Sécurité Routière : les équipements de la route oubliés ?

Le Syndicat des équipements de la route (Ser) a dévoilé le 22 septembre une étude menée auprès des automobilistes et des élus locaux. Le résultat révèle une vraie inquiétude quant à la qualité du réseau et de ses infrastructures.

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Sécurité Routière : les équipements de la route oubliés ?

Les équipements de la route, oubliés des politiques de sécurité routière ? Pour le Ser, aucun doute possible, cet élément, pourtant partie intégrante du problème, est aujourd’hui négligé « au profit d’une politique du tout répressif sur les routes », n’a pas hésité à rappeler Gilles de Robien, ancien ministre de l’équipement et des transports (2002 à 2005), lors d’une conférence de presse. Pour étayer ce constat, l’instance, qui regroupe 60 adhérents, a réalisé une enquête auprès des Français et des pouvoirs publics et ses confirment les dires de l’ancien ministre.

Premier constat, les sondés relèvent que certaines situations de conduite sont pour eux des sources d’inquiétude. Ils sont par exemple 76 % à noter la présence de travaux mal signalés, ou encore 73 % à signaler des routes étroites et non rénovées. Même chose en ville où 71 % des automobilistes pointent une signalétique insuffisante. Autre problème : pour 67 % des personnes interrogées, la présence de vélos constitue une source d’inquiétude en agglomération, alors même que le gouvernement pousse à leur déploiement un peu partout.

Un manque de budget alarmant

51 % des sondés considèrent insuffisant le budget des pouvoirs publics consacré à l’amélioration de la signalisation et des dispositifs de sécurité. Pour 42 %, l’état des routes communales a empiré ces dernières années tout comme celui des routes départementales (35 %) et nationales (13 %). Pire encore, 65 % considèrent que la visibilité de nuit sur les routes (nationales, départementales et communales) est insuffisante, alors même que le plus grand nombre d’accidents survient durant cette période (source ONISR).

Mais ce manque de budget n’est pas forcément le fait des élus qui ont vu les dotations de l’État diminuer depuis de nombreuses années. Résultat : face à la pression financière, des arbitrages doivent être faits pour réparer ou entretenir l’existant, empêchant de ce fait l’investissement. Pourtant, 88 % des sondés déclarent que la rénovation des routes serait un facteur d’amélioration de la sécurité routière.

Les équipementiers de la route absents du CNSR

Un constat partagé par le Syndicat des équipements de la route et Jean-Bernard Conrad, son président, qui a rappelé qu’en 2014, sur les 18 milliards d’euros dépensés pour les routes françaises, seulement 330 millions l’ont été pour les équipements. Un chiffre en forte baisse puisqu’il était de 450 à 500 millions d’euros en 2009.

Enfin, et c’est peut-être là l’exemple le plus criant de ce manque d’intérêt pour le sujet de la part des pouvoir publics : le Ser, pourtant partie prenante de l’évolution des routes, est tout simplement absent du CNSR et ne fera par exemple pas partie du Comité Interministériel de la Sécurité Routière du 2 octobre prochain. Et Gilles de Robien de conclure : « Il est grand temps de faire un audit de la sécurité routière en France. À droite comme à gauche, des erreurs ont été commises, et celle de maintenir le sujet au sein du ministère de l’intérieur en est une. »