Services : les lancements se poursuivent

Depuis le début 2007, les annonces de nouvelles prestations restent dynamiques. C’est le signe que la profession maintient un rythme soutenu d’innovations, même si ces dernières ne bouleversent pas le marché

- Magazine N°132
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L’année dernière avait été une aubaine pour les loueurs et les constructeurs. La fiscalité de la nouvelle TVS leur avait donné l’occasion de développer des comparateurs et des simulateurs de calcul de la nouvelle taxe. Une démarche d’audit et de conseil était également systématisée pour évaluer les parcs de leurs clients, à l’aune de la nouvelle disposition, et préconiser des changements de modèles lors des renouvellements de parcs. Un an après, la pression est retombée.

Il n’y a pas eu de « grand soir écologique » marqué par la mise au rebut de tel ou tel modèle. Les évolutions sont progressives et, dans certains cas, les situations sont restées en l’état car il était difficilement imaginable de demander à tel ou tel dirigeant de troquer son 4×4 ultra puissant pour un véhicule moins polluant, mais plus anonyme.

Quels sont aujourd’hui les grands chantiers des loueurs et des constructeurs ? A coup sûr la modernisation des logiciels de gestion. Plusieurs loueurs ont (ou vont) changer de génération d’outils pour mettre à disposition des clients des systèmes plus rapides, plus ergonomiques, plus conviviaux. En un mot, plus efficaces.

Certains loueurs qui n’avaient pas encore développé certaines prestations, à l’inverse de la concurrence, se mettent au goût du jour et rattrapent leur retard (c’est le cas dans la restitution). D’autres innovent avec la création d’un service, couramment utilisé dans d’autres secteurs, mais qui n’avait pas encore percé en gestion de flottes (la carte Prodigo d’ALD en est un bon exemple). Enfin, d’autres testent des idées et tentent de créer un besoin (comme la prestation courte durée récemment lancée par Arval et déjà pratiquée chez LeasePlan). Flottes Automobiles a passé en revue les dernières prestations du marché de la LLD, présentées par les loueurs et les constructeurs.

ALD Automotive veut aider les conducteurs privés de points

C’est l’heure de la diversité en matière d’innovation pour ALD Automotive. Les annonces ont en effet été variées ces derniers mois, entre la carte de fidélité Prodigo, en partenariat avec le réseau Mouvango, la prévention, ou encore le service VIP. Sur tous ces points, Jean-François Chanal, directeur général, se montre satisfait. « Nous devons être à un peu plus de 30 000 cartes activées, qui sont bien utilisées dans le réseau partenaire par nos clients », souligne-t-il. C’est bien l’objectif recherché puisque, au-delà de faire gagner des points aux conducteurs en fonction de différents évènements (entretien, réparation, pneumatiques…), elle doit être un outil de gestion pour le gestionnaire.

Le développement d’une offre prévention est un autre axe stratégique très important pour le loueur. « Le risque automobile est l’un des plus graves pour les entreprises. Les conducteurs doivent savoir comment se comporter sur route et nous leur permettons de le faire », répète Jean-François Chanal. Avec le groupe Beltoise Evolution, qui dispose de 11 centres en France, le loueur propose à des tarifs préférentiels des stages d’une journée, baptisés « Conduire juste » et qui permettent aux collaborateurs d’une société de bénéficier d’un test de conduite sur circuit avec freinage d’urgence et évaluation des distances de sécurité. Un parcours routier mixte (ville, route, campagne) est aussi au menu de cette formation. « Le moment crucial pour nos clients est l’analyse des statistiques assurances. C’est là que l’on a de mauvaises surprises et que l’on peut intervenir pour proposer d’engager une action de prévention ».

Quant à la prestation VIP, elle concerne à ce jour 800 véhicules environ, mais ALD pense qu’il lui faudra donner un peu plus de souplesse au dispositif, afin de mieux satisfaire cette clientèle exigeante et très spécifique.

Egalement dans les cartons, ALD travaille sur une prestation de voiturette sans permis sur Paris et Lyon (la demande est forte, signe que la perte de points commence à être un handicap dans les sociétés et leurs collaborateurs).

Plusieurs fers au feu chez Alphabet

Depuis le premier semestre, Alphabet a développé sa propre plateforme technique. « Alors que les services associés étaient jusqu’ici gérés par un prestataire externe, nos centralisons désormais la gestion de ces prestations (maintenance, pneumatiques, véhicules de remplacement) en interne par le biais d’une équipe en propre », explique Andreas Wolter, patron d’Alphabet en France. Les contrats sont ainsi suivis en interne, tout comme les coûts et la qualité des services.

Les derniers mois ont également permis à la filiale de BMW Group, qui existe depuis 2001, de développer un guide de la restitution des véhicules en fin de contrat. Des démarches similaires existent déjà chez les concurrents et Alphabet n’est pas particulièrement en avance sur cette question, mais ce guide a le mérite d’exister dans la palette des prestations du loueur. « Le processus de restitution peut être délicat et les conflits arrivent vite si les deux parties ne sont pas d’accord », souligne Andreas Wolter. Avec ce guide, tout client est informé trois mois avant la date d’expiration du contrat de la procédure à suivre. La restitution elle-même a lieu en présence d’un expert indépendant qui prend en charge la photo expertise, et du conducteur.

Dernier sujet en vogue chez le loueur longue durée, la sécurité routière : « En parler c’est bien. Améliorer la conduite de nos clients, c’est encore mieux », insiste le nouveau patron de la filiale. Une cession a été mise en place à Pont l’Evêque sur les thèmes de la fatigue, la vitesse, l’alcool et de l’électronique. Quatre entreprises ont d’ores et déjà effectué ce stage qui concerne à chaque fois une petite dizaine de conducteurs. L’idée n’est pas de faire du quantitatif, mais plutôt du qualitatif. Ce ne sera donc a priori pas un service de masse.

Arval se lance dans la courte durée

Début d’année chargé pour Arval qui s’est intéressé à l’assurance, aux utilisateurs, au télépéage ou encore à la courte durée. Une structure interne a été créée qui propose désormais un package assurance tous risques pour les parcs de 0 à 150 véhicules, autrement dit les petits parcs et ceux des PME. Côté utilisateurs, et cette fois pour les grands comptes à plusieurs centaines de véhicules, une prestation nouvelle sera disponible en fin d’année. « Les gestionnaires vont obtenir des informations sur la manière dont conduisent leurs collaborateurs, notamment les plus nomades d’entre eux », explique Jean-Loup Savigny, Directeur commercial Arval France. Toujours à destination des grands parcs, un outil de tarification en ligne pourrait être développé par le loueur, chaque entreprise effectuant ses tarifications à distance sur le web, à partir de sa propre car policy.

Enfin, la filiale de BNP Paribas s’est intéressée aux « besoins ponctuels » de ses clients en location courte durée. Une cellule fonctionne depuis le 1er avril et prend en charge l’ensemble des démarches liées à la location d’un véhicule sur une courte période. Aucune caution ni empreinte de carte bancaire n’est demandée au client, qu’il soit une toute petite entreprise ou un grand compte. Arval Courte Durée s’appuie sur un réseau de 3 000 agences de location courte durée à travers la France et affirme pouvoir ainsi bénéficier de conditions tarifaires très attractives, avec une dégressivité sur des contrats de 30 jours à 6 mois. LeasePlan propose une prestation similaire, qui n’a pas été développée en interne, mais qui est disponible via un partenariat avec Europcar.

Citroën enrichit son logiciel de gestion

Marie-Eve Barril est satisfaite. Les innovations ont été au rendez-vous des premiers mois de l’année 2007 pour Citroën. Elles ont concerné avant tout l’informatique. « Pour les parcs supérieurs à 15 véhicules, nous avons lancé notre nouvelle version de notre logiciel de gestion Interparc2 », explique la responsable marketing opérationnel de Citroën Partenaire Entreprises. La première version commençait à prendre quelques rides puisqu’elle datait de 2000. Il était donc temps, souligne-t-elle, de s’adapter aux nouvelles attentes des gestionnaires. « Nous étions bons sur les fonctions au cœur de l’outil (sélection partielle d’un parc, alertes sur les dérives kilométriques…). Mais un questionnaire auprès de nos utilisateurs nous a montré qu’ils étaient demandeurs d’autres applications ».

« C’est le cas, par exemple, des historiques de passages à l’atelier pour chaque véhicule ou encore des enlèvements de carburants. Sur tous ces thèmes, nous avons enrichi notre logiciel de gestion », souligne-t-elle. Ainsi, les clients de Citroën Partenaire peuvent désormais bénéficier d’un historique d’enlèvements des carburants sur 12 mois, contre 2 mois auparavant. Autre possibilité offerte : la mise en ligne des kilométrages réels des véhicules.

DCS Fleet lance le split billing

Chez DCS Fleet, les équipes ont travaillé sur une nouvelle version (la 3ème exactement) de l’extranet PowerFleet. « Nous avons redéveloppé le système sur pas mal de domaines afin d’accroître la modularité », souligne Olivier Monot, patron de DCS Fleet en France. « Cette version N°3 a été pensée avec nos clients et multiplie les nouvelles fonctionnalités ». Les accès sont ainsi personnalisables et des reporting sont délivrés automatiquement par e-mails en fonction de critères prédéfinis. La nouvelle technologie permet aussi une réactivité dans la création de « spécifiques clients » (factures, devis…) et donne aussi la possibilité à l’utilisateur de créer lui-même ses propres rapports mensuels.

Afin de suivre l’évolution des politiques sociales des entreprises, la filiale de Mercedes a également mis en service le « split billing ». Cette technique permet de facturer un client sur sa car policy et les conducteurs sur leurs propres cartes bancaires. « Cette prestation s’adresse aux clients qui ont des car policy ouvertes, dans lesquelles les utilisateurs des véhicules ont la possibilité de choisir des modèles supérieurs à ce à quoi ils ont droit, moyennant une participation de leur part ».

GE cultive son image «verte»

« Trois nouveautés principales ont été lancées ces derniers mois chez GE Fleet Services », souligne Arnaud Muller en charge du marketing et de la communication. Avec la photo expertise (déployée sur l’ensemble du territoire depuis février), GE Fleet Services est capable de faire expertiser dans les 48 heures tout véhicule restitué. Le photo expert indépendant constate les éventuels dégâts apparents, les photographie et chiffre le montant de la remise en état. « Nous avons amélioré le dispositif puisque, désormais, les photos et les données sont téléchargées sur un serveur accessible à tous les gestionnaires de parc », explique Arnaud Muller. Il est possible de zoomer chaque photo et, ainsi, d’analyser au plus près les dégâts. La photo expertise est également utilisée pour la revente de véhicules d’occasion. « Nous travaillons sur la prise de rendez-vous avec le conducteur pour la réalisation de la photo expertise », souligne Arnaud Muller.

Des améliorations ont également été apportées à iManage, la nouvelle solution de gestion de parc. Elles permettent de doubler le nombre d’éléments étudiés et d’analyses obtenues. La version complémentaire intègre notamment la possibilité d’obtenir la répartition de la flotte en fonction des émissions de C02. La principale évolution d’iManage réside aussi dans son tarif : seuls sont payants les accès paneuropéens, les clients français ayant un accès gratuit. « Nous avons modifié notre position et notre politique tarifaire car, pour les clients multifournisseurs, iManage n’intègre pas les éléments extérieurs », précise le responsable de GE Fleet Services.

Enfin, la démarche environnementale de GE, baptisée Green, a été renommée Clear solutions. Il s’agit d’une analyse en profondeur de la politique véhicule existante, associée à des propositions de solutions concrètes pour répondre aux objectifs des gestionnaires de parcs en matière de réduction d’émissions et de consommation. « L’objectif est d’améliorer la performance environnementale et d’optimiser les performances opérationnelles », insiste Arnaud Muller. « Cette démarche passe par l’analyse de l’empreinte environnementale du parc, c’est à dire les émissions de C02 de la flotte à la route, en g/km et en tonne. Cette empreinte permet ensuite de déterminer une série de modèles de véhicules plus propres et de calculer un coût global grâce à Visiocost, qui inclut à la fois les loyers, la fiscalité, le carburant… ». Le gestionnaire connait grâce à cette démarche l’émission moyenne de CO2 de son parc, la répartition par marque et par modèle et jusqu’à la localisation géographique par centre de coût. Pour l’avenir, le loueur entend mettre l’accent sur le « conseil à valeur ajoutée » : autrement dit, être capable de bâtir une car policy pour une entreprise en tenant compte des coûts, de l’environnement et de la sécurité.

Autre actualité : l’information du conducteur. Une newsletter à destination des utilisateurs finaux est ainsi à l’étude. Les gestionnaires en reçoivent déjà une tous les deux mois (soit 4 000 adresses mail et 15 000 prospects). Des efforts seront également faits pour faciliter la vie du conducteur, notamment dans la prise de RV pour l’entretien du véhicule.

LeasePlan promet de nouvelles prestations

En attendant des nouveautés promises d’ici quelques mois, LeasePlan a joué la carte de l’environnement cette année. En lançant le programme GreenPlan, le leader européen de la location longue durée veut aider les entreprises à rouler en polluant moins. « L’idée est véritablement, à l’échelle mondiale, d’aider nos clients à mieux évaluer les émissions de CO2 de leur flotte et à mettre en oeuvre un certain nombre d’actions visant à réduire petit à petit ces émissions », souligne la nouvelle responsable marketing et communication Emmanuelle Russo- Achour. « Nous devons donc aussi les épauler et leur apporter du conseil pour optimiser leur mix flottes ». Le loueur a, en outre, amélioré sa prestation restitution, en informant mieux le conducteur et en le prévenant de ses dates de rendez-vous de remise du véhicule. Il compte aussi faire évoluer son outil de gestion Plan8. « Nous allons ajouter un certain nombre de fonctionnalités, travailler sur l’ergonomie et la puissance du système. L’aspect visualisation va faire l’objet d’un soin particulier, avec davantage de tableaux et d’analyses », souligne la responsable marketing. Enfin, des actions seront menées pour relancer l’offre pneus et proposer prochainement une prestation télépéage.

Peugeot, leader européen de la télématique embarquée

La marque au lion veut garder une bonne longueur d’avance en matière de télématique embarquée. Elle dispose d’ores et déjà d’un statut de leader européen mais ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Plusieurs annonces ont donc été faites ces derniers mois dans ce domaine, qui vont bénéficier aussi aux flottes d’entreprises. L’objectif de Peugeot est en effet de proposer un système télématique de gestion de flottes.

Au printemps l’offre télématique embarquée RT4 est arrivée sur la 407. Par rapport à la précédente version RT3 (disponibles sur plusieurs modèles comme la 307), le nouvel appareil regroupe sur un disque dur à forte capacité plusieurs fonctions (audio, multimédia, GSM kit mains libres, l’appel d’urgence localisé et un système de navigation GPS). Il bénéficie aussi du service Peugeot Urgence qui donne accès à une intervention rapide des secours en cas de panne ou d’accident. Grâce à ce système, les informations sont enregistrées sur les kilométrages réels et sur plusieurs éléments du tableau de bord (voyant de niveau d’huile, température, pression hydraulique…). Elles sont transmises via la liaison GSM à la plate-forme du constructeur. Le gestionnaire peut alors se connecter au logiciel de gestion du constructeur (Interparc Peugeot) et faire remonter automatiquement et à distance les informations qu’il recherche. Les systèmes RT3 et RT4 donnent enfin accès à l’offre Peugeot Services Mobiles, un bouquet de services liés à la mobilité (alertes trafic, téléchargement d’itinéraires optimisés, emplacement des radars automatiques…).

C’est en 2003 que le constructeur s’est lancé dans la télématique embarquée. Il est à ce jour le seul capable de déployer l’appel d’urgence sur neuf pays en Europe. L’assistance a aussi été développée à partir de 2003 avec la mise au point de la plate-forme RT3/Navidrive, laquelle bénéficie depuis deux ans de l’infotrafic opérée par ViaMichelin. .

Renault modernise la cotation en ligne

La marque au losange a beaucoup travaillé ces derniers mois sur la cotation en ligne et la restitution. Mais, à la différence de ses concurrents, elle est allée jusqu’à la commande en ligne d’un véhicule par un client. Opérationnelle depuis juin, elle donne une grande autonomie au client : ce service peut en effet descendre jusqu’au niveau du conducteur à condition que la validation soit faite par la hiérarchie à n+1 et que le choix respecte bien le cahier des charges et les conditions commerciales. La cotation et la commande en ligne sont disponibles chez Overlease pour les grands parcs.

Toujours au printemps, Diac et Overlease ont bénéficié d’un nouveau service de restitution baptisé Top Restit’. C’est le fruit d’un projet commun entre la direction commerciale France de Renault et Diac-Location/Overleas. « Désormais, la restitution et la clôture du contrat se font de manière automatique et rapide, puisque trois données sont saisies, souligne Dominique Prieto, Chef du Service Marketing Opérationnel Diac-Location. Il s’agit de la première mise en circulation, de l’immatriculation et des kilométrages. Le PV de restitution sort automatiquement chez le concessionnaire dès que le véhicule est devant lui. Nous ne sommes donc plus tributaires d’un envoi de courrier ou d’un fax. Nous avions 21 jours de décalage en moyenne entre la restitution physique du véhicule et la réception du PV de restitution. Aujourd’hui, nous n’avons plus cet inconvénient et nous réduisons les risques de doubles facturations, coûteuses pour le client et pour nous ».

Dominique Prieto précise qu’en matière de restitution, seuls sont désormais facturés les frais figurant au PV de restitution. Et d’ici la fin de l’année, les équipes du groupe qui travaillent sur une facturation électronique pour le client, espèrent arriver à une solution disponible. « Avec l’accord du gestionnaire, nous aurons la possibilité de facturer l’automobile de trois façons : soit via un duplicata de type PDF sur le site Diac Location ; soit en dématérialisant totalement, soit par fichiers pour les clients grands comptes sur le site Overlease », indique Dominique Prieto.