 2005 au niveau mondial un objectif de réduction de 2,5 % par an de notre consommation de carburant aux 100 km par véhicule à l’horizon 2013 et l’objectif devrait être dépassé », remarque Pierre Jomier. « Un levier essentiel est celui de l’optimisation des trajets. Ainsi en 2008, en France, nous avons entièrement redistribué les territoires couverts par nos visiteurs médicaux car certains avaient près d’une heure de trajet pour rejoindre la zone qu’ils devaient couvrir. L’objectif était de mettre chaque visiteur au centre de son territoire », explique Lucette Bouchard. Le résultat est nettement positif. En 2006, un visiteur médical parcourait en moyenne 24 600 km. Un chiffre qui est passé à 20 800 km dès 2008.

Pour agir sur la consommation ou le kilométrage, « le suivi est essentiel », estime-t-elle. Ainsi les collaborateurs qui utilisent une carte de carburant Total doivent, à chaque passage à la pompe, entrer le kilométrage. Le loueur est ainsi informé et peut, par exemple, effectuer des rappels d’entretien. Les collaborateurs sont aussi incités à changer de pneus une fois par an et des rappels pour l’utilisation de pneus neige sont effectuées dans les régions de montagne.

Sensibiliser les collaborateurs

Le groupe met aussi l’accent sur la sensibilisation des collaborateurs. Ainsi la filiale grecque informe régulièrement ses collaborateurs par mail sur les bonnes pratiques de conduite et les mesures de sécurité routière. En France, chaque nouveau visiteur médical reçoit un dépliant qui comprend une douzaine de brochures sur la sécurité routière et les bonnes pratiques au volant, comme l’interdiction du téléphone portable, le respect des distances de freinage,… « L’ensemble des visiteurs médicaux passe par ailleurs tous les trois ans un cours de conduite d’une journée. Le précédent module comportait une demi-journée de théorie et une demi-journée de conduite destiné à sensibiliser le conducteur aux risques extérieurs et à l’environnement. Dès cette année, le deuxième module sera virtuel grâce à des simulateurs et inclura des notions d’éco-conduite », explique Lucette Bouchard.

Une fois par an, tous les visiteurs médicaux français sont réunis. L’occasion de parler chiffres, résultats, mais aussi d’accidentologie au volant ou d’éco-conduite. Mais, rien ne vaut un bon suivi. Ainsi, depuis 2008, 281 responsables de région ont été formés au coaching à la sécurité routière pour mieux accompagner les visiteurs médicaux. Une fois par mois, ils se mettent à la place du passager. « C’est l’occasion de rappeler quelques règles professionnelles, mais aussi de vérifier le véhicule et les bonnes pratiques du conducteur. Chaque responsable régional peut ainsi adapter son discours. Pour certains, il soulignera des retards d’entretien, pour d’autres des démarrages trop vifs ou un mauvais respect des distances de sécurité. Il vérifie également l’optimisation du planning du visiteur médical et donne des conseils pour optimiser les déplacements. Certes, il s’agit d’un effort commun car les visiteurs médicaux ont tout intérêt à passer le moins de temps possible sur la route», souligne Lucette Bouchard.

Un reporting régulier

« On ne peut améliorer que ce qui est mesuré », affirme Lucette Bouchard. Ainsi les données transmises par le loueur sont intégrées dans un outil de reporting baptisé Green qui intègre des données environnementales pour l’ensemble du groupe. « Nous avons par exemple calculé que les trajets de nos collaborateurs ont entraîné, en 2006, l’émission de 255 000 tonnes de CO2. Ce chiffre a été réduit à 190 000 tonnes en 2009 », précise Pierre Jomier.

Dans le cadre de son programme « changement climatique », le groupe s’est fixé au niveau mondial une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 15 % entre 2005 et 2013. Tout est passé au crible par les outils de reporting sur un rythme trimestriel : les rejets de CO2, la quantité de matières non recyclées, la consommation d’eau, d’électricité… En outre, au niveau local, les innovations se comptent par dizaines comme l’utilisation d’une société de vélos-triporteurs avec assistance électrique pour le transport de médicaments dans Paris intra-muros. Si la politique environnementale de Sanofi Aventis se définit au niveau mondial, elle se décline aussi localement.

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