Toulouse Métropole : la ville rose passe au vert

Toulouse Métropole : la ville rose passe au vert

Introduction de véhicules électriques dans le parc, expérimentation de modèles hybrides, installation de bornes de recharge ou mise en place d’un service d’auto-partage en partie électrique : Toulouse Métropole progresse depuis plusieurs années sur la route de la mobilité durable. En multipliant les initiatives, la ville rose entend bien virer au vert.

- Magazine N°195
2109
Toulouse Métropole : la ville rose passe au vert

Sur la photo : Une Zoé de la flotte de Toulouse Métropole vient se recharger à la station Jean Jaurès, à l’une des quatre bornes récemment mises en place dans le cadre du service d’auto-partage public Citiz.

Dans son plan Climat Énergie Territorial élaboré en 2010 et lancé en mai 2012, Toulouse Métropole s’est engagé à réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre du territoire grâce à vingt actions phares. Une des pistes pour atteindre cet objectif : la valorisation et le développement des mobilités durables.

Pour ce faire, Toulouse Métropole a commencé à intégrer des véhicules électriques au fil des renouvellements. « Les premiers modèles ont rejoint la flotte il y une dizaine d’années déjà. À l’heure actuelle, nous avons environ 280 VP et engins électriques. À hauteur de 30 à 50 renouvellements par an, l’électrique devrait devenir rapidement majoritaire », explique Bernard Marquié, adjoint au maire de la ville.

Un bénéfice économique et écologique

L’adoption de ces véhicules à énergie alternative se fait en cohérence avec le budget alloué à la flotte : « Le prix reste le critère prédominant lors des renouvellements, note Bernard Marquié. Nous portons aussi une attention particulière aux équipements de sécurité et à la performance en termes d’agrément de conduite. Au final, ces deux critères pèsent autant dans la balance que les niveaux de consommation de carburant et d’émissions de CO2. Il faut arriver à trouver le juste équilibre entre bénéfice économique et écologique. »

Quant aux modèles thermiques, la métropole procède à des achats raisonnés, tant sous l’angle économique qu’écologique. À noter que sur ces véhicules, les équipements choisis doivent toujours apporter des services supplémentaires ou des améliorations notables. La métropole de Toulouse s’attache aussi à remplacer ses engins de la propreté par des modèles plus vertueux.

En 2012, le parc recensait dans son ensemble 116 engins électriques en circulation, contre 76 en 2010, soit une croissance de 33 % en deux ans. Et si ces véhicules, achat de batterie inclus, sont environ 15 % plus chers à l’acquisition que leurs homologues thermiques, Toulouse Métropole a le souci de montrer le bon exemple en matière de mobilité durable. « Dès lors que le modèle existe sur le marché, nos troquons nos véhicules thermiques contre des électriques, reprend Bernard Marquié. Une ligne de conduite que nous nous devons de respecter, alors que nous avons défini depuis quelques années une charte de livraison en centre-ville. Tandis que les thermiques font l’objet de restrictions de circulation sur certaines plages horaires, les véhicules électriques peuvent emprunter les routes du centre-ville à n’importe quel moment de la journée. »

Une mise au vert pour toutes les catégories

Pour accompagner la mise en œuvre de cette charte de livraison, Toulouse propose une aide à l’achat ou à la location d’utilitaires électriques. D’une durée minimale de 3 ans, celle-ci est plafonnée à 20 % TTC du coût global ou de la location de 3 000 euros. Quatre demandes sont en cours pour financer six véhicules électriques. Grâce notamment à cette subvention, la métropole ambitionne une réduction de 10 % des émissions de CO2 sur le transport de marchandises à l’horizon 2020.

À noter que les utilisateurs de modèles électriques peuvent venir se brancher sur trois stations de recharge rapide accessibles au public ; d’autres implantations sont prévues dans les prochains mois. Et dans l’appel à projet Ville de Demain, une étude d’opportunité et de faisabilité va être lancée en 2014 afin de définir la stratégie de déploiement.

Toulouse expérimente aussi depuis plusieurs années les hybrides. Si le parc ne compte que deux modèles, cette motorisation devrait gagner au fil des années avec les vagues de renouvellements. « Mais encore faut-il qu’il y ait une réelle volonté politique », souligne Bernard Marquié.

Autre piste suivie : la rationalisation de la flotte qui a débuté depuis 2012, comme le rappelle Jean Capdeville à la direction stratégique des mobilités à Toulouse Métropole : « Nous avons entamé une logique de mutualisation afin de réduire la taille de notre flotte et les coûts générés. Désormais, à chaque renouvellement, nous vérifions s’il est absolument nécessaire que le véhicule soit racheté. »

Rationaliser la flotte en la mutualisant

Un achat sera ainsi valable pour un collaborateur affecté à une mission spécifique qui nécessite impérativement un véhicule. « Sinon, le collaborateur est invité à faire appel au pool qui compte une centaine de modèles répartis sur sept sites », complète Jean Capdeville.

Ce pool a aussi offert l’occasion idéale d’introduire trois Zoé et de faire découvrir la conduite zéro émission au plus grand nombre de collaborateurs. Par ailleurs, en complément de ce service d’auto-partage, les 4 000 collaborateurs peuvent employer le service d’auto-partage public de Toulouse.

Résultat de ce travail mêlant rationalisation et mutualisation : rien qu’au siège de la ville, la moitié de la flotte, soit une trentaine de véhicules, n’a pas été renouvelée. Un processus qui a cependant dû être mené avec pédagogie : « Cette rationalisation a pu parfois être vécue comme une remise en cause des acquis », note Bernard Marquié.

Pour limiter le plus possible les déplacements en véhicule des collaborateurs, la métropole s’attache aussi à encourager le recours à des modes alternatifs de transport. Pour ce faire, elle va au-delà de la loi qui exige le remboursement à 50 % des abonnements aux services de transport en commun. « Nous assurons la gratuité totale. Depuis l’adoption de cette mesure, nous avons constaté une augmentation de 24 % des utilisateurs des services de Tisséo, marque commerciale du réseau de transports en commun de la ville et de sa région », avance Bernard Marquié.

Aujourd’hui, environ 70 % des 4 000 collaborateurs de la métropole utilisent les transports en commun, aussi bien pour les trajets internes que les parcours domicile-travail.

Parallèlement, les employés peuvent bénéficier de cartes d’abonnement mutualisées pour leurs déplacements ponctuels en transports en commun ; ils disposent aussi de la centrale de réservation de Tisséo pour programmer un voyage en covoiturage. « Pour l’heure, une soixantaine d’utilisateurs ont été identifiés. Il s’agit d’un axe sur lequel nous devons travailler pour développer ce mode de transport », poursuit le responsable.

Des trajets et des transports repensés

Enfin, en complément, l’abonnement au service VélôToulouse est offert aux collaborateurs. En 2012, 227 cartes non nominatives ont été allouées aux services pour leurs trajets professionnels. Dans le cadre du plan de déplacements administration (PDA), l’abonnement annuel personnel des agents est également pris en charge par la collectivité.

La métropole travaille aussi en partenariat avec Tisséo sur ce PDA afin d’établir la typologie des trajets des habitants : grâce à une enquête et à la géolocalisation des trajets, les deux acteurs aspirent à améliorer les offres de mobilité et à proposer une approche individualisée pour les collaborateurs.

Ces initiatives portent leurs fruits : Toulouse Métropole a été distinguée par l’Avere lors de la quatrième édition des trophées des villes électromobiles 2013, pour son engagement en matière de mobilité durable.

Toulouse Métropole : la ville rose passe au vert

PARTAGER SUR