Une nouvelle course pour le Sprinter

Après 11 ans de bons et loyaux services et après 1,3 millions d’unités écoulées, le Sprinter cède la place à un successeur qui conserve son nom. Disponible depuis le mois de mars, le Sprinter se distingue par sa conduite sûre et ses équipements.

- Magazine N°118
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Contrairement au Crafter de Volkswagen, son cousin, le Sprinter conserve une ligne sage. Mercedes a privilégié le pragmatisme et ça se voit. Pas de fioritures, mais une efficacité toute germanique. Le Sprinter reste un utilitaire léger et sa ligne traduit sa vocation d’outil de travail. Il n’en reste pas moins qu’il arbore une ligne moderne et dynamique sans faire dans la démesure. Néanmoins, le Sprinter adopte les traits distinctifs de la marque à l’étoile. Ainsi, les contours de la calandre, les lignes du capot qui prolongent sans transition le tracé de la calandre et les phares tridimensionnels à verre transparent qui se distinguent de la grille de la calandre appartiennent au style Mercedes- Benz. Et ce, au même titre que les rappels de clignotants intégrés aux boîtiers des rétroviseurs. Les lignes tendues de ses parois latérales rappellent quant à elle le Vito. A l’arrière, l’étoile affirme au centre, entre les deux portes, l’ascendance de cette nouvelle génération d’utilitaire.

Equipements à foison

Côté cabine, Mercedes a particulièrement bien fait les choses. Le temps des utilitaires aux intérieurs spartiates et sous-équipés est bel et bien révolu. Jugez-en plutôt : de série, le Sprinter dispose du verrouillage centralisé à télécommande radio, de lève-glaces électriques, d’une clé de contact avec verrouillage électrique de la direction, d’un verrouillage automatique des portes en fonction de la vitesse, d’un éclairage intérieur temporisé à variateur… A noter, les très pratiques casiers de rangement aménagés au-dessus du pare-brise. Bref, un niveau d’équipement que ne renieraient pas certains véhicules particuliers. Côté fonctionnalité, les commandes tombent naturellement sous la main. Le volant du Sprinter a été placé davantage à la verticale que son prédécesseur ; ce qui rapproche la position de conduite de celle d’un véhicule particulier. Dommage que le réglage en hauteur et en inclinaison ne soit proposé qu’en option. L’ancien Sprinter était très apprécié des spécialistes de la messagerie express. Mercedes a pensé à eux en proposant en option des sièges relevables côté passager. Autre innovation dédiée à cette clientèle mais qui profitera à l’ensemble des professionnels, le système Keyless Entry & Slide ouvre automatiquement la porte coulissante de chargement ou la porte conducteur lorsque le chauffeur s’approche de l’une ou de l’autre. Lorsque le chauffeur s’éloigne, le verrouillage se déclenche automatiquement.

La puissance au rendez-vous

Le Sprinter se place sur le segment des utilitaires lourds, mais sa conduite s’apparente davantage à celle d’un véhicule particulier. Mercedes propose un moteur de base de 4 cylindres turbodiesel d’une cylindrée de 2 148 cm3. Les puissances disponibles s’échelonnent de 88 à 150 ch. Un V6 de 184 ch constitue le fer de lance des motorisations diesel. Côté essence, le Sprinter est doté d’un V6 de 258 ch pour une cylindrée de 3,5 l. A noter, les versions 4,6 et 5 tonnes sont équipées de motorisations bridées pour ne pas dépasser les 90 km/h. Sur route, le turbodiesel de base emporte les versions 3 tonnes et 3,5 tonnes sans efforts apparents. Sur autoroute, le Sprinter se paie le luxe de dépasser des berlines sans sourciller. La puissance est au rendez-vous pourvu que le régime soit le bon. Quant aux V6, qu’ils soient diesel ou essence, ils offrent les performances nécessaires à une conduite plus virile. Là encore, les chauffeurs des livraisons express trouveront leur bonheur. Bref, malgré son poids, cet utilitaire affiche une vivacité élevée. En série, les motorisations diesel sont associées à une boîte mécanique à 6 rapports. Le levier, de type joystick, est implanté sur la planche de bord. Si elle demande à être apprivoisée, la boîte répond précisément aux sollicitations. Le moteur essence est livré avec une boîte auto 5 rapports disponibles en option sur les moteurs diesel.

Sécurité maximale

Mais là où le Sprinter impressionne, c’est dans les situations d’urgence. Nous avons pu tester les dispositifs de sécurité active sur une piste dédiée. Force est de constater que le Sprinter répond au cahier des charges établi par Mercedes. A 60 km/h, il suffit de bloquer la pédale de frein et l’ABS fait des merveilles. En une poignée de mètres, l’engin s’immobilise tout en restant en ligne. Si, cette fois, dans les mêmes conditions, vous braquez violemment pour éviter un obstacle en fin de freinage, le Sprinter se déporte sans embardées et retrouve sa trajectoire ensuite. Dès 1995, le Sprinter a été le premier utilitaire léger de sa catégorie à proposer en série le système ABS. En 2003, le correcteur électronique de trajectoire ESP vient le rejoindre. Aujourd’hui, le Sprinter adopte, également en série, l’Adaptive ESP. Ce dispositif est capable d’évaluer la masse et le centre de gravité du véhicule grâce à l’accélération, la vitesse, la position de la pédale d’accélérateur, la pression de freinage… Lorsque l’adhérence n’est pas la même sur les roues droite et gauche, le dispositif harmonise le freinage. Le Sprinter reste en ligne, même en cas d’urgence. Sur chaussée glissante, un coup de volant à 40 km/h et le Sprinter reste sous contrôle. Le système est encore plus étonnant en virage serré. Lorsque la vitesse menace la stabilité, il prend le relais du conducteur en intervenant sur le moteur et sur les freins et ce, tout en douceur.

Autre innovation, le Sprinter propose en option une aide pour démarrer en côte avec un maximum de confort. Lorsque le conducteur relâche la pédale de frein, la pression du freinage est maintenue pendant deux secondes. Largement suffisant pour que le conducteur passe de la pédale de frein à celle d’accélérateur. Toujours en option, mais cette fois sur les versions fourgon et combi, Mercedes propose le système Parktronic. Des capteurs à ultrasons balaient une zone de 100 cm à l’avant et de 180 cm à l’arrière. Des diodes sur le poste de conduite et sur les rétroviseurs permettent au conducteur d’évaluer la distance qui le sépare de l’obstacle. Un signal sonore prévient de l’imminence du choc. Un système très appréciable pour réaliser un créneau avec un véhicule de 6 ou 7 mètres de long.

1 000 versions

Mercedes annonce un total de 1 000 variantes disponibles. Plus prosaïquement, l’utilitaire est proposé en 3 variantes d’empattement (3250,3665,4325 mm) et en4 longueurs de carrosserie (de 5 243 à 7 343 mm). S’y ajoute 3 versions de toit : toit normal, surélevé ou encore le nouveau toit surélevé spécial. Enfin, le PTAV s’échelonne de 3 à 5 tonnes. Quant au fourgon, ses différentes versions offrent un volume de chargement qui va de 7 à 17 m3. Selon les versions, les prix oscillent entre 19 700 à 39 190 euros. Se plaçant plutôt dans le haut de la catégorie, ils se justifient par un niveau d’équipement élevé.