Téléphone au volant : les usages des Français en 2021

Selon le 5e baromètre « Usages du smartphone au volant » publié par la Fondation MAIF, la part des conducteurs utilisant leur téléphone au volant a continué d’augmenter en 2021.
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telephone au volant 2021

Les usages du téléphone au volant ont à nouveau été pointés du doigt en 2021. Dans le cadre de leur étude annuelle TSICA (pour « téléphone et systèmes d’information en conduite automobile »), la Fondation MAIF et l’université Gustave Eiffel (77) dont l’Ifsttar ont interrogé en ligne 2 136 personnes du 30 août au 27 septembre 2021.

Téléphone au volant 2021, un usage lié à l’âge et à la distance parcourue

« La proportion des conducteurs qui utilisent leur téléphone au volant n’a pas cessé d’augmenter en 2021. Et ce, malgré une diminution sensible de la conduite pendant la crise sanitaire », constate Marie-Pierre Bruyas, chercheuse à l’université Gustave Eiffel. Ainsi, un peu plus de la moitié des conducteurs utilisaient toujours leur téléphone en conduisant en 2021. Le taux s’élevait à 43 % en 2017, à 46 % en 2018, et à 49 % en 2019. Un usage lié à l’âge puisque 64 % des moins de 45 ans ont déclaré utiliser leur téléphone au volant. Et cet usage s’intensifie avec les kilomètres parcourus (57 % de ceux qui font plus de 15 000 km par an).

Si ces tendances touchaient particulièrement les professionnels en 2019, cela a été moins le cas en 2021. Et le téléphone n’est pas le seul écran utilisé à bord des véhicules. En effet, 82 % des sondés ont déclaré utiliser un écran pendant la conduite, GPS, téléphone, écran professionnel ou d’une tablette.

Des fonctionnalités multiples utilisées au volant

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(c) Ifsttar / Fondation Maif

Plus généralement, en 2021, 47 % des conducteurs ont utilisé leur téléphone pour converser, contre 43 % en 2019. De même, 38 % des conducteurs ont reçu des messages au volant (36 % en 2019). Et 32 % ont envoyé des messages écrits comme les SMS et les e-mails (28 % en 2019). Les chercheurs pointent d’ailleurs que l’envoi et la réception des messages dépendent de l’âge. Ils concernent surtout les moins de 45 ans, dont plus de la moitié des conducteurs de 25-34 ans.

De plus, près d’un quart des conducteurs ont reçu des messages complexes. Il s’agit de messages accompagnés de photos et/ou vidéos ou échangés avec plusieurs interlocuteurs en même temps. En revanche, le nombre de conducteurs surfant sur internet, prenant des photos ou jouant en conduisant semble s’être stabilisé, voire a diminué. Mais ces pratiques perturbatrices pour la conduite restent très minoritaires. En effet, seuls 15 % des sondés disent être allés sur internet au volant. Les plus concernés : les moins de 45 ans et ceux qui parcourent plus de 15 000 km par an.

Le kit mains libres intégré pour un usage plus sûr

« Si ceux qui utilisent les fonctionnalités les plus complexes de leur téléphone s’avèrent encore plus nombreux, une meilleure connaissance de leur téléphone leur en permet parfois un usage un peu moins dangereux, grâce aux fonctionnalités mains-libres » constate Marie-Pierre Bruyas. L’enquête révèle en effet une certaine prise de conscience du risque de la part des conducteurs interrogés. Ceux qui ne téléphonent pas au volant considèrent que ce risque est très élevé et identique quel que soit l’usage du téléphone. Pour ceux qui téléphonent au volant, manipuler son téléphone est plus risqué que maintenir une conversation. 

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(c) Ifsttar / Fondation Maif


En outre, les trois quarts des conducteurs ont déclaré employer au moins occasionnellement un kit mains libres (KML) intégré, mieux conçu pour s’utiliser au volant. Plus de la moitié d’entre eux l’ont fait de façon systématique. Les moins de 25 ans ont été moins nombreux en 2021 à utiliser un KML intégré (seul un tiers de façon systématique) et lui ont préféré un KML nomade. Ce sont les plus âgés et ceux qui roulent le plus qui ont le plus utilisé un KML intégré.

Concernant les messages écrits, ils sont encore majoritairement lus, mais le nombre de conducteurs qui les écoutent a beaucoup augmenté en 2021 (41 % contre 26 %). Idem pour ceux qui les dictent (42 % en 2021 contre 32 % en 2019). Les chercheurs notent aussi la hausse de l’usage des commandes vocales par les conducteurs.

Le téléphone plutôt que le GPS

Selon le baromètre 2021, le téléphone sert de plus en plus aux conducteurs pour se guider. Ils sont de moins en moins nombreux à utiliser un GPS nomade ou intégré : de 75 % en 2018, ils sont passés à 51 % en 2021. Ainsi, le téléphone est davantage utilisé pour la navigation. Les chercheurs constatent que l’utilisation du GPS intégré dépend fortement de la distance parcourue, liée au taux d’équipement des véhicules. Et les plus jeunes, moins bien équipés, se servent quant à eux du GPS nomade.

Une législation plus restrictive plutôt bien acceptée

L’âge et les kilomètres parcourus ne sont pas les seuls éléments qui déterminent l’usage du téléphone au volant. L’enquête pointe aussi l’addiction au téléphone, le goût pour les technologies, l’aisance avec laquelle les personnes manipulent leur téléphone ou l’utilité qu’elles lui confèrent. Ceux qui n’utilisent pas leur téléphone au volant se distinguent en se déclarant plus respectueux du code de la route et plus réceptifs aux campagnes de sécurité routière sur les dangers du téléphone au volant. Ils trouvent inutile et compliqué son usage au volant et ne se sentent pas autant pressés par leur entourage pour l’utiliser.

Enfin, le baromètre révèle que l’interdiction du téléphone tenu à la main depuis mai 2020 semble finalement plutôt bien acceptée, même par ceux qui l’utilisent en conduisant. Sans approuver tout de même une interdiction totale du téléphone au volant.



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