SAP Labs France : le véhicule électrique sur mesure

Pour limiter ses émissions polluantes, SAP Labs cherche à verdir les 240 véhicules de son parc. Dans cet objectif, la filiale recherche et développement de l’éditeur de logiciels SAP propose des voitures de fonction électriques à ses collaborateurs, mais avec la possibilité de recourir à des modèles thermiques en fonction de leurs besoins.

- Magazine N°216
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SAP Labs France : le véhicule électrique sur mesure

« Même si nos cadres sont très peu amenés à utiliser un véhicule pour leur travail, nous cherchons à les fidéliser par ce moyen. De fait, les formations sont longues et les logiciels que nous développons nécessitent un investissement important », expose Benoît Duval, responsable du parc de SAP Labs France.

La filiale R&D de l’éditeur allemand de logiciels offre donc, après trois ans de présence, un véhicule de statut pour lequel les salariés versent une participation. Les rares collaborateurs qui ne prennent pas de véhicule ont droit pour leur part à une prime.

« Nos salariés disposent ainsi d’un budget maximal de 29 500 euros pour le choix du véhicule, afin d’éviter un impôt sur les sociétés trop important, avec une limite d’émissions de CO2 fixée à 130 g », complète Benoît Duval.

SAP Labs France emploie 400 personnes sur trois sites (le siège de Mougins dans les Alpes-Maritimes, Levallois-Perret et Caen) ; la flotte compte 240 véhicules en parc, loués chez Parcours pour une durée de 48 mois et un kilométrage variable selon les besoins des collaborateurs, compris entre 60 000 à 100 000 km.

Inciter les collaborateurs à adopter l’électrique

Principale particularité, SAP Labs veut intégrer 20 % de véhicules électriques d’ici à 2018, soit une quarantaine, allant au-delà de l’objectif du groupe de 20 % à l’horizon 2020. Dans le cadre de sa stratégie de développement durable, SAP affiche sa volonté de ramener à cette date le niveau de ses émissions de gaz à effet de serre à celui de l’année 2000.

Pour l’instant, la flotte électrique ou hybride de SAP Labs comprend trois Prius, sept Zoé dont une en pool, deux Kia Soul EV, deux Leaf, une Classe B et deux Tesla. « Ces dernières sont des véhicules chers, nous dépassons donc le budget attribué. Mais notre directeur Hanno Klausmeier désire vraiment inciter les collaborateurs à adopter l’électrique et a donc augmenté l’enveloppe », explique le responsable.

Cette incitation passe aussi par l’assurance donnée aux collaborateurs de bénéficier d’un véhicule thermique en cas de besoin, notamment pour les vacances. « Ils peuvent alors prendre une voiture de pool hybride ou, dans un futur proche, échanger leur véhicule avec celui d’un collègue qui roule en thermique », anticipe Benoît Duval.

Un système doublement gagnant : « Les salariés se montrent moins réticents à rouler en voiture électrique sur l’année. Et celui qui échange son véhicule thermique contre un électrique pendant quelques semaines peut le tester et se laisser tenter », ajoute-t-il.

Le frein des valeurs résiduelles

Benoît DuvalAutour du véhicule électrique, Benoît Duval et Parcours ont dû batailler avec les concessionnaires pour trouver un équilibre économique. « Ces derniers ont accepté de fixer une valeur de reprise. Cela était indispensable dans la mesure où nous avons décidé d’allonger la durée de location à trois ans pour les Leaf et les Kia, et à cinq ans pour les Tesla, afin que la démarche reste rentable », relate Benoît Duval. La valeur résiduelle du véhicule demeure en effet le principal frein pour les loueurs qui n’ont pas de visibilité sur l’électrique. « En outre, les concessionnaires annoncent des autonomies de 400 km d’ici à trois ans. Nos véhicules risquent donc d’être obsolètes lors de leur revente », note le responsable.

La recharge s’organise sur les sites

Les collaborateurs qui travaillent à Mougins peuvent recharger les véhicules sur le site. Trois bornes dont une de recharge rapide, soit six prises, ont déjà été installées, et deux nouvelles bornes sont prévues. Pour les Parisiens, des bornes sont attendues cette année sur le site de Levallois-Perret et la société offre des cartes compatibles Autolib’ aux salariés qui adoptent l’électrique.

En parallèle, Benoît Duval compte favoriser progressivement l’essence : « Les collaborateurs qui prennent un diesel paient 10 euros de plus de participation mensuelle », pointe-t-il. Mais l’effort porte prioritairement sur l’électrique : « Dans le département des Alpes-Maritimes, un arrêté préfectoral oblige toutes les entreprises avec plus de cinquante véhicules en parc, à choisir une motorisation électrique ou hybride pour cinq véhicules au moins. Pour l’instant, cette règle n’est pas respectée et il n’y a pas de pénalités. Mais cela a fait réfléchir notre directeur sur les enjeux environnementaux liés à la flotte », détaille Benoît Duval. Qui envisage par ailleurs un partenariat avec la société Code Rousseau pour le suivi des collaborateurs en cas de sinistres.

Un partenariat efficace avec le loueur

Parcours a largement soutenu la démarche de SAP Labs France et le responsable du parc se félicite du partenariat avec son loueur. « Le système de petites agences décentralisées crée de la proximité. Notre parc est plutôt de taille moyenne mais nous sommes le deuxième client de l’agence et les relations sont ainsi facilitées », note Benoît Duval.

Autre plus : le système d’infogérance mis en place par Parcours depuis juin 2015. « Ils s’occupent de l’enregistrement des véhicules et des collaborateurs, jouent le rôle d’interface avec notre assureur Aon, gèrent de manière automatisée les amendes et proposent un pré-diagnostic avant les restitutions. En outre, nous avons une plate-forme internet et une adresse e-mail dédiée pour suivre le parc », énumère le responsable. Qui regrette cependant l’absence d’un atelier Parcours dans les alentours du siège de Mougins. « Les collaborateurs parisiens ont cet avantage : le loueur vient chercher les véhicules pour la révision et les ramène », souligne-t-il.

Un dernier point : les collaborateurs de SAP Labs France roulent peu pour raisons professionnelles et se font rembourser sur notes de frais. D’où l’absence de cartes carburants. Pour réajuster les contrats, le responsable du parc compte sur les informations kilométriques récupérées lors des révisions ou des entretiens, et sur la bonne volonté des conducteurs pour alerter d’un dépassement.

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