Le véhicule électrique, enjeu des réseaux électriques de demain

Le projet européen Interflex expérimentera pendant trois ans des solutions de flexibilité pour les réseaux électriques locaux, notamment en lien avec le VE et ses bornes de recharge.

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Officiellement lancé à Nice le 26 janvier, le projet européen Interflex vise à améliorer la performance et la fiabilité des réseaux électriques à l’échelle locale, en tenant compte du développement des énergies renouvelables et des véhicules électriques. Pour y parvenir, les 20 partenaires du projet vont tester des solutions expérimentales basées sur deux leviers : l’automatisation du réseau et l’utilisation des flexibilités de production et de consommation.

Six démonstrateurs mis en place en Europe

Interflex : 6 démonstrateurs en Europe

Le projet regroupe cinq distributeurs européens d’électricité : Avacon en Allemagne, Enedis en France, E.ON en Suède, Enexis aux Pays-Bas et ĈEZ Distribuce en République tchèque. Six sites de démonstration ont ainsi été mis en place dans ces cinq pays.

Les distributeurs y expérimenteront sur une période de trois ans des technologies permettant de rendre plus flexibles les réseaux locaux moyenne et basse tension, en partenariat avec des fournisseurs, des fabricants de matériels et des experts des smart grids.

Le projet s’intéressera également aux micro-réseaux électriques intelligents, ou micro-grids, dont le rôle est de réguler le plus finement possible la production selon la consommation, le tout au niveau local.

Le véhicule électrique au cœur des expérimentations

Différentes sources de flexibilité seront étudiées : la production locale d’énergie photovoltaïque, les batteries de seconde vie, le stockage centralisé, des unités de stockage intelligentes chez les particuliers ou encore les réseaux locaux de chaleur ; mais aussi les bornes de recharge et les batteries des véhicules électriques.

En effet, alors que la loi pour la transition énergétique prévoit l’installation de 7 millions de bornes de recharge pour les VE en France d’ici 2030, il devient nécessaire de trouver des solutions pour anticiper une hausse de la demande d’électricité tout en exploitant ces nouvelles ressources.

Le démonstrateur français, basé à Nice et piloté par Enedis, testera notamment la charge intelligente via le compteur Linky, pour restreindre la recharge des véhicules électriques lors des pics de consommation. Cette solution est l’une des pistes étudiées afin de rendre indépendant énergétiquement les quartiers de la métropole niçoise,via la mise en œuvre d’un îlotage automatique et sans coupure.

Interflex : un démonstrateur basé à Nice et piloté par Enedis

En République tchèque, ĈEZ Distribuce mettra également à l’essai des fonctions intelligentes pour les bornes de recharge afin de réguler le réseau électrique. À Eindhoven, c’est le stockage stationnaire dans les batteries des véhicules électriques qui sera expérimenté par Enexis. Le distributeur va mettre au point une approche multi-services, jouant sur l’optimisation des interactions entre les gestionnaires de réseaux électriques, les responsables d’équilibre et les opérateurs de bornes de recharge.

Étudier le potentiel d’industrialisation

En parallèle, des études seront menées sur la réplicabilité des expérimentations et l’élaboration de modèles d’affaires viables. À son terme, en janvier 2019, Interflex devra indiquer si les solutions testées peuvent être adaptées à grande échelle pour l’Europe, et ainsi contribuer à atteindre les objectifs fixés par l’accord Climat-Énergie 2020-2030. Le projet est en effet financé à hauteur de 75 % (17 millions d’euros) par la Commission Européenne, dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020. Son budget total s’élève à 22,5 millions d’euros.

Le projet peut être suivi sur Twitter : @InterFlex_H2020

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