Sécurité routière : renforcer la prévention

Le Comité de Pilotage National pour la Prévention du Risque Routier Professionnel a publié un Livre Blanc regroupant l’ensemble de ses propositions pour renforcer la sécurité des véhicules utilitaires. 12 pistes pour prévenir plutôt que guérir.

- Magazine N°138
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Trop souvent sous-estimé, le risque routier est un risque professionnel majeur. Il constitue même la première cause de décès par accident au travail : 55 % des accidents mortels du travail de salariés du régime général sont des accidents de la route. Pire, la proportion d’accidents impliquant un VUL ne cesse d’augmenter : de 8 % en 2003, elle est passée à 14 % en 2005. Il est donc urgent d’agir. Le Comité de Pilotage National pour la Prévention du Risque Routier Professionnel traduit la volonté des pouvoirs publics de lutter contre les accidents de la route au travail. L’an passé, c’est un vaste programme de sensibilisation qui a été lancé en direction de l’ensemble des professionnels et utilisateurs de VUL au travers d’un Livre Blanc. Lequel regroupe les douze propositions correspondant aux besoins mis en évidence. Pour le Comité, ce document largement diffusé auprès des collectivités est une première étape pour enclencher une dynamique de progrès.

1. Evaluation du risque routier

Il s’agit de sensibiliser les employeurs à la nécessité d’intégrer le risque routier dans le document unique sur les risques professionnels instauré par décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001. Evaluer l’importance des déplacements, repérer les populations et les activités les plus exposées, etc. : le risque routier doit véritablement être considéré comme un risque professionnel.

2. Contrôle technique

Le Comité préconise la mise en place d’un contrôle technique annuel pour les VUL afin d’assurer une vérification plus fréquente des éléments de sécurité du véhicule et ainsi d’améliorer l’état du parc.

3. Normalisation

Définir une norme internationale (ISO) sur l’arrimage des charges et les systèmes de retenue à bord des VUL. Cette mesure doit permettre d’harmoniser le niveau de sécurité des équipements en préconisant un standard minimum.

4 Carnet de suivi et d’entretien

L’existence systématique d’un carnet de suivi et d’entretien affecté au véhicule permet de conserver la trace du relevé des défauts apparents et les remarques des conducteurs. Il incite également l’entreprise à définir clairement les règles relatives à l’entretien du VUL en précisant les tâches de chacun. Néanmoins, cela passe par une implication des utilisateurs dans l’entretien des véhicules.

5. Pneumatiques

De nombreux accidents peuvent être évités par la prise en compte des pneumatiques dans la gestion des facteurs de risque routier. Cela passe notamment par le choix d’un produit adapté au type de véhicule et à un usage professionnel, une surveillance régulière de l’état d’usure et l’instauration d’une procédure de contrôle de la pression.

6 Airbag

Si les VUL de moins de deux ans sont presque tous équipés de l’airbag conducteur en série, moins de 20 % disposent d’un airbag passager. Les professionnels s’accordent pour dire qu’il est urgent de combler ce déficit. Le montage en série de cet équipement de sécurité permettrait une réduction significative des coûts d’acquisition et offrirait à tous les salariés, conducteurs et passagers, le même niveau de sécurité.

7 ABS

L’ABS s’avère d’autant plus utile que les véhicules à usage professionnel sont souvent bien chargés. Pourtant, peu de VUL en sont équipés. Aujourd’hui, la demande n’est pas encore suffisante pour que les constructeurs décident de proposer l’ABS en série. Il s’agit donc de sensibiliser les gestionnaires de flottes pour faire évoluer les choses rapidement.

8. ESC (Electronic Stability Control)

L’ESC est particulièrement efficace pour garantir une bonne tenue de route par tout temps, en particulier pour des véhicules utilitaires en charge, voire en surcharge. La généralisation de cet équipement est donc souhaitable, notamment sur les VUL de plus de 2,5 T.

9 Témoin de surcharge

Les utilisateurs sont tentés de charger leur véhicule en volume, plutôt qu’en masse, au risque de dépasser la limite autorisée. Il importe de mettre au point un système automatique de mesure permettant d’évaluer avec rapidité et précision la charge utile du véhicule afin d’éviter de faire peser sur le conducteur la responsabilité d’une surcharge en cas d’accident.

10 Aménagements

Faute de norme précise, il s’agit de définir les recommandations techniques pour un aménagement plus sûr de la zone de chargement des VUL. Une plus grande vigilance dans les choix d’aménagements et dans le montage de ces derniers doit contribuer à une meilleure sécurité du véhicule. Et ce, afin d’éviter les sur-accidents provoqués par des projections d’objets mal rangés.

11 Post-permis professionnel

Les véhicules n’excédant pas 3,5 T peuvent être conduits avec un simple permis B. Pourtant, on ne conduit pas un VUL comme on conduit un VP. Multi-formats et multi-usages, le VUL est un moyen de travail pour lequel une formation professionnelle spécifique devrait être mise en place. Objectif : permettre au salarié d’acquérir les compétences nécessaires pour un usage rationnel et sécurisé.

12. Groupe commun de concertation

La création d’un groupe de concertation a pour but de mettre en relation les différents acteurs concernés et d’agir de façon concertée pour une meilleure sécurité des VUL.

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