Sécurité Routière : un bilan 2015 contrasté

L’ONISR a présenté le bilan définitif de l’accidentalité en 2015. Si le nombre de personnes tuées a augmenté de 2,3 % sur un an, les autres indicateurs sont, eux, stables ou à la baisse.

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Sécurité Routière : un bilan 2015 contrasté

Si les premiers chiffres 2016 de la Sécurité Routière ont d’ores et déjà été communiqués et sont loin d’être positifs, le bilan définitif de 2015 a été lui été dévoilé le 18 mai, à l’occasion d’un déplacement du délégué interministériel, Emmanuel Barbe, à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (92).

Premier constat, la hausse de la mortalité routière constatée en 2014, une première depuis douze ans, s’est confirmée en 2015. Ainsi, d’après l’ONISR, 3 461 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises sur cette période, soit une augmentation de 2,3 % sur un an.

Première catégorie touchée par cette recrudescence, les automobilistes. Et la Sécurité Routière de préciser : « On déplore, en 2015, 1 796 décès dans un véhicule de tourisme. Cela correspond à 133 décès en plus, soit une hausse de 8 % par rapport à 2014 ».

Les autres usagers de la route ont, eux, été moins touchés. Le nombre de piétons décédés a chuté de 6,2 %, soit 31 décès en moins, pour les cyclistes, le nombre de personnes tuées a baissé de 6,3 % (10 décès en moins). Pour les usagers de deux-roues motorisés, les chiffres de l’ONISR ont indiqué 21 décès en moins sur un an. Les véhicules utilitaires ont affiché la baisse la plus forte (- 16,1 %), soit 23 vies épargnées.

La mortalité sur autoroute en forte hausse

Considéré comme le réseau le plus sûr, les autoroutes françaises ont connu une forte hausse de la mortalité en 2015. D’après l’ONISR, 298 décès ont été à déplorer sur l’ensemble de ce réseau, « ce qui correspond à une augmentation de 23,1 % par rapport à 2014, et en particulier 39 automobilistes et 14 motocyclistes tués supplémentaires ».

Les routes hors agglomération ont enregistré « une part importante de la mortalité routière avec 2 175 décès », un chiffre en hausse de 1,2 % sur un an. En agglomération, la mortalité a été stable (- 0,4 %). Si l’ONISR a noté « une baisse notable de la mortalité piétonne (- 9,3 % soit 32 vies épargnées) », elle a constaté que « la mortalité automobiliste augmente sensiblement (+ 11,6 % soit 29 automobilistes tués supplémentaires) ».

La vitesse en hausse, la consommation d’alcool aussi…

Les causes des accidents ont été multiples. Ainsi, d’après l’ONISR, « 30,5 % des personnes tuées l’ont été dans un accident impliquant au moins un conducteur présentant une alcoolémie supérieure à 0,5 g/l de sang », soit plus de 2 points d’augmentation par rapport à 2014. La présence de stupéfiants a elle « été constatée dans 22,8 % des accidents mortels chez au moins un conducteur impliqué ».

Autre problème décelé par l’instance, l’augmentation de la vitesse au volant de 4 km/h par rapport à 2012 sur les autoroutes limitées à 130 km/h et de 2 km/h sur les autoroutes et les routes limitées à 110 km/h.

Les autres indicateurs « dans le vert »

Si la mortalité routière a connu une nouvelle hausse en 2015, les autres indicateurs ont eux été plus stables. Le nombre de personnes blessées sur les routes est en baisse de 3,1 %, soit 70 802 personnes blessées dans 56 603 accidents corporels (- 2,7 %). 26 595 de ces personnes blessées ont dû être hospitalisées (- 0,2 % par rapport à 2014) parmi lesquelles 13 % garderont des séquelles très graves.

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