Sécurité routière : les entreprises à la manœuvre

« La sécurité routière au travail : un levier de performance ». C’est le thème du colloque organisé ce lundi 17 décembre par la Sécurité routière à destination de la cible des entreprises. Voici un point sur les conférences plénières du matin.

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Sécurité routière entreprise

Une moyenne de 6 millions de journées de travail perdues annuellement mais surtout 500 décès au volant tous les ans dans le cadre professionnel, soit la moitié de la mortalité au travail : voici les chiffres avancés par Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, lors de l’ouverture de ce colloque consacré à la sécurité routière dans le cadre professionnel.

Un dernier chiffre, cette fois relayé par Jean Todt, président de la Fédération internationale de l’automobile et envoyé spécial pour la sécurité routière du secrétaire général des Nations Unies : 50 milliards d’euros, soit le coût moyen généré par les accidents en France chaque année, autrement dit 2,2 % du PIB national.

Sécurité routière : l’illustration par l’exemple

Face à ce constat, nombre d’entreprises ont décidé d’agir. À commencer par Engie, à la tête d’une flotte de plus de 70 000 véhicules. L’énergéticien a ainsi lancé en 2012-2013 une démarche d’identification des risques au travail avec à la clé des actions très simples. « Nous avons ainsi mis en place neuf règles qui sauvent la vie. Deux concernent la conduite : ʺJe ne téléphone pas au volantʺ et ʺJe ne bois pas au volantʺ. Ces règles concernent le groupe et l’ensemble de ses filiales, mais aussi nos sous-traitants à travers les cahiers des charges. Bilan : depuis 2012, le nombre d’accidents a été divisé par deux pour l’ensemble de nos risques avec pour objectif d’atteindre le chiffre de zéro. »

Autre témoin : le Groupe Le Calvez, spécialiste du transport et de la logistique, représenté par Pascal Boulanger, son directeur hygiène sécurité environnement qualité. Dans ce groupe qui met l’accent sur la formation de ses conducteurs et sur les bonnes pratiques de conduite, les chauffeurs parcourent au total 3 millions de kilomètres par an. « Grâce à la conduite apaisée, nous avons constaté une baisse de la consommation de carburant, le deuxième poste de dépenses après les salaires. De même, depuis 1995, les primes d’assurance ont systématiquement baissé, à l’exception d’une seule année où elles sont restées stables. »

Cibler les conducteurs accidentogènes

Autre entreprise déjà connue de nos lecteurs, le spécialiste de la santé Johnson & Johnson France multiplie les pistes de travail autour de sa flotte de 1 300 VP. Pour ce faire, le groupe travaille sur son programme Safe Fleet depuis 1994. « Nous visons le 0 accident, le 0 incident et le 0 blessé », résume Martine La Roche, la responsable du parc automobile. Parmi ses nombreux indicateurs, Johnson & Johnson France suit notamment les conducteurs à risque, avec une formation individuelle et une journée qui leur est spécifiquement destinée (voir aussi le reportage). Des pistes à suivre.

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