Thierry Koskas, Directeur du programme Véhicule Electrique de Renault

Directeur du programme Véhicule électrique de Renault, Thierry Koskas est le « Monsieur Véhicule électrique » de Renault. Une vaste responsabilité puisque sa mission est autant de concevoir et de mettre sur le marché les véhicules électriques de la marque que d’établir des partenariats avec des États ou des opérateurs afin de développer les infrastructures et les incitations favorisant le recours à des véhicules électriques.

- Magazine N°150
501
Thierry Koskas, Directeur du programme Véhicule Electrique de Renault

28 accords de partenariat signés en un an, est-ce satisfaisant et quel est le contrat qui traduit le mieux cette démarche ?

28 accords, c’est un bon résultat à deux ans de la commercialisation des véhicules. C’est aussi beaucoup de partenariats qu’il faudra gérer quand le marché du véhicule électrique va s’ouvrir. Je préfère plusieurs partenariats solides plutôt que de papillonner avec des multiples accords. Pour parvenir à créer les conditions permettant de mettre en circulation des véhicules électriques, ce genre de partenariats est impératif. Car chacun de ces accords comporte quatre volets : la politique d’incitation, le programme d’infrastructures, le programme d’information du public et un volet d’échange technique.

Notre partenariat engagé avec Better Place en Israël est le plus avancé tout comme celui de Nissan au Japon. Ce partenariat avec Better Place est l’une des solutions, c’est notre partenaire en Israël mais on discute avec lui dans d’autres pays. Nous pouvons cependant envisager des accords avec d’autres opérateurs. Nous avons aussi signé avec EDF et avec 20 États. A ce titre, avec Singapour, nous avons l’exemple type d’un accord adapté pour un État. Enfin, notre démarche n’est pas exclusive ; d’autres constructeurs peuvent également s’ouvrir à ces partenariats. Nous avons un atout pour rester en tête car nous aurons une offre compétitive, mais nous ne serons pas seuls sur ce marché.

Où en êtes-vous sur le plan de la normalisation et du développement des infrastructures ?

La standardisation est en marche et elle existera au niveau européen d’ici 2011. Il s’agit de répondre à une demande pour deux types de charge des véhicules, l’une rapide d’environ 30 minutes, l’autre plus longue de l’ordre de quelques heures. Dans ce domaine, la France a adopté un système monophasé alors que l’Allemagne a recours à une distribution triphasée mais, au bout du compte, nous disposerons d’une même prise et les véhicules seront capables d’absorber du mono ou du triphasé. Nous aurons une même norme en France, en Allemagne. En termes d’infrastructures, la station d’échange de batteries reste une originalité liée à l’alliance Renault Nissan et à Better Place. Elle permet un échange de batteries en moins de trois minutes ; c’est un élément concurrentiel important de notre stratégie et c’est un atout pour parcourir de longue distance en véhicule électrique. Car ce type de stations pourra être ouvert par un opérateur mais il pourra aussi être géré sur le plan privé par des grands parcs tels les taxis. Il s’agit d’un développement conjoint mais il pourrait y avoir des stations qui ne soient pas Better Place.

Quel est le planning que se fixe Renault pour le développement de ses véhicules électriques ?

Durant 2010 aura lieu la mise en place de bornes de recharge et de stations d’échange de batteries. D’ici l’été, on en saura plus sur la façon dont cela va se passer. Début 2011, nous lancerons le Kangoo Be Bop en version électrique ainsi qu’une version électrique de la Mégane modifiée en version tricorps. Début 2012, c’est un véhicule électrique plus urbain du format de la Renault Clio qui sera lancé mais il n’aura pas d’équivalent en version thermique. Le marché va monter en puissance de façon progressive, mais en 2015/2016, nous serons déjà au trois quart de notre vitesse de croisière. Nous espérons que les ventes de véhicules électriques représenteront 10 % du marché en 2015 et 20 % dès 2020. Naturellement, si l’autonomie de 150 km des batteries passe à 300 km comme c’est prévu d’ici 2020, il y aura alors une accélération des ventes.

PARTAGER SUR