Transition énergétique : l’IDF doit agir sur les bâtiments et les transports

Le 21 novembre, la Fondation Nature Environnement (FNE) Île-de-France a organisé une journée de rencontres consacrée à la transition énergétique sur le territoire francilien. Bilan : la région doit renforcer ses actions pour respecter ses engagements, en agissant notamment sur les transports.

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© FNE IDF

Lors de cette journée, Aurélie Vieillefosse, directrice adjointe de la direction régionale et interdépartementale de l’Environnement et de l’Énergie (DRIEE) pour l’Île-de-France, a d’abord fait le point sur les engagements pris par la région.

La stratégie régionale air-énergie-climat (SRCAE) vise à réduire de 20 % de la consommation énergétique et de 28 % des émissions de GES entre 2005 et 2020, et porter à 11 % la part d’énergies renouvelables ou de récupération produites en Île-de-France. Des objectifs qui ont été encore renforcés pour 2030.

En effet, « l’Île-de-France est une région très dépendante des énergies fossiles, a rappelé Catherine Lescure, déléguée régionale pour le groupe EDF en Île-de-France. 62 % de l’énergie provient ainsi du gaz, du pétrole ou du charbon et 30 % de l’électricité. Cette dernière est plutôt décarbonée puisque la France émet environ 20 g de CO2 par kWh contre 275 g pour la moyenne européenne. » En comparaison, la part des énergies renouvelables locales reste très modeste, à 7,4 %.

Les transports en ligne de mire

D’après cette déléguée, ce sont les collectivités qui vont faire bouger les choses, à condition d’avoir une volonté forte d’aller vers la neutralité carbone. « Ce sont essentiellement le résidentiel, le tertiaire et les transports qui sont les plus gros consommateurs d’énergie en Île-de-France, a-t-elle rappelé. Plus que sur l’industrie, ce sont donc sur les bâtiments et les transports que nous allons pouvoir agir. »

Et il faut le faire vite : si la région respecte ses trajectoires de réduction des émissions de gaz à effet de serre (à – 23,8 % en 2014 par rapport à 2005, principalement grâce à la fermeture de ses grosses centrales à charbon) et de consommation d’énergie (- 12 %), « il est vraisemblable que l’objectif de déploiement des énergies renouvelables ne sera pas atteint », a averti Aurélie Vieillefosse.

En outre, selon elle, il n’est pas évident pour la DRIEE de soutenir un discours différenciant les zones denses des zones rurales bien qu’elles n’aient pas les mêmes besoins, du fait du discours national. Côté transport, « nous ne sommes pas convaincus qu’il faille développer les véhicules électriques en zone rurale et le diesel pourrait y être acceptable », a-t-elle révélé.

Ne pas oublier la biodiversité

L’écologue Marc Barra, de l’agence régionale de la biodiversité francilienne, a aussi rappelé l’importance de ne pas oublier la protection de la biodiversité dans la transition énergétique. Pourtant, ces dernières peuvent aller de pair et même réduire les coûts. En réduisant la température ambiante, la végétalisation des sols sous les panneaux solaires améliorerait ainsi leur rendement d’environ 5 %, tandis qu’en ville elle peut contribuer à réduire la consommation d’énergie en été.

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