TK Elevator vise le zéro carbone pour ses moyens de transport

L’ascensoriste d’origine allemande TK Elevator a déployé une stratégie monde pour parvenir au zéro carbone en 2050. Ce qui implique une décarbonation de ses moyens de transport.
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TK Elevator zéro carbone transport
© TK Elevator

La filiale française de l’allemand TK Elevator propose une série de mesures pour dépolluer ses moyens de transport et atteindre les objectifs zéro carbone du groupe à horizon 2050. L’entreprise, qui emploie 2 000 salariés et dispose de 1 800 véhicules dont 200 voitures de fonction, a donc lancé une batterie d’initiatives. Verdissement de la flotte, développement de la mobilité douce de type vélo, télétravail : leur déploiement suit son cours. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Anne Caron, la directrice qualité en charge de la responsabilité sociétale (RSE) de TK Elevator en France.

Flottes Automobiles : Les moyens de transport pèsent-ils lourd dans la balance des émissions carbonées de TK Elevator en France ?

Anne Caron © TK Elevator

Anne Caron : Notre groupe travaille dans une branche de l’économie utilisant de nombreux véhicules : 1 800 pour 2 000 salariés en France. Ce transport représente la moitié de nos émissions de CO2. Dans ce cadre, nous avons mis en place une série de mesures pour développer un transport doux et moins carboné. En effet, notre entreprise en France s’inscrit dans une stratégie environnementale monde dont l’ambition est de ne plus émettre de gaz à effet de serre en 2050.

Parallèlement à ces questions environnementales, cette mobilité décarbonée contribue aussi au développement de notre marque employeur. C’est important de proposer à ses futurs salariés des moyens de transport différenciants. Lorsque nous contactons un candidat via notre cellule de recrutement centralisé, nous l’informons de ce package et de notre politique RSE. Et cela met en avant notre qualité de vie au travail (QVT).

Cette QVT repose sur la mobilité douce qui permet des déplacements plus sûrs. De plus, nous proposons des véhicules à la plupart des salariés. Il peut s’agir de voitures de société ou de fonction. Avec la possibilité de les « upgrader », moyennant participation, pour correspondre aux besoins des futurs collaborateurs.

Quelles mesures prenez-vous pour développer la mobilité douce en interne ?

Nous avons développé une série de « challenges » pour « pousser » nos collaborateurs à emprunter des transports à zéro émission carbone. Le premier d’entre eux s’appelle « Au boulot à vélo ». Il consiste à inciter nos salariés à venir sur leur lieu de travail en deux-roues, pas en voiture. Nous utilisons, pour ce faire, l’application Uwinbike qui mesure la distance totale parcourue à vélo et le nombre de trajets entre le domicile et le bureau.

Ce concours a duré six semaines et donnait aussi la possibilité de gagner des bons d’achat de l’ordre de 50 euros. Il a surtout permis d’économiser plus de 1 tonne de CO2. L’un de nos collaborateurs en a même profité pour sillonner, pendant ce mois et demi, 3 000 km à vélo. D’autres ont réalisé plus de cinquante trajets. Cela a aussi généré des gains de carburant.

Où en êtes-vous de ces « challenges » ?

Notre deuxième concours a débuté en mai 2022. Son but : sensibiliser nos 1 800 conducteurs à l’impact de leur comportement au volant sur leur consommation d’énergie, grâce à l’éco-conduite. De plus, nos collaborateurs réalisent 40 millions de kilomètres par an. Et donc, économiser 0,1 l/100 km peut rapporter gros. Pour ce faire, nous avons monté un concours qui classe les équipes selon le nombre de litres d’essence économisés.

Nous avons aussi impliqué les managers de terrain en leur préparant une communication spécifique pour les convaincre du bienfait de la conduite douce. Cette campagne de « com’ » a consisté à leur proposer des questionnaires, à choix multiples, sur les bonnes pratiques pour consommer moins en partant en vacances par exemple, ou encore sur l’importance de la bonne pression des pneus pour rouler de façon moins énergivore. En effet, pour que cette campagne ait de l’impact, il est important d’associer les managers et l’ensemble des salariés.

Outre les défis autour des mobilités douces, quelles autres mesures avez-vous déployées pour atteindre, à terme, le zéro carbone ?

Nous avons optimisé les tournées de nos techniciens via une application. Cette dernière leur propose le parcours le plus court en fonction des visites à faire et de leurs domiciles. Enfin, nous avons développé une « charte du télétravail » qui permet à nos salariés de bénéficier de deux jours de « home office » par semaine. C’est aussi l’occasion de moins se déplacer.

Quelles sont les autres solutions de décarbonation des transports étudiées actuellement par TK Elevator en France ?

Une piste à laquelle nous réfléchissons est une solution de scooters électriques à destination de nos techniciens. Nous analysons aussi la faisabilité de proposer des vélos à nos collaborateurs. Nous devrions alors chercher des volontaires pour en faire les premiers ambassadeurs.

Un projet monde se met aussi en place dans notre groupe. Il s’agit de faire venir, par transporteur, les pièces de rechange dont ont besoin nos techniciens au plus près de leur domicile ou de leur chantier. Cela permet de diminuer nos empreintes carbone, la durée des pannes et donc d’améliorer notre service aux clients. Il est aujourd’hui opérationnel en Espagne. Notre objectif sera de distribuer 50 % de nos pièces détachées destinées à nos techniciens dans toute la France via des relais colis d’ici la fin de l’année.

Enfin, d’ici 2023, nous souhaitons officialiser le forfait mobilités durables (FMD). Notre projet en cours consiste à inciter les employés à utiliser la mobilité douce (covoiturage, métro, vélo, etc.) en les récompensant.

Quels conseils pourriez-vous donner à un gestionnaire souhaitant, comme vous, décarboner sa flotte ?

Je lui conseille de mettre sur pied une équipe projet dédiée où se réuniront le gestionnaire de flotte, qui pourra piloter ce groupe, la direction et les principaux managers. Cela permet de faire remonter les besoins, de déterminer les points de blocage sur un projet donné et de constituer les premières équipes de volontaires qui constitueront autant d’ambassadeurs du projet. Nous organisons ainsi une réunion par mois avec notre comité de direction.

Cette équipe projet propose des initiatives en relation avec la stratégie de notre entreprise et en fonction des attentes de nos collaborateurs. Nous avons une approche client avec eux. L’idée est de comprendre leurs besoins, de créer un état des lieux pour développer un plan de mobilité le plus décarboné possible. Cela nécessite beaucoup de communication et de pédagogie. En effet, il ne faut pas imposer mais faire prendre conscience de l’importance des mobilités douces.