Les transporteurs de FLO veulent passer au biogaz

Conformément aux attentes de l'Europe, les transporteurs du groupement FLO veulent passer au biogaz pour s’émanciper des fluctuations du prix du GNV.
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transporteurs FLO biogaz
Ouverte aux camions, aux VL et aux tracteurs, la station GNLC de Picq et Charbonnier reflète l’indépendance énergétique voulue par la CE.

Les transporteurs du groupement FLO vont se mettre au biogaz, conformément aux attentes de la Commission Européenne (voir ci-dessous). Lors de la réunion du groupement FLO à la SITL 2022, Christophe Charbonnier, dirigeant des transports Picq et Charbonnier, a en effet exposé « une logique entrepreneuriale à ne plus consommer que du biogaz ».

Entre 2015 et 2022, Picq et Charbonnier s’est déjà équipé de trois stations de GNV. Ces stations alimentent 65 de ses 130 poids lourds en BioGNC et en GNL. Picq et Charbonnier va donc créer, avec l’agriculteur méthaniseur Christophe Rousseau, l’usine de liquéfaction Bourgogne BioGNL pour 2024. « J’alimenterai alors en bioGNL mes stations GNLC d’Auxerre et d’Avallon, mais aussi toutes les stations Gaz’Up et d’autres transporteurs FLO situées entre Paris, Lyon et Strasbourg », assure Christophe Charbonnier.

Les transporteurs FLO du GNV au biogaz

Transporteurs FLO
« Les transporteurs doivent être acteurs de leur transition énergétique », recommande Christophe Charbonnier.

En 2023, ce transporteur collectera les déchets et les effluents des exploitations agricoles. Il relivrera le digestat résultant de la production du bioGNC pour abonder les champs. Et il aura d’ici là acquis sept à huit camions citernes cryogéniques pour distribuer le bioGNL.

Christophe Charbonnier aura ainsi gagné « une indépendance énergétique en maîtrisant notre coût de production de biogaz, la chaîne de consommation et notre prix de vente. »

Des prix de transport tout compris

Le groupe Houtch entreprend une démarche analogue. Il dispose ainsi de trois stations GNV proposant 20 % de bioGNC. Une station de GNL est actuellement en construction. Et 50 de ses 150 poids lourds roulent au gaz. « Nous allons mettre à disposition de la commune un terrain. Un méthaniseur y sera construit et raccordé au réseau d’Engie », explique Thibaut Bacquet, responsable QSE de Houtch. « La production couvrira les besoins de nos 150 poids lourds. Nous maîtriserons ainsi le carburant et la livraison des marchandises. Nous pourrons donc fixer pour nos clients un prix tout compris sur plusieurs années. Cela nous assurera leur clientèle », se félicite Alain Houtch, co-dirigeant du groupe.

Le groupe Houtch n’exclut pas de pratiquer un mix énergétique. « Soit le GNC pour le transport régional, le GNL ou le B100 pour la longue distance. Et l’électrique pour les livraisons urbaines, ajoute Thibaut Bacquet. Le gazole, chez nous, est en voie de disparition. »

Des méthaniseurs pour sortir de la dépendance russe

Le 8 mars 2022, la Communauté européenne a inscrit dans son programme REPowerEU un nouvel objectif : construire 5 000 méthaniseurs pour sortir de la dépendance russe. Le but : transformer en méthane 100 % du lisier, 50 % du fumier solide et des résidus agricoles, 7 % des déchets alimentaires et 20 % des eaux usées et des ensilages de cultures produits en Europe.

En France, la production de méthane devrait atteindre 40 TWh/an en 2030, soit 20 % de la consommation française, pour dépasser la part du gaz russe importé en 2021. Les 365 méthaniseurs français ont produit 4,4 TWh en 2021 sur leur potentiel de 6,4 TWh annuels. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) envisagerait ainsi 1 330 méthaniseurs supplémentaires raccordés au réseau de distribution. Ces méthaniseurs fourniraient la production annuelle de 34 TWh qui compléterait les 40 TWh dont l’Hexagone a besoin.

Houtch GNV
Avec un méthaniseur connecté au réseau sur son site en 2023, Transports Houtch alimentera ses 150 poids lourds au bioGNV et décidera du prix de son carburant.
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