Étude T&E : accroître l’offre de VUL électriques en Europe

Selon une étude récente de l’ONG Transport & Environment, le coût d’un véhicule utilitaire léger (VUL) électrique resterait moins élevé que celui d’un véhicule diesel en Europe. Un constat qui se vérifie dans l’ensemble des six pays européens concernés par l’étude dont la France. D’où, selon T&E, la nécessité pour l’Union Européenne d’accroître l’offre de camionnettes électriques. Et d'envisager des normes CO2 européennes plus strictes.
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VUL électrique
© Transport & Environment

Selon T&E (Transport & Environment), l’offre de VUL électriques encore trop restreinte en Europe. C’est ce que constate cette ONG dans une étude publiée en mars 2022. T&E a en effet analysé le marché des VUL dans six pays européens. A savoir la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni. Des pays qui représentent à eux seuls 76 % du marché des VUL dans l’Union Européenne (et au Royaume-Uni). Pour rappel, la France est le plus grand marché de VUL en Europe. Un marché qui peine à se lancer dans la voie de l’électrification.

Le VUL électrique moins cher sur la base du TCO

cout VUL electrique

Selon l’étude réalisée par Transport & Environment, les véhicules utilitaires légers (VUL) électriques resteraient dans l’ensemble moins chers que les véhicules diesel en Europe. Dans le détail, le coût de possession et d’exploitation d’un VUL électrique moyen (TCO) serait déjà inférieur de 25 % par km à celui d’un VUL diesel moyen. Plus précisément, le fourgon électrique moyen de l’UE coûte 0,15 euro/km contre 0,20 euro/km pour le fourgon diesel. Et même si les subventions à l’achat sont exclues de ce calcul, les camionnettes électriques sont ainsi déjà moins chères sur la base du TCO dans cinq des six pays considérés. Et resteront moins chères dans tous les pays et pour tous les groupes d’utilisateurs d’ici 2024 au plus tard.

L’offre de VUL électriques encore limitée

Transport & Environment constate que l’offre de VUL électriques fait défaut dans ces six pays européens. Les chiffres en attestent : les VUL électriques ne représentaient que 3 % des ventes en 2021. Un marché à la traîne par rapport à celui des voitures particulières électriques à batterie (10 %). Les ventes de VUL électriques n’ont d’ailleurs que très peu augmenté en Europe en l’espace de deux ans : en 2019, l’Union Européenne ne comptait déjà que 2 % de ventes de fourgonnettes neuves en électrique. Selon Transport & Environment, l’offre de camionnettes électriques dans l’UE resterait donc insuffisante jusqu’à la fin des années 2020. Pour Diane Strauss, directrice de T&E France, « La véritable contrainte pour l’adoption des camionnettes électriques est le manque d’offre, principalement due à une réglementation laxiste. » Et ce malgré leurs avantages en termes de coûts et le vif intérêt des clients.

Un vif intérêt pour le VUL électrique

De fait, les utilisateurs de camionnettes veulent passer à l’électrique. C’est ce que révèle l’enquête de Dataforce pour T&E en décembre 2021 sur les flottes de fourgons dans les six pays européens considérés. Ainsi, sur 745 utilisateurs interrogés, 84 % ont déclaré envisager de passer à l’électrique. Et un peu plus d’un tiers ont déjà au moins un VUL électrique dans leur flotte (36 %), un autre tiers prévoit d’en acheter un en 2022 (32 %) et 16 % dans les cinq prochaines années.

Envisager des normes CO2 plus strictes

Depuis le 1er janvier 2022, la France assure la présidence du Conseil de l’Union Européenne. L’occasion pour la France, selon la directrice de T&E France, de jouer un rôle clé dans la détermination des objectifs européens. Et ainsi d’accélérer la transition vers les fourgonnettes électriques. Pour mémoire, les normes CO2 européennes sont en cours de révision pour les camionnettes. Une révision qui s’inscrit dans le cadre du paquet climatique de l’UE. « La présidence française peut pallier le problème d’offre en augmentant substantiellement les objectifs européens de CO2, ce qui obligera les constructeurs de camionnettes à concevoir et à vendre des véhicules zéro émission compétitifs » déclare Diane Strauss.

T&E recommande ainsi de revoir à la baisse de 25 % les objectifs de réduction d’émissions de CO2 moyennes proposés pour les VUL en 2025. Et de mettre en place un nouvel objectif intermédiaire de réduction de 45 % en 2027, et de 80 % en 2030. Des recommandations en vue de normes plus strictes en matière de CO2 que celles proposées par la Commission Européenne. Qui ne propose aucun changement pour l’objectif 2025 (réduction de 15 % des émissions de CO2), ni de nouvel objectif en 2027. Et vise 50 % de réduction en 2030. Ces règles n’obligent dès lors pas les constructeurs à augmenter les ventes de fourgonnettes électriques au-delà de 10 % des ventes totales avant la fin de la décennie.

Réduire les émissions de CO2

VUL électriques

Dans cette étude, les calculs du nombre additionnel de fourgons électriques vendus et des économies d’émissions de CO2, de consommation de carburant, mais aussi de coûts se basent sur une comparaison entre les objectifs de CO2 pour les fourgons recommandés par T&E et ceux proposés par la Commission européenne. Ainsi, selon cette étude, le resserrement des objectifs de l’UE en matière de CO2 au cours de la période 2020-2030 permettrait d’ajouter 1 million de camionnettes électriques en Europe en cinq ans. Et de réduire les émissions de CO2 de 5,6 millions de t en 2027, soit l’équivalent de la pollution annuelle totale des fourgonnettes espagnoles.

Des normes plus strictes permettraient également de réduire la consommation annuelle de carburant des camionnettes européennes de 7 % en 2027. Et aux entreprises européennes d’économiser 13,1 milliards d’euros grâce à la baisse des coûts d’exploitation des véhicules électriques. Et Diane Strauss de conclure : « Les camionnettes électriques contribueront à réduire notre dépendance au pétrole, elles permettront aux entreprises européennes d’économiser des milliards d’euros et garantiront une meilleure qualité de l’air dans les centres-villes. Elles sont une solution clé dans la mise en œuvre des zones à faibles émissions. »