Les véhicules électriques vont-ils s’imposer en Europe ?

Selon un rapport de l’ONG Transport & Environment, les véhicules électriques légers sont sur le point de se généraliser sur le marché européen, au regard des prévisions de production des constructeurs.

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Rapport T&E véhicules électriques
Source : T&E

Dans un rapport, l’ONG Transport & Environment a analysé la base de données et les prévisions de production de véhicules légers du spécialiste américain de l’information économique IHS Markit. Résultat : le nombre de modèles électriques, hybrides rechargeable et hydrogène disponible doit passer de 60 fin 2018 à 176 en 2020, puis 241 en 2021, pour atteindre 333 en 2025. Et les constructeurs européens auraient investi conjointement plus de 145 milliards d’euros dans le développement des VE.

Une probable conformité aux normes européennes en 2025

« Ce n’est pas une coïncidence puisque 2020/21 est l’année où l’objectif obligatoire de 95 g/km de CO2 de l’UE entre en vigueur », rappelle T&E. L’organisme a évalué à 2,3 millions le nombre de véhicules électrifiés nécessaires pour que les constructeurs soient en conformité avec les normes européennes de 2025. Or, le rapport estime que « les constructeurs prévoient de produire plus de 4 millions de voitures électrifiées en 2025, dont environ 60 % devraient être des véhicules électriques à batterie (BEV) et les autres des hybrides rechargeables (PHEV) », soit bien plus que nécessaire. Au total, la production de véhicules électrifiés serait ainsi multipliée par 6 en Europe entre 2019 et 2025.

L’hydrogène et le GNV resteraient des niches

« Cela donne à penser que l’industrie européenne est désireuse de gagner des parts sur le marché en pleine croissance des voitures électriques et d’en tirer profit à l’horizon 2025, date à laquelle la technologie plug-in atteindra la parité des coûts avec les voitures classiques », analyse T&E. Le rapport en conclut que les constructeurs ont fait leur choix parmi les différentes technologies de motorisations à faibles émissions en misant sur les véhicules électriques à batterie. Par comparaison, T&E a évalué à la production annuelle de véhicules à pile à combustible à 9 000 unités et celle de véhicules au gaz naturel à 200 000 unités en 2025.

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Des batteries européennes pour les VE vendus en Europe dès 2023

T&E anticipe que la majeure partie de la production de VE devrait se situer en Allemagne, en France, en Espagne et en Italie, ainsi qu’au Royaume-Uni, mais aussi dans les pays du centre et de l’est de l’UE, notamment en Slovaquie, en République Tchèque et en Hongrie. Quant aux batteries, le rapport de T&E estime que la capacité de production de l’Europe sera « probablement suffisante » pour soutenir la production de véhicules sur son territoire en 2020. Avec 16 usines prévues, la capacité de production annuelle de batteries atteindrait au moins 131 GWh dès 2023, « soit environ 15 % de plus que la demande des voitures et camionnettes électriques ». En attendant, les équipementiers devraient tout de même compter sur l’Asie pour s’approvisionner en cellules de batteries.

Des réglementations européennes à durcir ?

Certes, « il y a toujours une incertitude inhérente à l’estimation des volumes de fabrication et des emplacements futurs qui peuvent être soumis à des changements économiques et géopolitiques imprévus », nuance T&E quant à ces prévisions. L’organisme estime ainsi qu’une réforme de la fiscalité des flottes est nécessaire pour favoriser l’adoption de l’électrique dans les administrations et les entreprises, « tout en garantissant l’équité et en encourageant les constructeurs à dépasser leurs objectifs européens ». T&E appelle également l’UE à lancer un plan directeur pour le déploiement d’infrastructures de recharge interopérables sur tout son territoire, « notamment à domicile, sur le lieu de travail, dans les zones urbaines et sur toutes les grandes routes européennes. » Enfin, T&E encourage l’UE à interdire progressivement d’ici 2035 les ventes de voitures neuves traditionnelles à moteur.

Si ces prévisions se confirment, il restera toutefois à régler les problématiques de production d’électricité renouvelable et de recyclage des batteries, sans oublier de se pencher sur le devenir du parc thermique.