Transpolis : une ville-laboratoire pour tester les véhicules autonomes en France

Le 7 août dernier a commencé la construction du site d’essai Transpolis qui servira à tester et valider véhicules, infrastructures et équipements autonomes et connectés en conditions réelles.

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Transpolis carrefour intelligent
Carrefour intelligent (c) Transpolis

Avant de voir les véhicules autonomes circuler dans des villes intelligentes, il est indispensable de s’assurer de la sécurité des systèmes. Or, pour tester ces technologies, il est nécessaire de disposer d’un environnement réaliste simulant les multiples interactions existant entre véhicules, infrastructures, équipements et bien sûr personnes physiques.

C’est ainsi qu’est né le projet Transpolis, qui a pris forme en 2011 sous forme de SAS après avoir été incubé au sein du pôle de compétitivité LUTB. Il était alors porté par 7 actionnaires : Renault Trucks, Colas, Aixam, Vibratec, Eve System, Adetel et l’Ifsttar.

Son objectif : aménager un lieu collaboratif pour expérimenter et valider des solutions de mobilité urbaine et des systèmes de transports intelligents (ITS). Le concept existe aujourd’hui aux États-Unis et en Asie, mais n’avait pas encore été concrétisé en Europe.

Un site de 80 ha en périphérie de Lyon

« Nous louons pour 50 ans un ancien site militaire situé dans l’Ain, a expliqué Stéphane Barbier, directeur du développement de Transpolis SAS, où nous investissons 18 millions d’euros. » Le futur site de test, dont l’inauguration est prévue pour juin 2018, couvrira 80 ha. Il reproduira un environnement urbain équipé de technologies connectées, y compris des voies d’autoroute et de périphérique. De plus, 30 ha seront consacrés à la recréation d’une mini-ville façon studio de cinéma, où pourront être testés différents scénarios. C’est cette partie qui doit différencier Transpolis du centre d’essai pour véhicule autonome de l’UTAC Ceram, lui aussi prévu pour 2018.

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  • Vue aérienne de l’ancien site militaire des Formentaux (Ain). (c) Transpolis
  • Vue générale de la partie ville (c) Transpolis / LUTB
  • Rond-point reconfigurable (c) Transpolis
  • Station service de ville (c) Transpolis
  • Zone de livraison reconfigurable (c) Transpolis
  • Carrefour intelligent (c) Transpolis

Selon Transpolis, les premiers travaux porteront sur « le véhicule autonome, mais également sur le développement de stations de recharge multi-énergies, ainsi que sur la gestion dynamique des parkings, des flux urbains et de la congestion, le tracking de marchandises en ville, la gestion de la collecte des déchets, les infrastructures intelligentes, l’éclairage urbain et la communication M2M, VtoX, VtoI. » En attendant, un site à petite échelle existe déjà à côté de l’aéroport Lyon Saint Exupéry, où Renault Trucks et Navya ont réalisé des tests, et qui sera déménagé en juin.

Séduire des clients à l’international

Outre l’aspect collaboratif, le projet a aussi un but lucratif et Transpolis compte séduire des clients français et européens, mais aussi internationaux. « Nos utilisateurs seront issus à 70-80 % du secteur automobile et à 20-30 % du monde des infrastructures. Nous proposerons la location à la journée de zones équipées d’infrastructures intelligentes ou bien un package pour les projets avec un coût à déterminer », précise Stéphane Barbier.

Il garantit que les actionnaires, aujourd’hui au nombre de 13, ne seront pas privilégiés lors du choix des solutions proposées aux clients. L’un des défis majeurs sera d’ailleurs d’assurer l’interopérabilité des technologies déployées sur le site : l’occasion de travailler sur leur standardisation.

Pour la fédération française de carrosserie (FFC), organisatrice du salon Solutrans et nouvel actionnaire de Transpolis, la ville-laboratoire représente aussi un terrain d‘éducation pour la filière du transport. « Le véhicule autonome et connecté est une vraie révolution, a déclaré Patrick Cholton, président de la FFC. Il est difficile aujourd’hui de trouver les compétences et il faut former les acteurs aux tests qui leur sont utiles. »