Véhicules autonomes : Jaguar Land Rover veut prévenir le mal des transports

Le groupe Jaguar Land Rover a développé un algorithme capable de calculer un « score de bien-être » pour les passagers de ses véhicules et d’ajuster les réglages de l’habitacle afin de leur éviter le mal des transports.

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reduction mal des transports
© Jaguar Land Rover

« Le mal des transports se produit souvent quand les yeux observent une information différente de ce que ressent l’oreille interne, la peau ou les mouvements du corps – donc souvent en lisant », rappelle le constructeur. « Comme nous allons vers un avenir de conduite autonome, les occupants disposeront de plus de temps pour travailler, lire ou se reposer sur les trajets les plus longs. Il est donc important de développer des véhicules capables de réduire les effets du mal des transports pour chacun des passagers », explique Spencer Salter, chercheur en technologie du bien-être chez Jaguar Land Rover et doctorant à l’université de Coventry.

Pour cela, le constructeur a d’abord collecté des données sur 24 000 km, avec des détecteurs biométriques enregistrant les signaux physiologiques des passagers. Ces données ont servi à alimenter un algorithme calculant un « score de bien-être ». Elles ont ensuite été associées aux mouvements des véhicules pour savoir quels sont ceux qui affectent les passagers et dans quelles conditions, par exemple la vérification d’e-mails ou la lecture d’un livre. À partir de cette base de données, le véhicule pourra ainsi personnaliser le style de conduite et les réglages de l’habitacle dans le but de réduire le risque de nausée.

Mal des transports : 60 secondes pour réagir après les premiers signes

En pratique, Jaguar Land Rover estime que le mal des transports survient dans les 60 secondes après les premiers signaux physiologiques, ici une augmentation de la température. Cela laisserait le temps à la voiture de réagir, en rafraîchissant la température de l’habitacle, ou encore en activant le son du système de navigation pour permettre aux passagers d’anticiper les changements de direction.

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© Jaguar Land Rover

L’étude vient de terminer sa première phase, mais le constructeur avait déjà travaillé sur le sujet pour son SUV e-Pace. Ce dernier propose ainsi 26 configurations de sièges, afin que les passagers soient bien positionnés face à l’écran multimédia et à la ventilation, ce qui réduirait le mal des transports. En outre, l’e-Pace s’équipe du système Adaptative Dynamics qui met à jour les réglages de suspension toutes les 10 millisecondes : ce système est ainsi capable d’annuler les vibrations de basse fréquence (< 2 Hz) générées par les mouvements du véhicule sur la route – des variations de vitesse aux secousses en passant par le tangage –, et qui entrainent le mal des transports.

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Dans le cadre de son doctorat, Spencer Salter étudie également les systèmes de navigation afin de suggérer un trajet optimisé pour diminuer le mal des transports, en tenant compte de la distance parcourue, de la vitesse et des mouvements occasionnés par l’itinéraire.