SVB Transports : du transport de fret au convoyage de semi-remorques

Transporteur de marchandises générales, SVB Transports a élargi ses activités en 2015 en se lançant dans le convoyage de semi-remorques neuves ou d’occasion.
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SVB Transports convoyage
Pour SVB Transports, le convoyage de semi-remorques s’est avéré une activité compliquée, mais lucrative. Ici, une semi-remorque frigorifique Chéreau aux couleurs d’Intermarché.

Depuis 2015, SVB Transports (Saint-Bris-le-Vineux, 89) complète ses transports de fret palettisé par du convoyage de semi-remorques neuves ou d’occasion et de porte-engins. « Pour développer cette activité, il faut avoir un bon carnet d’adresses et une bonne réputation, explique Jean-Philippe Jullien, son dirigeant. Continuer mes transports de fret avec mes douze semi-remorques, dont un porte-engin, me permet d’ailleurs d’étendre ce service à mes fournisseurs de véhicules et à mes clients. » Ce travail oblige à parcourir de nombreux kilomètres, mais les conducteurs apprécient ces missions où il n’y a ni manutention, ni attente au chargement. « Ils ont tous un permis super-lourd, sont expérimentés et disponibles car ils habitent près de l’entreprise. L’équipe est donc stable et solidaire. Avec le transport de fret, je réalise un chiffre d’affaires de 1,5 million d’euros par an, dont 30 % dans le transport de fret, 20 % dans le transport d’engins et 50 % dans le convoyage de semi-remorques. »

Des retours optimisés par des rebonds

Le principal client de SVB Transports est Fruehauf. Ce constructeur, implanté lui aussi dans l’Yonne, à Auxerre, lui confie l’acheminement chez ses clients d’une partie des 5 600 remorques et semi-remorques produits chaque année. Les transports s’effectuant sur la France et au-delà, Jean-Philippe Jullien s’est rapproché d’autres clients pour éviter les retours à vide. « Les allers-retours sans kilomètres à vide sont rares. J’optimise les voyages par des rebonds sur des régions proches où je sais qu’un client peut me confier des remorques, justifie-t-il. Dans l’Ouest de la France, je contacte le constructeur breton de semi-remorques Chéreau et, dans l’Est, Lamberet dans l’Ain ou Bennes Marel à Lyon. Dans le Nord, je fais du cabotage pour le néerlandais Noteboom en tractant ses remorques porte-engins en France ou pour le fabricant allemand de semi-remorques Schmitz Cargobull. »

Ses conducteurs ayant le permis super-lourd, SVB va chercher jusqu’aux Pays-Bas les remorques porte-engin de Noteboom pour trouver des retours.

SVB Transports intervient aussi pour les loueurs de véhicules Fraikin ou TIP, des négociants nationaux et internationaux de semi-remorques d’occasion et pour des transporteurs qui veulent éviter ces déplacements. « Notre intervention de convoyage leur libère des créneaux et des conducteurs pour des activités commerciales de transport, remarque Jean-Philippe Jullien. Il n’y a que lorsqu’ils manquent de fret qu’ils réalisent leurs propres convoyages. »

SVB Transports en recherche permanente de missions

Mais pour SVB Transports, le convoyage reste « une activité compliquée, reconnaît Jean-Philippe Jullien. Nous commençons à être connus, mais les nombreuses mutations de postes dans les groupes de transport m’obligent à renouveler régulièrement mes relations commerciales avec les gestionnaires de flotte. Par ailleurs, le convoyage a été réduit, en 2020, par le covid-19 puis, en 2021, par la pénurie des semi-conducteurs qui a rallongé les délais de fabrication et reporté de nombreuses livraisons. Mon planning de transport s’est réduit à une seule ligne régulière, toutes les autres destinations pouvant être supprimées à tout moment. Je suis donc toujours sur la brèche pour trouver des commandes et des voyages aller-retour. Certains lundis, seul deux conducteurs sur huit ont un retour avec une semi-remorque. Heureusement, de nouvelles commandes tombent au fur et à mesure. »

Les loueurs de remorques comme TIP ou Fraikin sont des clients fidèles de SVB Transports.

Maintenance par les concessionnaires

Côté flotte, SVB Transports regroupe onze camions pour douze conducteurs et onze semi-remorques Fruehauf, plus un porte-engin. Parmi les véhicules moteurs, neuf sont des DAF XF de 480 ch, équipés d’une grande cabine, d’un frigo, de la climatisation de nuit et du chauffage pour donner du confort et le plaisir de la conduite aux conducteurs. Les deux autres sont un Volvo FH et un Renault Trucks T480. La moitié est achetée, l’autre louée, mais toujours avec un contrat de maintenance.

« Je n’ai pas d’atelier et je préfère confier aux concessionnaires la maintenance de mes tracteurs et à Fruehauf celle de mes semi-remorques, explique Jean-Philippe Jullien. Mes véhicules parcourent 120 000 km par an et je ne les garde que 60 à 70 mois pour avoir toujours des tracteurs en bon état. Cela rassure les clients qui me confient des semi-remorques neuves. Mes tracteurs Euro 6 consomment 24 à 26 l/100 km de gazole en convoyage et 33 l pour ceux qui convoient des engins lourds. »

SVB livre aussi des châssis porte-conteneurs à cinq essieux aux transporteurs français de conteneurs.

SVB Transports s’offre un Iveco S-Way au GNL

Pour réduire l’empreinte carbone de sa flotte, Jean-Philippe Jullien a profité de l’ouverture d’une station Gaz’Up par le transporteur Picq et Charbonnier, à Avallon (89), pour intégrer en février 2022 un Iveco S-Way NP au GNL. « Je veux suivre l’évolution écologique avant qu’on me l’impose. Je ne sais pas encore si cela sera économique, mais je crois que les transporteurs doivent s’entraider dans la transition énergétique. Je confierai cet Iveco à un jeune conducteur qui en a déjà conduit et qui a accepté quand il a su qu’il était neuf et affichait 460 ch. Il a pris ma décision comme une preuve de confiance. »

Le transport d’engin est une des activités traditionnelles de SVB Transports.
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