Généralisation de l’usage du smartphone au volant

Dans sa dernière étude sur les distracteurs au volant, l’association professionnelle des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA) a mis en évidence l’utilisation intensive du téléphone et des écrans au volant, avec des répercussions parfois mortelles.

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smartphone au volant ASFA

L’étude de l’ASFA, menée sur un panel de 1 500 personnes et publiée le 26 juillet dernier, a montré la généralisation de l’usage du smartphone au volant, mais aussi celui des tablettes et autres écrans distractifs. Ainsi, si 93 % des Français sondés se disent conscients des dangers que représente l’utilisation des écrans au volant, un conducteur sur trois admet employer son téléphone au volant, pour passer des appels ou encore envoyer des SMS.

Les jeunes sont les plus touchés

Ce phénomène est surtout visible chez les jeunes conducteurs. En effet, les « jeunes sont des « digital natives » qui connaissent et maîtrisent parfaitement les smartphones. Ils répondent donc plus souvent aux sollicitations et s’exposent à plus de risques que les conducteurs plus âgés », selon le docteur Laurent Karila, addictologue et président de SOS Addiction.

Le résultat du sondage est d’autant plus alarmant que six jeunes conducteurs sur dix déclarent utiliser leur portable en conduisant. Pire encore, ils considèrent, pour 19 % d’entre eux, qu’il n’est pas nécessaire de respecter scrupuleusement les règles de sécurité sur autoroute. 25 % d’entre eux gardent même à portée de main leur smartphone ou un contact visuel avec lui.

Des accidents mortels liés au smartphone

Résultat : les accidents mortels liés à l’usage du téléphone restent en hausse depuis plusieurs années sur autoroute. D’ailleurs, l’inattention a été relevée dans près de 14 % des accidents mortels sur autoroute en 2018. Ces accidents concernent principalement les conducteurs plus jeunes. Ainsi, entre 2014 et 2018, ces jeunes usagers de moins de 35 ans, qui ne représentent que 18 % des automobilistes sur autoroute, ont été impliqués dans 43 % des accidents liés à l’inattention sur l’autoroute.

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De plus, le bilan humain lié aux accidents impliquant l’usage d’un écran est lourd pour le personnel autoroutier. En 2018, 11 agents ont été blessés et 132 accidents ont eu lieu chez les équipes d’intervention des sociétés d’autoroute. En 2017, un agent de la Sanef avait même perdu la vie et 12 agents avaient été blessés.

Les Français considèrent toutefois l’usage des écrans au volant comme aussi dangereux que l’alcool, les drogues ou la somnolence. En effet, neuf Français sur 10 interrogés confirment que l’utilisation d’un écran au volant a une influence importante sur leur temps de réaction.

Les sanctions vont se durcir

Selon l’étude de l’ASFA, les automobilistes français réclament à 76 % un durcissement des sanctions afin de lutter contre l’usage des écrans au volant. Les Français sondés exigent aussi une meilleure sensibilisation à l’usage du téléphone sur autoroute pour 60 %.

Justement, dans le cadre de la loi d’orientation des mobilités (LOM), l’article 31 du projet de loi prévoyait de durcir les sanctions des usagers du smartphone au volant. Ainsi, téléphoner au volant de manière concomitante à l’établissement d’une infraction fixée par décret au Conseil d’État serait passible du retrait du permis du conducteur à titre conservatoire.