Télématique : La voiture communicante trace la route

Informatique embarquée, géolocalisation, géo-management… les véhicules professionnels se bardent d’électronique pour améliorer la productivité de leurs utilisateurs, mais également réduire sensiblement les coûts d’administration et de gestion des parcs automobiles.

- Magazine N°141
490

En l’espace de quelques années, les technologies de communication multimédia ont envahi l’univers de l’automobile. Avec le développement de la navigation par satellite, l’augmentation des débits des accès Internet, mais aussi la démocratisation des GPRS et des systèmes radio spécifiques… les véhicules deviennent de plus en plus communicants.

Le GPS (Global Positioning System) s’impose désormais comme la pierre angulaire des services permettant aux entreprises comme aux collectivités de situer en temps réel leurs flottes automobiles. Il permet non seulement de suivre à distance des véhicules, de déclencher des alertes lorsque ces derniers sortent d’une zone prédéfinie. Mais il est également devenu un outil d’aide à la décision incontournable pour optimiser un itinéraire, une tournée, les missions des personnels itinérants ou encore contrôler en ligne la chaîne du froid ou le poids d’un chargement.

Un secteur public frileux

« Ce marché a véritablement décollé en France en 2002 avec le développement d’applications permettant aux entreprises de transport de suivre à distance leurs véhicules », explique Jean-Marc Desbornes, directeur commercial de Masternaut, un des leaders en France de la mobilité, avec plus de 45 000 véhicules équipés. Il s’est élargi ensuite au secteur public, essentiellement à travers l’équipement de leurs prestataires de services, chargés de l’entretien des espaces verts, du ramassage des ordures ménagères ou du salage des routes, ceci afin d’avoir une traçabilité du travail demandé. « Pour leurs services internes, les collectivités et les administrations restent en revanche beaucoup plus en retrait pour utiliser ces systèmes, souvent associés à des outils de «flicage», alors qu’ils sont avant tout destinés à améliorer la performance des entreprises, mais également les conditions de travail des utilisateurs », regrette Philippe Orvain, co-fondateur de Nomadic Solutions, un acteur reconnu pour son expertise des solutions d’informatique embarquée orientées métier.

Cette frilosité du secteur public explique sans doute en partie le retard pris par la France en matière d’équipement de son parc d’utilitaires. Sur les 4 à 5 millions de véhicules et poids lourds en circulation, moins de 300 000 seraient aujourd’hui dotés d’un système de télématique embarqué. C’est bien peu au regard des nombreuses fonctionnalités proposées désormais par ces produits.

Rouler branché !

Pour séduire un plus grand nombre d’utilisateurs, les produits de géolocalisation se transforment, en effet, de plus en plus en véritables interfaces de communication entre les conducteurs des véhicules et les gestionnaires de parcs. « Il ne s’agit plus de remonter des informations pour situer un véhicule sur une carte, mais plutôt de récupérer des données sur l’utilisation même des véhicules », note Jean-Marc Desbornes. Grâce à l’ajout de modules supplémentaires, il devient ainsi possible de relever le nombre de kilomètres effectués, de connaître la consommation en carburant, la vitesse de déplacement ou même la quantité de coups de freins donnés par le conducteur…

Pour les gestionnaires de parc, toutes ces informations constituent de précieux indicateurs de géo-management, pour mieux gérer l’utilisation des actifs que sont les véhicules, mais aussi optimiser la maintenance préventive de leurs parcs (en leur indiquant par exemple quand changer les plaquettes de freins). Mais elles leur permettent aussi de développer des formations à l’écoconduite, en surfant sur la vague du développement durable et la réduction des émissions de C02. Des messages qui passent aujourd’hui très bien auprès des utilisateurs, notamment dans le secteur public, premier utilisateur de véhicules propres dans l’Hexagone.

Le géo-management devient aussi un excellent moyen de prolonger le lien entre l’entreprise et son salarié sur le terrain. En disposant d’informations consultables sur le terminal GPS communicant de son véhicule, ce dernier n’est plus seul face aux difficultés qu’il rencontre. Il peut obtenir en quelques manipulations simples la fiche d’un client, une information technique, ou même un état de stock…

Priorité à la sécurité

L’informatique embarquée est également de plus en plus perçue comme un outil de réduction des risques. Pour beaucoup d’administrations ou de collectivités, les déplacements sont la principale source d’accidents, ou de perte financière du véhicule. Sur les parcs importants, la réduction des sinistres peut avoir un impact significatif sur les montants des primes d’assurance, voire sur la capacité d’investissement.

On comprend ainsi mieux l’intérêt de systèmes comme celui de Traqueur, qui utilise les ondes VHF pour guider les forces de l’ordre jusqu’à un véhicule volé dont il a activé à distance la balise embarquée, ou encore celui de Nomadic Solutions, qui avec son boîtier NS Vox, améliore la concentration au volant en lisant à la place du conducteur les instructions de guidage et les messages. Dans le même esprit, Giga-Concept, spécialiste des systèmes radio embarqués, commercialise des capteurs radio de pression de pneus qui communiquent avec un boîtier installé dans l’habitacle. En cas de baisse subite de la pression du pneu, le conducteur est tout simplement averti… par une alerte vocale !