VE : à quelle date le marché va-t-il basculer ?

Selon le dernier rapport de la Bank of America Merrill Lynch, la part de véhicules légers 100 % électriques vendus dans le monde passera de 12 % en 2025 à 34 % en 2030, pour atteindre 90 % en 2050.

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électrification véhicules
(c) welcomia / 123RF

Une croissance tirée par «  la baisse du coût des batteries et l’inflation croissante du coût des moteurs thermiques », mais aussi par « des changements dans les préférences des consommateurs, le développement de la production de VE, de nouvelles réglementations et des infrastructures de plus en plus viables », précise la banque. « Nous prévoyons que le coût moyen d’un bloc moteur électrique passera de 16 200 dollars en 2016 à 6 700 dollars en 2030, conformément à la baisse du coût des batteries », ajoute-t-elle. Sans compter l’accroissement des autonomies.

Le point de bascule atteint en 2024

D’après le rapport, le point de bascule sera ainsi atteint aux alentours de 2024, date à laquelle le TCO des véhicules électriques sera enfin équivalent à celui des véhicules thermiques à l’échelle mondiale. Plus précisément, « nous nous attendons à ce que le point d’inflexion dans différentes régions (en tenant compte des économies de carburant) se produise en 2022-2023 en Europe et 2024 aux États-Unis et en Chine », indique la banque. Elle estime même que les TCO devraient converger dès 2018 en ajoutant les subventions, « avec un TCO déjà inférieur à celui des véhicules thermiques en Chine en 2017 ».

La banque précise d’ailleurs que les équipementiers chinois sont actuellement les mieux positionnés pour devenir leaders sur le marché des véhicules 100 % électriques. Ils sont « soutenus par les subventions favorables du gouvernement et les récents objectifs de ventes de véhicules nouvelles énergies 2019-2020 », et leur part de marché devrait se maintenir autour de 50 % jusqu’à 2030.

L’Allemagne en retard sur la Chine

La Chine prendrait alors la place de l’Allemagne, actuellement leader mondial dans la production de véhicules diesel et essence. En effet, selon une autre étude, cette fois de l’association européenne du climat (ECF), la part de VE vendus en Allemagne ne sera que de 6 % en 2025, 10 % en 2030 et 69 % en 2050 dans le scénario central. Et malgré une forte convergence des coûts, la parité des TCO entre les différentes énergies ne sera pas parfaitement atteinte en 2030. Toutefois, la situation dépendra des mesures prises par l’Allemagne pour atteindre son objectif de réduction de 40 à 42 % des émissions de CO2 liées au transport d’ici 2030, tant concernant les futures législations que l’organisation de la chaîne de production.

Scénario d’évolution du parc de véhicules allemands entre 2015 et 2050 par type de motorisation

Etude ECF Allemagne central scenario
Cambridge Econometrics, Element Energy et M-Five ont été commissionné par l’association européenne du climat (ECF) pour évaluer les impacts économiques probables et les défis transitoires liés à la décarbonation de la voiture allemande à moyen terme (jusqu’en 2030) et à long terme (jusqu’en 2050). Le scénario central pour le déploiement de véhicules propres représente une moyenne des projections du groupe d’expert. Source : ECF

100 % de véhicules propres en 2050

Dans tous les cas, les deux études s’accordent pour annoncer la domination des nouvelles énergies en 2050. Pour la Bank of America Merrill Lynch, la part de véhicules nouvelles énergies vendus dans le monde parviendra ainsi à 89 % dès 2025, puis 96 % en 2030, pour finalement culminer à 100 % en 2050. Tandis que pour l’Allemagne, l’ECF annonce 29 % de véhicules propres en 2025, 48 % en 2030 et enfin 100 % en 2050. La ville de Paris, de con côté, a annoncé viser la fin du diesel sur son territoire en 2024 et de l’essence en 2030, pour contribuer à atteindre les objectifs français en 2040.

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