Véhicule électrique : plus vertueux que le thermique mais sous conditions

Suite à la sortie de son dernier cahier, intitulé « Le véhicule électrique est-il si vertueux ? », l’Arval Mobility Observatory a tenu une conférence sur ce thème le 20 octobre.
2030
Recharge électrique

Lors de la conférence, l’observatoire a tout d’abord rappelé les résultats de l’édition 2020 de son baromètre annuel des flottes, réalisé avec l’institut de sondage Kantar. Ces résultats montrent que les gestionnaires se préparent à la transition énergétique.

De fait, « 116 588 véhicules légers électriques et hybrides rechargeables ont été immatriculés depuis le début de l’année, en hausse de 141 %, dont 34 940 par des entreprises, soit 30 % du total, a signalé François Piot, président de l’Arval Mobility Observatory. L’électrification est en marche. »

Pour accélérer cette transition, il faut maintenant « obtenir un consensus en ayant une réelle offre qui réponde aux besoins des responsables de parc tout en étant soutenue par un écosystème efficace », a estimé Guillaume Saint, expert automobile chez Kantar.

Des émissions de CO2 lors de la production à prendre en compte

Reste à savoir si le véhicule électrique est, oui ou non, plus vertueux qu’un véhicule thermique. Pour apporter un éclairage aux gestionnaires de flotte, l’observatoire a fait appel au cabinet Eurogroup Consulting et regroupé des éléments d’analyse dans un cahier.

« Le premier enseignement, c’est que la partie usage est prépondérante en termes d’émissions de CO2 du véhicule sur l’ensemble du cycle de vie, a résumé Bertrand de la Villéon, associé chez Eurogroup Consulting. Si l’on prend deux véhicules comparables au moment de la production, une Clio thermique est plus vertueuse qu’une Zoé électrique dont la batterie est importée de Corée du Sud. Cependant, cette étape de production ne représente que 15 % des émissions de CO2 du véhicule. »

Le VE gagnant dès 15 000 km d’usage en France

Deuxième enseignement : « Les émissions de CO2 à l’usage dépendent essentiellement de facteurs externes à l’automobile, liés aux mix énergétiques des pays, poursuit-il. Ainsi, en France, cela vaut le coup de passer à l’électrique à partir de 15 000 ou 20 000 km, soit un à deux ans d’usage. Ce sera un peu plus en Allemagne et beaucoup plus en Chine. »

Ainsi, « si l’on a vraiment un objectif de protection de l’environnement, il faut bien choisir son véhicule en sachant d’où vient sa batterie et où il est assemblé, puis l’utiliser dans de bonnes conditions, en particulier dans le cas de l’hybride rechargeable », résume François Piot.

Une électrification irréversible ?

Pour Cyrille Moreau, directeur B2B du Groupe PSA, « L’analyse du comportement de roulage et l’accompagnement des collaborateurs sont les clés pour réussir sa transition énergétique. » Il a ainsi appelé à ne pas bannir le diesel des car policies : « Il correspond encore le mieux à un usage de plus de 80 000 km par an, même si aujourd’hui d’autres énergies sont disponibles, a-t-il souligné.

François Piot estime toutefois irréversible l’électrification des déplacements face à la consommation des réserves fossiles. En conclusion, il a appelé chacun à faire sa part dans la transition énergétique des flottes : les conducteurs en changeant leurs habitudes, les entreprises en créant leur plan de mobilité, les énergéticiens en respectant les annonces de déploiement de bornes et enfin l’État. « Nous appelons de nos vœux une politique fiscale pluriannuelle qui donnerait de la visibilité aux gestionnaires de flotte et leur permettrait de choisir sereinement des véhicules, mais aussi une nouvelle circulaire pour les flottes de l’État qui doivent donner l’exemple », a-t-il précisé.