Véhicules électriques : patience, bricolage et ténacité

Boulanger de profession à Haution (Aisne), Patrick Watbled a acquis six Citroën Berlingo à énergie électrique en 2001. Deux d’entre eux ont été définitivement accidentés et quatre fonctionnent encore. Malgré les difficultés, l’artisan conserve de la considération pour ce type de véhicule.

- Magazine N°133
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En 2001, le concessionnaire qui a vendu les Berlingo disait pouvoir en assurer l’entretien. Faute de formation de ses équipes, ce service n’a jamais pu être apporté. En outre « sans doute pour conserver la mainmise sur les voitures, le constructeur a, dès le départ, choisi de louer les batteries plutôt que de les vendre. Curieusement, je n’ai jamais vu le contrat de location. Pourtant je paie. C’est le grand bazar », explique le boulanger, qui a vite compris qu’il devrait ne compter que sur lui-même. Après de bons débuts, « les moteurs qui n’étaient pas assez puissants ont fini par casser. Il a fallu les remplacer. Il y a là un aspect qui n’a pas été correctement appréhendé : les constructeurs ne pensaient pas que les véhicules électriques seraient autant utilisés quotidiennement ! » Par ailleurs, regardant de près les charbons qu’ils fallaient changer tous les 20 à 30 000 km face à des risques de courts-circuits, Patrick Watbled a lui-même installé des filtres adéquats pour éviter l’encrassement des pôles. Du coup, la durée de vie des charbons a été multipliée par quatre.

L’autre problème est celui des batteries : « PSA attend qu’elles tombent en panne pour les remplacer. Mais elles ont tendance à s’épuiser à l’usage (nous faisons 40 000 km par an avec chaque Berlingo). Je constate que ces batteries (chargées en 30 minutes sur ma propre borne tous les 100 km) manquent de réserve et de puissance… Mais je ne peux rien y faire, étant dépendant du constructeur ». Afin de pouvoir vivre avec des batteries mal en point et d’éviter toute casse de moteur, il faut ménager la machine : les voitures circulent à une vitesse moyenne de 40 km et les personnels de la boulangerie ont été formés pour éviter toute montée en puissance trop rapide et toute vitesse excessive (pas de pointe au-delà des 90 km/h). Au bout du compte – et malgré les inconvénients techniques – l’électrique reste intéressant : « c’est l’énergie la moins polluante et le kilomètre ne me coûte que 0. 20 euros, toutes dépenses incluses », conclut Patrick Watbled qui continue à croire en l’avenir de la formule.

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