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SUV : Un segment de vente en devenir !

Segment à la croissance exponentielle, cette catégorie des 4x4 et SUV de luxe bénéficie des soins les plus attentionnés de la part des constructeurs. Normal, ce sont des véhicules qui coûtent cher à concevoir et à fabriquer et qui regorgent de technologies électroniques. Mais la nouveauté et l’innovation sont des arguments incontournables pour les acheteurs de ce segment.

- Magazine N°119
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Le segment des SUV -dits de luxe- constitue l’autre versant de la catégorie des hauts de gammes. Il récupère tous les déçus de la berline ou de la limousine classiques et attire à lui tous ceux qui sont passés par le monospace et n’en voient plus aujourd’hui la nécessité tant pratique – la famille a grandi, les enfants sont partis – que théorique : ce n’est pas la capacité et l’espace qui étaient recherchés mais plutôt la position de conduite haute et le fait d’en avoir un avant les autres… Sur ce segment du SUV, la transmission intégrale sert moins au tout-terrain qu’à assurer une sécurité et une tenue de route nettement améliorée dans de mauvaises conditions (pluie, neige, revêtement dégradé, etc. ) grâce aux 4×4. Sachez pourtant que les capacités de franchissement, même en hors-pistes et dans la boue (avec des pneumatiques adaptés) peut être étonnante. Qui plus est, les aides à la conduite électroniques – Hill Descent Control, antipatinage, anti-versement, blocage de différentiel, etc. – font aujourd’hui un travail d’une précision qui n’était atteinte auparavant que par des trialistes experts ou autres moniteurs de tout-terrain.

A vous donc, les grandes randonnées hors pistes à bord la dernière génération des SUV, mais aussi la totale sécurité à grande vitesse sur autoroute (allemande de préférence). Quoi de plus extraordinaire en effet que de sortir d’un parcours en 4×4 dans des conditions extrêmes et de se retrouver au volant d’une voiture rapide et sûre, comme si de rien n’était. On comprend le succès de ces véhicules, surtout quand on constate qu’ils sont parfois moins polluants que de gros monospaces…

Le « petit » X3 en tête des ventes

Sur la première marche du podium des ventes l’année dernière, le X3 fait office, depuis son lancement en 2003, de remplaçant au X5 en attendant la nouvelle génération de ce dernier prévue pour le salon de Francfort à l’automne 2007. D’ailleurs, son encombrement total (4,56 m) est à peine inférieur à celui de son grand frère né avec le nouveau millénaire (4,66 m). Ses ventes ont suivi une courbe exponentielle jusqu’à l’arrivée de son principal concurrent, le Mercedes ML en ce début d’année : 6 698 immatriculations en 2005 (+ 56,3 %) mais seulement 1 946 (- 23,9 %) depuis. Il aura d’ailleurs fallu attendre l’année dernière pour enfin disposer d’un turbodiesel digne de ce nom, le six cylindres en ligne 3. 0 l de 218 ch (210 g/km,14 CV,44 100 €) alors qu’il fallait se contenter jusque-là du 4 cylindres 2. 0 l de 150 ch, creux à bas régime et sonore en permanence (191 g/km,9 CV,37 050 €). Et ce dernier n’était même pas proposé avec une boîte auto ! On notera aussi la qualité très moyenne de la fabrication, assurée chez Magna Steyr en Autriche, ainsi que le choix de matériaux peu valorisant. Enfin, le train arrière n’est pas très confortable et, décidément, même vieillissant, le X5 a, lui, de beaux restes !

Le VW Touareg aux avants postes

D’ailleurs, ce BMW X5 résiste bien à l’assaut de la concurrence puisqu’il se place en deuxième position pour les immatriculations en 2005 : 4 482 (- 11,4 %) et 977 (- 39,3 %) depuis le début 2006. Mais le VW Touareg n’est pas loin avec 4 027 ventes en 2005 (+ 15,1 %) et 943 depuis le début de l’année (- 32,3 %)… Le BMW vieillit donc assez bien et se défend correctement avec son moteur 3. 0 l six cylindres en ligne de 218 ch qui assure une vitesse maxi confortable de 210 km/h, un 0 à 100 km/h en 8,8 s et une consommation mixte de 9,4 l en boîte auto (250 g/km,15 CV,51 550 €). Il est d’ailleurs mieux fini, mieux équipé et bien plus agréable à piloter que son petit frère, un comble pour un véhicule fabriqué aux Etats-Unis !

Juste derrière pointe donc le Volkswagen Touareg en 3e position qui a réussi une remontée impressionnante grâce à une politique commerciale agressive et plus collée à la réalité du marché. Ainsi, ce Touareg avec son inédit cinq cylindres 2. 5 TDI de 174 ch débute à 45 550 € mais est affublé de 265 g/km de CO2 et 12 CV – la faute aux injecteurs pompes… et au poids astronomique de ce SUV : 2,3 t à vide. Le 3. 0 V6 TDI de 225 ch n’est pas en reste à 294 g/km et 16 CV pour un prix de 51 960 €. Le summum étant atteint par le 5. 0 V10 TDI de 313 ch qui ressort à 346 g/km et 24 CV pour 81 120 € et quelque 2 450 kg de métal « à vide ». Une embellie qui pourrait être de courte durée pour le Touareg car le nouveau Mercedes ML est arrivé.

Mercedes ML : déjà un succès

Le SUV de Stuttgart a quelque peu fléchi l’année dernière en 4e position à 3 637 immatriculations (- 6,8 %), ce qui n’est pas si mal pour une fin de carrière alors que le nouveau ML a déjà capitalisé et s’est vendu à 2 462 exemplaires sur les 4 premiers mois de l’année 2006 (+ 120 %). Il n’a plus grand chose à voir avec la première génération, gommant tous les défauts et s’arrogeant la première place sur le podium de l’agrément de conduite, du confort, des performances et de la qualité de fabrication.

Sous le capot de ce SUV bardé d’électronique de traction (intégrale pour l’Europe), on retrouve le 3. 0 V6 tout alu en 190 ch et 440 nm de couple (254 g/km,13 CV,49 800 €) et en 224 ch (254 g/km,15 CV,52 200 €), tous deux avec l’excellente boîte auto à 7 rapports d’une douceur exemplaire. A terme, on devrait logiquement retrouver le 4. 0 V8 CDI de 306 ch qui a fait son apparition sous le capot du nouveau GL. Ainsi armé, le ML devrait rapidement prendre la première place sur le podium des SUV en France et en Europe.

Volvo, Jeep, Range Rover, des challengers de qualité

Dans ce segment âprement disputé du SUV de luxe, le Volvo XC90 en 5e position tire bien son épingle du jeu avec 2 777 ventes (+ 28,6 %) en 2005 grâce à l’arrivée, sous le capot, de la dernière mouture du 5 cylindres en ligne 2. 4 l D5 de 185 ch (217 g/km,12 CV,44 150 €). En revanche, on observe un léger tassement de ses ventes depuis le début de l’année à 239 immatriculations (- 2,6 %) mais tout devrait rentrer dans l’ordre avec le relifting léger de ce SUV suédois lancé en 2002. Il sera toujours disponible avec le D5 de 185 ch, mais aura droit, l’année prochaine, au V8 turbo diesel développé par Ford.

Enfin, on trouve en sixième position le premier «vrai» tout-terrain 4×4, le Jeep Grand Cherokee qui s’est immatriculé à 1 464 exemplaires l’année dernière (- 4,2 %) mais commence l’année 2006 en fanfare avec 506 ventes à + 47,5 %. Il faut dire que, comme pour le Mercedes ML, cette nouvelle génération fait oublier les défauts de la précédente et, grâce à son 3. 0 V6 CRD d’origine Mercedes, ce modèle s’arroge d’excellentes performances dans un silence de fonctionnement bienvenu (47 690 €,15 CV,270 g/km). L’américain est talonné, si ce n’est déjà dépassé, par l’anglais Range Rover Sport, huitième vente l’année dernière, qui s’est attribué 220 immatriculations et s’arroge un score de 574 ventes au 1er quadrimestre 2006. Ce descendant du Range Rover basé sur la récente plate-forme raccourcie du Discovery 3 fait des émules tant en tout-terrain classique, comme son concurrent, qu’en SUV de ville. Sous le capot, le 2. 7 V6 du groupe Ford qui y va de ses 190 ch (271 g/km,13 CV,50 990 €) qui sont un peu à la peine pour concurrencer les gros calibres allemands. Cela sera réparé l’année prochaine avec l’introduction là aussi, du V8 turbo diesel dépassant les 300 ch.

Ce segment voit l’arrivée en neuvième position du dernier-né, l’Audi Q7 qui fait déjà le plein à 509 immatriculations depuis le début de l’année (voir par ailleurs). Basé sur la plate-forme allongée de son cousin VW Touareg, il en reprend aussi le 3. 0 V6 de 233 ch (282 g/km,16 CV,51 200 €). Il devrait rapidement prendre l’avantage, bénéficiant de l’attrait de la nouveauté.