Véhicule électrique : un site d’information pour encourager la transition

L’association Avere-France et le ministère de la transition écologique et solidaire, en partenariat avec 25 acteurs du secteur des véhicules électriques, ont présenté lors d’une conférence de presse un nouveau site d’information consacré à cette motorisation.

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La page d'accueil du site je-roule-en-electrique.fr

« Selon une étude réalisée pour l’Avere-France et Mobivia par l’Institut Ipsos, 64 % des Français sont mal informés sur le prix des véhicules électriques, a argué Joseph Beretta, président de l’Avere-France. 60 % ne savent pas comment se passe une recharge, quasiment 70 % ne connaissent par la gamme et 73 % ne connaissent pas bien les aides. »

Or, il y a urgence à convaincre ces potentiels acheteurs, tant pour les constructeurs qui doivent respecter les normes d’émissions européennes que pour la France, récemment condamnée pour non-respect du taux de NOx dans plusieurs agglomérations.

Électrification : les flottes en ligne de mire

« L’électrification n’est plus une option, a ainsi affirmé Luc Châtel, président de la filière automobile et mobilité (PFA). 220 milliards d’euros cumulés seront investis en Europe en cinq ans. Le catalogue de véhicules électriques disponibles sera multiplié par deux entre 2019 et 2020, et par trois entre 2019 et 2021. Le modèle économique des constructeurs est à repenser pour devenir prestataires de mobilité. »

Parmi les français à convaincre, il y a aussi des professionnels et des collectivités. Ces derniers n’ont pas été oubliés sur le site avec des pages spécifiques. Le président de la PFA a toutefois profité de l’occasion pour demander au Parlement « le maintien du bonus de 6 000 euros pour tous les véhicules y compris ceux des flottes qui représentent 60 % des ventes de véhicules électriques aujourd’hui », rappelant qu’il n’y a « rien de pire que le manque de visibilité ». En parallèle, Gilles Normand, directeur du véhicule électrique du Groupe Renault, a également appelé à encourager la transition des flottes vers l’électrique, en vue d’alimenter le marché de l’occasion. « Les Zoé d’occasion vendues à 8 900 euros s’arrachent, a-t-il affirmé, les gens s’y intéressent pour leur deuxième voiture et 29 % des futurs clients commencent à envisager l’achat d’un véhicule électrique. »

Des soutiens financiers pour les bornes de recharge

L’événement a aussi permis d’aborder la question des bornes de recharge. La ministre de la transition écologique et solidaire Élisabeth Borne a rappelé que le gouvernement s’était engagé à atteindre 1 million de points de charge d’ici la fin du quinquennat et 7 millions en 2023. Ainsi, « il est prévu dans la loi d’orientation des mobilités, encore au débat au Parlement, un soutien financier avec la prise en charge de 75 % des frais de raccordement au réseau contre 40 % actuellement », a précisé Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État chargé des transports.

De son côté, Joseph Beretta a livré quelques chiffres sur le programme de certificats d’économies d’énergie Advenir, qui soutient financièrement l’installation de bornes de recharge sur voirie, dans les parkings ouverts au public et depuis peu dans 3 000 copropriétés : « Nous allons contribuer à financer 18 000 points de charge d’ici 2020. Sur notre budget de 20 millions d’euros, nous avons déjà engagé 11 millions d’euros, soit 11 000 points de charge installés ou en cours d’installation, a-t-il détaillé. Et les demandes de financement ont augmenté de 136 % depuis début 2019. » L’Avere-France espère maintenant que le programme sera poursuivi après 2020. L’association réfléchit également à la mise en place d’un observatoire des usages des véhicules électriques pour orienter les programmes de financement de bornes de recharge.

La recharge en itinérance en question

Autre problème soulevé : celui de la recharge en itinérance. « Notre objectif est qu’avec un abonnement chez un opérateur de recharge, on puisse accéder à toutes les bornes publiques avec une facture mensuelle », a indiqué Gilles Bernard, président de l’association française pour l’itinérance de la recharge électrique des véhicules (Afirev). Cette dernière a ainsi lancé un programme d’amélioration de la qualité des services en itinérance : après avoir récolté des informations sur les anomalies rencontrées par les utilisateurs, elle a rédigé un livret de recommandations à destination des opérateurs, qui sera publié le 1er novembre. Celui-ci sera suivi par la création d’un observatoire au premier trimestre 2020.

Quant au recyclage, Luc Châtel affirme que les premières batteries traitées dans deux usines françaises dédiées sont recyclées entre 50 et 80 %. Enfin, François Brotter, président du directoire du gestionnaire de réseau RTE, a réaffirmé la capacité du réseau à répondre à l’appel de puissance occasionné par le déploiement massif de VE, qui sera sans doute moins important que celui entraîné par l’informatique et le numérique, tout en mettant en avant la flexibilité apportée par le stockage de l’énergie grâce au vehicle-to-grid.

Rappelons enfin que 23 territoires prévoient de déployer des zones à faibles émissions, restreignant ainsi la circulation des véhicules thermiques les plus polluants, ce qui touchera, selon Élisabeth Borne, 17 millions de citoyens.