Véhicules autonomes : 16 expérimentations soutenues par l’État

Le gouvernement a présenté le 24 avril les 16 expérimentations financées dans le cadre de l’appel à projet « Expérimentation du véhicule routier autonome » (EVRA), dont la plupart sont centrées sur le déploiement de véhicules ou de navettes partagées, préfigurant une potentielle commercialisation dès 2022.

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developpement vehicules autonomes
Source : Ministère de la transition écologique et solidaire

Lancé en juillet et clôturé en novembre 2018, l’appel à projets « Expérimentation du véhicule routier autonome » (EVRA) soutient des projets d’expérimentation de cas d’usages à grande échelle, commercialisables d’ici 2022. Il a finalement été remporté par deux consortiums d’acteurs pour un total de 16 expérimentations répartis sur le territoire français.

« Avec ces 16 expérimentations, nous allons changer d’échelle et atteindre 1 million de kilomètres parcourus d’ici 2022, s’est félicitée la ministre des transports Élisabeth Borne. L’État va consacrer 42 millions d’euros dans le cadre du programme investissements d’avenir (PIA) sur une enveloppe totale de 120 millions d’euros, sans compter les investissements des collectivités locales ». Au final, les projets bénéficieraient donc d’un financement public et privé de l’ordre de 200 millions d’euros.

Développement des véhicules autonomes cartes 16 experimentations
Source : Ministère de la transition écologique et solidaire

Sécurité et acceptabilité

Le premier consortium est conduit par la Plateforme automobile et mobilités (PFA) et a baptisé son projet SAM, pour sécurité et de acceptabilité de la conduite et de la mobilité autonomes. Ce dernier regroupe 13 expérimentations et 100 véhicules autonomes en circulation. Seront notamment testés en Île-de-France le roulage sur routes à chaussées séparées par PSA et Renault et un service de valet de parking automatisé par Valeo.

En parallèle, la RATP va expérimenter un service de transport à la demande couplant deux navettes et 4 VP sur 14 km de la rive gauche de Paris. Elle prolongera aussi une ligne de bus avec 5 navettes expérimentées sur deux parcours de 4,6 et 6 km dans le bois de Vincennes, et reliera la gare RER de Saint-Rémy-lès-Chevreuse à un parking distant de 4,3 km avec trois navettes.

Dans les autres régions, Transdev pilotera le déploiement de services de mobilité autonome à Paris Saclay et à Rouen, ainsi que la circulation d’une navette sur voie fermée à Vichy. Keolis déploiera lui aussi des navettes sur le campus de l’université de Rennes 1 et dans l’hyper-centre de Clermont-Ferrand. Plus original, PSA coordonne un projet de réadaptation d’une voie ferroviaire désaffectée en entre Nantes et Carquefou pour faire circuler deux véhicules autonomes de transport collectif.

À Toulouse, c’est une navette sans opérateur à bord qui sera testée. « Elle reliera l’Oncopole – un campus universitaire sur lequel les flux de patients et de personnels sont de plus en plus importants – et son parking, soit une distance 500 m dans un espace ouvert aux piétons et aux cyclistes avec le franchissement de zones ouvertes à la circulation tel un rond-point », a décrit Dominique Faure, vice-présidente de Toulouse Métropole. La start-up Twinswheel testera enfin l’utilisation de deux droïdes logistiques à Montpellier (34) pour livrer les commerces et restaurants du centre-ville.

Des expérimentations de navettes autonomes

Le second consortium, piloté par l’Ifsttar, a quant à lui baptisé son projet ENA pour « expérimentations de navettes autonomes ». Dans ce cadre, deux navettes relieront une station de bus et plusieurs entreprises privées sur une distance d’1 km dans la Communauté d’agglomération de Sophia Antipolis (06). Trois ou quatre navettes circuleront également à Nantes (44) sur une voie en site propre entre le terminus du tramway T3 et l’aéroport, soit 2,4 km. Enfin, la Communauté de Communes Cœur de Brenne (36) va déployer « le premier réseau de transport intercommunal rural autonome », comme le présente son président Jean-Louis Camus, avec deux navettes qui effectueront 8 fois par jour une boucle de 22,3 km entre cinq communes.

Les résultats de ces 16 expérimentations seront ensuite mis en commun, dans le but de faciliter le développement de services de mobilité autonome. « Ce que j’ai retenu de cette année de travail, c’est que les usages partagés trouveront sans doute plus vite leur marché que les usages individuels, mais aussi que les infrastructures et la connectivité vont jouer un rôle croissant. Enfin, j’espère que le fret et la logistique se développeront également avec de nouveaux cas d’usages », a commenté Anne-Marie Idrac.

Reste maintenant à travailler sur le cadre d’homologation et les règles de circulation : Anne-Marie Idrac a pour projet de faire adopter une réglementation fixant un cadre pour l’exploitation des navettes autonomes d’ici fin 2019 ou début 2020, alors qu’une commercialisation de ce type de véhicules est envisagée pour 2022. Sans oublier la nécessaire adaptation des textes internationaux et notamment de la Convention de Vienne qui fixe les règles de conduite et d’homologation des véhicules.