Sécurité routière : une campagne d’information sur les médicaments déconseillés aux conducteurs

Alors que la liste des médicaments présentant des risques pour la conduite de véhicules est en cours d’actualisation, les pharmaciens vont être mobilisés pour sensibiliser le public.

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La sécurité sur la route commence sur votre table de nuit

Mercredi 22 mars, lors d’une conférence de presse, Isabelle Adenot, présidente du conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP), Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, et Benoît Vallet, directeur général de la santé (DGS) ont signé une convention tripartite. L’objectif : renforcer la sensibilisation du grand public aux effets des médicaments sur la conduite en fournissant des outils de communication aux pharmaciens.

Les benzodiazépines en cause

En effet, selon l’étude CESIR réalisée en 2010, 3,4 % des accidents mortels de la route sont attribués à une prise de médicaments. Leur consommation augmente notamment le risque de somnolence, premier facteur d’accident mortel sur la route (voir notre brève).

Dans 50 % des cas, les médicaments en question sont de la famille des benzodiazépines, anxiolytiques (Valium, Xanax, Lexomil, Lysanxia, etc.), somnifères (Mogadon), mais aussi myorelaxants (Myolastan) ou antiépileptiques (Rivotril). Or, 11 millions de Français consomment des benzodiazépines au moins une fois par an.

La liste des médicaments déconseillés mise à jour

La signature de cette convention fait suite à la mise à jour de la liste des médicaments présentant des risques pour la conduite, parue dans l’arrêté du 13 mars 2017. « Depuis 2008, environ 250 nouvelles substances actives sont entrées sur le marché, donc une centaine pouvant potentiellement affecter les capacités de conduite, comme par exemple le baclofène utilisé pour traiter l’alcoolisme. Nous avons également accès à des données complémentaires qui permettent d’actualiser environ 120 substances actives », a expliqué Nathalie Richard, directrice adjointe de la direction des médicaments du système nerveux central à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Cette liste est à la base du système de pictogrammes signalant les médicaments susceptibles d’affecter les capacités de conduite. L’ibuprofène est une substance de niveau 1 et la codéine est de niveau 2. Selon la mise à jour, tous les médicaments de la famille des benzodiazépines sont désormais de niveau 3. Deux vagues d’actualisation sont prévues en 2017. À l’heure actuelle, « il reste 73 nouvelles substances actives à évaluer et 79 anciennes substances actives à revoir », a précisé Nathalie Richard.

Pictogrammes Médicaments

Pictogrammes Médicaments

Pictogrammes Médicaments

Pas de mesure spécifique pour les professionnels

La consommation de médicaments ne relève cependant pas d’une infraction. « Le nombre de molécules à détecter est tellement considérable qu’il est difficile de fournir un test aux policiers pour les contrôles en bord de route », a argumenté Benoît Vallet. Attention toutefois, « il y a un système de responsabilité aggravée en cas de conduite après la prise d’un médicament porteur d’un pictogramme », a précisé Emmanuel Barbe. « Pour les conducteurs professionnels, il y a un travail pour la médecine du travail, avec un transfert d’information entre médecin généraliste et médecin du travail », a conclu Benoît Vallet.

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