Deux et trois-roues : le véhicule alternatif

Coincé dans les embouteillages, on a le temps de calculer le nombre d’heures qui pourraient être gagnées avec un deux-roues. Qu’il s’agisse de trajets domicile-travail, de tournées de clientèle, de livraisons ou même d’un usage sur site, les deux ou trois-roues offrent une efficacité incomparable. Tour d’horizon avec les dernières nouveautés à l’essai.

- Magazine N°219
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Deux et trois-roues : le véhicule alternatif

Tous les tarifs s’entendent TTC.

En 2015, le marché français est resté stable avec environ 150 000 immatriculations de deux et trois-roues de plus de 50 cm3. Toutes catégories confondues, le leader reste le Piaggio MP3 (en version 500 cm3), concept qui va fêter ses dix ans cette année. Il est talonné par le très réussi scooter GT Honda Forza 125 avec plus de 5 600 unités pour 2015. Le véloce Yamaha TMax 530 complète le podium des ventes en France, ce qui relègue la première moto à la quatrième place du classement.

Carton plein donc pour les scooters, dans des styles très différents mais tous à des niveaux de gamme élevés : à partir de 4 599 euros pour le Forza, et jusqu’à 10 999 euros pour le Yamaha Tmax alors que le MP3 500 s’affiche à 9 899 euros.

Scooters de moins de 50 cm3 : pour le travail ou l’agrément

Peugeot Tweet Evo Pro 50Dans la catégorie des scooters de moins de 50 cm3, à conduire sans permis et limités à 45 km/h, on trouve dorénavant de plus en plus de moteurs 4-temps silencieux et propres. Parmi les dernières nouveautés chez Peugeot, le Tweet 50cc 4T Pro qui, comme son nom l’indique, se destine à la clientèle professionnelle, avec un solide porte-bagages capable d’emmener 30 kg de marchandises. Un modèle commercialisé 1 899 euros, avec un équipement comprenant deux béquilles (latérale et centrale), un tableau de bord digital et deux freins à disque.

Plus rustique, la Bye Bike du constructeur espagnol Rieju se veut une réinterprétation des cyclomoteurs d’il y a quelques décennies. Un engin rustique et léger, à partir de 1 419 euros. Enfin, il existe de nombreuses déclinaisons 50 cm3 de modèles 125 au look et au gabarit flatteurs. Chez Vespa par exemple, avec la Sprint Sport au tarif… proche d’une 125.

Scooters de moins de 125 cm3 : les scooters best-sellers

Honda Forza 125Les scooters 125 (plus précisément tout juste sous la barre des 125 cm3) restent des best-sellers. Ils sont accessibles avec un permis B assorti de l’obligatoire formation de sept heures pour les néophytes (sans examen). Celle-ci se fait en une seule journée avec deux heures de formation théorique, puis deux heures d’exercices en dehors de la circulation, suivies de trois heures sur route ouverte. Comptez 200 à 300 euros en auto-école, une somme majorée par l’équipement complet obligatoire : casque et paire de gants homologués, blouson, pantalon long et chaussures fermées.

Les scooters 125 offrent une polyvalence suffisante pour aborder voies rapides et portions d’autoroute, tout en restant abordables financièrement et pour les débutants. Parmi eux, la star du segment, le duo Yamaha X-Max et MBK Evolis (4 799 euros en version ABS), est désormais dépassée dans les ventes par le Honda Forza 125. Des scooters classés dans la catégorie dite GT, définie par un gabarit valorisant, de bonnes qualités routières, un équipement généreux et une motorisation performante.

Le monocylindre très doux à l’usage du Honda se dote du stop & start et se montre particulièrement sobre, alors qu’il aligne une puissance généreuse de 15 ch, aux limites supérieures homologuées. Il représente une synthèse des qualités des modèles existants, avec un design flatteur, de bonnes performances (110 km/h), un équipement complet et une conception aboutie. Des qualités qui font oublier un tarif haut de gamme de 4 599 euros. Mais les 125, ce sont aussi des scooters plus abordables, à commencer par les modèles à grandes roues dont la stabilité et la facilité de conduite sont appréciées, à l’image du Piaggio Liberty (voir l’essai).

On trouve aussi des modèles d’entrée de gamme, souvent fabriqués dans des pays émergents mais avec la qualité garantie par les grandes marques, comme les Honda PCX, Yamaha Majesty S ou Nmax (sous les 3 000 euros pour ce dernier). C’est dans cette cour que vient jouer le tout nouveau Piaggio Medley, un peu plus cossu et cher que le petit Liberty, mais construit sur une base technique identique (3 290 euros). Les constructeurs taïwanais offrent aussi des options sûres et au bon rapport qualité/prix, comme Sym avec son mignon petit scooter Fiddle III S à 1 949 euros. Enfin, dans le sillage de Piaggio avec sa marque Vespa, certains s’essaient au style néo-rétro, comme Peugeot avec son Django personnalisable à volonté.

Maxi-scooters : un large choix de modèles

Yamaha TmaxAu-delà de la limite des 125, les scooters deux-roues classiques requièrent un permis A, A2 pour les moins de 24 ans avec puissance limitée pendant deux ans (47 ch), ou encore A automatique. De quoi accéder à des modèles plus polyvalents, très à l’aise sur autoroute, adaptés à de longs trajets périurbains.

La star depuis des années demeure le Yamaha Tmax (10 999 euros), très apprécié pour ses excellentes qualités dynamiques qui autorisent une conduite sportive. Plus raisonnable, son petit frère le Xmax 400 est fabriqué en France. Vendu 6 599 euros, il est moins performant mais offre des prestations pratiques mieux adaptées à un usage quotidien.

Chez Honda, le Forza 300 constitue une valeur sûre pour l’agrément et la facilité de conduite (5 099 euros en tarif promotionnel). Le gros Silver Wing SWT 600 est quant à lui un monstre de confort mais son gabarit est un peu gros pour se faufiler dans le trafic (8 199 euros). Dans le même esprit, rappelons l’existence du Suzuki Burgman 650 (9 999 euros).

Chez BMW, le C650 GT tient le haut du pavé (voir l’essai). Toujours en Europe, Piaggio compte plusieurs modèles dans sa gamme, avec les déclinaisons 300 cm3 du scooter grandes roues Beverly et de la Vespa GTS, ou les versions 350 et 500 du très confortable X10 (6 899 et 7 999 euros respectivement, avec dans les deux cas ABS et antipatinage ASR).Enfin, les constructeurs taïwanais ne sont pas en reste et proposent leur interprétation du maxi-scooter à prix agressif, comme le prouvent le Kymco DownTown 350i ABS (4 999 euros) ou le Sym MaxSym 600i ABS, à 6 999 euros tout équipé.

Scooters trois-roues (et quatre-roues) : le MP3 tient le marché

BMW C-EvolutionDans le domaine des trois-roues plus sécurisants et rassurants, l’entrée en matière est assurée par le duo Yamaha Tricity et MBK Tryptik (4 499 euros avec ABS), très abordables, légers et faciles pour les débutants. Mais leur puissance restreinte les empêche de franchir de beaucoup le cap des 100 km/h, ce qui leur vaudra d’être privilégiés pour un univers urbain.

L’horizon des trois-roues de Piaggio, Yourban 300 et MP3 300 et 500, se montre bien moins limité, permettant, en version 500, toutes les escapades. Rappelons que les performances remarquables du MP3 500 expliquent une partie de son succès, alors qu’une niche dans la réglementation autorise toujours à le conduire avec un permis B, malgré ses 40 ch, 160 km/h et… 260 kg sur la balance ! Question tarif, c’est toujours la démesure avec près de 10 000 euros en 500 avec antipatinage et ABS. Aux côtés du roi MP3, les concurrents peinent à trouver leur place. Le réussi Peugeot Metropolis (8 999 euros) connaît un succès timide malgré ses atouts : un look à part, un équipement high-tech avec surveillance de pression des pneus, un démarrage sans clé et un agrément de conduite qui n’a pas à le faire rougir.

Autre alternative, le Quadro S350 (7 290 euros) est intéressant avec son châssis particulièrement efficace sur route. Il sert de base au fameux Quadro4, le scooter 4-roues encore plus sécurisant, adapté à des conditions météo plus difficiles, très stable sur route et autoroute, mais manquant de maniabilité en ville malgré un gabarit plus impressionnant qu’encombrant. Son tarif de 10 490 euros, en baisse, est devenu moins prohibitif.

Sans oublier enfin une alternative originale avec la marque Adiva et son trois-roues avec un (lourd) toit rétractable pour protéger des intempéries (6 499 euros).

Scooters électriques : un décollage (presque) imminent

Toujours attractif sur le papier, mais en manque d’acteurs convaincants : le marché du scooter électrique ne fait que reporter son décollage. Et pourtant, ce scooter possède vraiment tous les atouts : silencieux, non polluant, sans besoin d’autonomie excessive, il devrait constituer le moyen de transport idéal en centre-ville.

Mais les modèles se font rares. Des initiatives locales existent bien, comme l’expérimentation des impressionnants trois-roues Toyota i-Road à Grenoble. Des municipalités s’équipent aussi de scooters plus classiques, comme Barcelone pour sa police municipale, avec de très performants BMW C-Evolution. Cet engin se conduit avec un permis B et dispose d’une autonomie d’une centaine de kilomètres, à condition de ne pas trop jouer de ses accélérations fulgurantes. Mais ces prestations exceptionnelles se paient au prix fort : 15 400 euros !

Sans oublier certains constructeurs à part, comme l’allemand Govecs (Go ! S3.4 à 6 830 euros) ou le français Eccity (voir l’essai). Leurs modèles au design rudimentaire ont le mérite de représenter les offres les plus adaptées à un usage pour des tournées régulières et définies, tout en conservant un agrément et des performances très acceptables.

La mairie de Paris ne s’y est pas trompée et a choisi l’Eccity Artelec 670 pour ses agents. Un marché conséquent de 400 véhicules et une enveloppe de 1 million d’euros. Christophe Crippa, en charge du Service technique des transports automobiles municipaux (division locations de véhicules), explique ce choix : « La sélection s’est faite sur le terrain, en essayant les machines en situation réelle. Nous avons simplement retenu le modèle qui convenait le mieux à nos contraintes d’utilisation. » Les premières livraisons arrivent ce printemps.