• Mots clés connexes
  • GPS

Sécurité routière : les dangers des GPS pointés du doigt

Tout comme les téléphones portables à une époque, les GPS font l’objet de mises en garde. En cause : une conduite perturbée par la lecture des informations et par des erreurs de guidage. Deux études britanniques mettent en cause les GPS alors que le prix de ces équipements freine le développement du marché.

- Magazine N°142
986
Le GPS entrainerait baisse de vigilance et erreurs de guidage

Le GPS, source d’accidents

Selon les fabricants, les GPS sont parés de toutes les vertus. Optimisation des trajets, consommation de carburant à la baisse, ils assureraient une certaine sérénité au conducteur et permettraient ainsi d’éviter des accidents. Las ! Une étude menée par Direct Line, compagnie d’assurance britannique, bat en brèche ce dernier argument. Pour Direct Line, les GPS ont entraîné des accidents ou des incidents pour 2 % des conducteurs britanniques, soit au total plus de 290 000 automobilistes roulant sur le territoire de la Grande-Bretagne. Toujours selon cette étude, l’attention des conducteurs est mobilisée par les instructions affichées et cette distraction entraîne infractions au code de la route et comportements à risque.

Près de 19 % des automobilistes interrogés avouent avoir déjà hésité longuement à emprunter une route conseillée par leur GPS car la circulation y était saturée. Encore plus probant : 18 % assurent qu’en suivant des yeux le GPS, leur vigilance ne se porte plus sur la circulation et sur leur environnement. Et 11 % de ces mêmes utilisateurs de GPS reconnaissent qu’ils ne sont pas concentrés sur leur conduite. Pour 10 % d’entre eux, les GPS sont sources d’erreurs les obligeant à faire demi-tour en franchissant une ligne jaune ou en changeant de direction dans l’urgence sans prévenir. Pour 36 % des utilisateurs interrogés, le GPS est à l’origine de doutes quant à la direction à prendre. Logique, quand 26 % déclarent que leur système de navigation leur a déjà proposé d’emprunter une voie interdite aux véhicules. Et les critiques continuent de pleuvoir : 21 % des sondés affirment que le GPS les a perdus ou guidés jusqu’à un mauvais endroit. Près de 7 % leur imputent des regards à des rendez-vous.

Une utilisation raisonnée

A partir de ces chiffres et en les extrapolant par rapport à la population britannique possédant un GPS (14,83 millions d’automobilistes et 33,7 millions de motocyclistes), 5,3 millions d’utilisateurs ont déjà été distraits par leur système de navigation. Cette étude jette un pavé dans la marre des fabricants de GPS. Et pourtant leurs efforts portent sur une meilleure intégration au véhicule et sur la mise au point de fonctions encore plus abouties. Dans un avenir proche, les GPS devraient permettre d’accéder à l’Internet sans fil, une fonction qui mobilisera encore davantage l’attention des conducteurs et s’avèrera encore plus accidentogène. Il n’en reste pas moins que Maggie Game, directrice de Direct Line, donne quelques conseils pour choisir un GPS moins dangereux. Notamment, elle recommande d’étudier plus particulièrement l’ergonomie et la facilité d’utilisation du système. Mais elle ajoute qu’il faut éviter toute source de distraction à bord. Et d’enfoncer le clou : « Si les appareils de navigation par satellite sont très utiles, les conducteurs ne doivent pas se conformer à leurs instructions si celles-ci présentent un risque pour la sécurité routière. Si elles sont susceptibles de mettre en danger les autres véhicules ou les deux roues, il ne faut pas en tenir compte. » Reste un conseil de base qui vaut pour le GPS comme pour le téléphone : il vaut mieux garer son véhicule sur le bas-côté pour consulter l’itinéraire proposé.

10 secondes de lecture

En 2006, une précédente étude avait déjà alerté sur les dangers des GPS. Un autre assureur britannique, Privilege Insurance, a interrogé un échantillon de 2 000 personnes. Principal enseignement : 19 % des conducteurs se disent déconcentrés en lisant les informations sur l’écran du GPS. Les mêmes personnes interrogées ne sont que 17 % à être distrait par la lecture d’informations sur une carte routière posée sur le volant.

Par ailleurs, Privilege Insurance observe qu’un automobiliste équipé de GPS sur 10 ne programme pas son système de navigation lors d’un long trajet. Autre enseignement, un automobiliste équipé sur quatre continue de consulter les cartes routières classiques. Lors de trajets vers des destinations inconnues,13 % des personnes interrogées accordent toute leur confiance aux indications données par le système. Enfin, Privilege Insurance publie des chiffres qui donnent à réfléchir : un utilisateur régulier de GPS détourne les yeux en moyenne dix secondes pour lire les informations affichées sur l’écran. Et de calculer l’impact de ces 10 secondes : à 100 km/h, ce laps de temps correspond à une distance qui équivaut à deux longueurs de terrain de football. Des chiffres qui laissent songeur…

Vitesses et radars plébiscités

Ces interrogations quant à la dangerosité des GPS interviennent au moment où Navteq publie les résultats d’une étude sur les attentes des consommateurs en la matière. Menée dans cinq pays européens (France, Italie, Espagne, Grande-Bretagne et Allemagne), elle s’intéresse à cinq fonctionnalités : le guidage, le contenu de la navigation, le contenu partagé, l’affichage des visuels, le contenu dynamique et les informations détaillées des points d’intérêt. Les services liés à la limitation de vitesse, les informations sur le trafic en temps réel et le guidage sur les voies et les carrefours apparaissent comme les trois premières fonctions recherchées par les utilisateurs interrogés. Selon la même étude, les conducteurs français semblent préférer les services liés à la vitesse comme l’indentification des radars et les limitations de vitesse. Pas étonnant en cette période où les radars continuent de fleurir sur le sol hexagonal et que les points de permis tombent comme les feuilles à l’automne. Autres fonctions plébiscitées par les Français : la visualisation des carrefours et le guidage sur les voies. Ces différentes fonctions sont aussi les préférées des conducteurs italiens, allemands, espagnols et anglais. Les Français, tout comme les ressortissants des autres pays interrogés, montrent également un grand intérêt pour les informations sur le trafic en temps réel.

Un prix dissuasif

A la lecture de ces résultats, la société Navteq conclut que les conducteurs (français ou non) rêvent de voyager sans embouteillage, de bénéficier des rappels de limitation de vitesse, d’avoir la possibilité de choisir la station d’essence affichant les meilleurs prix, de connaître la meilleure route à emprunter en fonction des conditions météorologiques et de trouver facilement l’itinéraire pour visiter un monument célèbre ou bien trouver le magasin ou le restaurant le plus proche affiché sur la carte. En résumé, des fonctions déjà présentes sur la majorité des systèmes qui sont commercialisés aujourd’hui. Reste qu’une étude du cabinet JD Power menée en Grande-Bretagne et en Allemagne démontre que le prix est un frein à l’acquisition d’un système de navigation. Deuxième choix en Allemagne et premier choix en Grande- Bretagne parmi 13 équipements automobiles, ils n’arrivent plus qu’en 11ème place en Allemagne et en 13ème place quand le prix est évoqué. Sécurité et prix, les fabricants de GPS devront prendre la bonne direction pour continuer à séduire les consommateurs