Ventes aux entreprises : un marché stable en 2008

Bilan des ventes sociétés 2008. Avec un total de 956 370 achats de véhicules réalisés par des entreprises en France l’an passé, l’année 2008 enregistre une stabilisation du marché société.

- Magazine N°146
456

Une année sans record… On s’était en effet habitué au fil des années à observer la lente mais persistante évolution des ventes de véhicules aux sociétés. 2008 marque donc une pause puisque la crise aidant, les entreprises ont semble-t- il freiné le renouvellement ou l’extension de leur parc de véhicules. Si les ventes ont reculé de près de 1 %, ce sont tout de même 956 370 voitures particulières, voitures de société et véhicules utilitaires qui ont pénétré les flottes d’entreprises l’an passé. Si l’on en croit les statistiques officielles des constructeurs que nous publions depuis dix ans pour suivre l’évolution des ventes sociétés et analyser la performance des marques sur ce marché, c’est le segment des entreprises qui a le mieux résisté à la crise.

En effet, avec 551 900 véhicules, celles ci enregistrent une progression de 0,7 % de leurs achats. Le segment de la location longue durée recule lui, légèrement de -0,6 % avec 183 075 acquisitions de véhicules tandis que les loueurs courte durée, avec 247 830 véhicules, ont levé le pied de – 4,5 % dans leurs commandes de véhicules sur l’année 2008. Enfin, les administrations ont abaissé également leur niveau d’acquisition de matériel avec 18 566 unités et un recul de – 3 %. Les marques françaises bénéficient largement de ces achats réalisés par l’administration française. A commencer par Peugeot qui, notamment grâce au contrat remporté auprès du ministère de la Défense, bénéficie de plus de 61 % des commandes des services de l’Etat, soit 11 385 véhicules quand Renault n’obtient que 3 290 commandes et Citroën 3 340.

Les françaises perdent du terrain

Il reste que les marques françaises perdent encore du terrain sur le marché du véhicule d’entreprise. L’an passé, elles occupaient 63 % de ce marché ; elles n’en occupent plus que 62,6 %. A titre d’exemple, la part des marques françaises dans ces segments de vente se situait encore à 68 % il y a 5 ans et décline progressivement chaque année.

Toutefois, cette désaffection touche principalement les voitures particulières. Ainsi, les achats d’utilitaires restent encore à plus de 71 % orientés vers les marques françaises. En revanche, en VP, les acquisitions réalisées par les entreprises ne se portent qu’à 56,5 % en direction des constructeurs nationaux. Ce taux tombe d’ailleurs à 48 % sur le segment des loueurs courte durée mais il est de 63 % sur le segment des entreprises et de 55 % sur celui des loueurs longue durée.

Même en baisse, les marques françaises demeurent cependant aux avant postes. Renault toujours n°1 du secteur perd près de – 4 % de part de marché cette année malgré une progression de ses ventes auprès des loueurs courte durée. Peugeot, lui aussi, perd – 3,5 % alors que Citroën enregistre une progression importante de + 7 % malgré une diminution de la part de ses ventes aux loueurs courte durée. La marque aux chevrons va d’ailleurs modifier son approche commerciale en direction des sociétés pour booster encore ses ventes, en développant notamment ses Business Centers (voir interview de Julien Montarnal en p. 30).

Des performances inattendues

Au chapitre des bonnes performances, il faut souligner la progression de 32 % de Fiat due notamment aux véhicules utilitaires puisque sur le marché des entreprises, la marque vend plus de VU que de VP : plus de 20 000 VU sur un total de 38 680 ventes. Toutefois, cette remontée de Fiat qui se traduit par un point de pénétration supplémentaire, n’est pas seulement due aux utilitaires. Les VP Fiat sont aussi en hausse et la performance de la marque est surtout notoire auprès du segment des entreprises et de celui des loueurs longue durée. De quoi compenser au sein du groupe, la baisse de 38 % d’Alfa Roméo.

Toyota enregistre aussi une belle évolution de ses ventes avec + 12,5 % et un renforcement de plus de + 30 % de sa part de vente auprès des loueurs courte durée et de + 17 % de ses ventes d’utilitaires. Smart enregistre également une croissance de 12 % de ses ventes avec plus de 3 000 unités mais la marque n’est pas revenue aux volumes des années passées, qui dépassaient les 5 000 unités. Le lancement de la Smart électrique au 2nd semestre 2009 devrait faire progresser les ventes de ce modèle de plus en plus concurrencé sur son segment.

Parmi les marques en forte progression, on note également la performance de Nissan : + 11 %. La marque nippone est principalement en hausse sur le segment des entreprises et obtient là l’un de ses meilleurs scores de ces dernières années. Skoda également enregistre un résultat inattendu cette année puisque la marque croit de 24 % avec un volume toutefois modeste d’un peu plus de 3 700 ventes société. Enfin, comme l’on pouvait s’y attendre, c’est BMW qui réalise la belle opération en 2008 avec une croissance de ses ventes de + 15 % et une part de marché de 2 %. Soit 19 100 véhicules vendus, dont 10 300 sur le segment des entreprises, 4 615 auprès des loueurs longue durée et 3 950 en courte durée.

Une fiscalité pénalisante

Au chapitre des déconvenues, certains reculs sont à mettre sur le compte de la fiscalité applicable depuis début 2008. Ainsi, Mercedes ne régresse que de – 2,3 % en 2008 malgré la fiscalité du bonus-malus peu avantageuse pour ce constructeur. A noter que comme Fiat, Mercedes vend plus d’utilitaires aux entreprises que de voitures particulières : 18 115 VU contre 17 440 VP. Ford régresse également assez faiblement avec un recul de – 2,8 % et près de 47 000 ventes aux entreprises dont un gros recours aux loueurs courte durée dans le domaine des VP et une belle performance sur le segment des utilitaires.

Plus décevants sont les reculs de Volvo et de Land Rover, respectivement – 11 % et – 30 %. Idem pour Mazda (- 10 %), Mitsubishi (- 22 %), Hyundai (- 24 %) ou Kia (- 9 %). Quant au groupe Volkswagen, il recule de – 1 % au global avec une baisse de – 2,7 % pour la marque VW, -0,8 % pour Audi et – 2,7 % pour Seat. Seule Skoda progresse comme on l’a dit de 24 %.

Opel enfin est en baisse de 16 %.comme le reconnaît ce constructeur, la marque a manqué de motorisations adaptées au bonus-malus : « la baisse est due d’une part à une absence de compétitivité en matière de CO2 sur la gamme Zafira ainsi qu’à notre disparition presque totale sur le segment M2 avec la Vectra », indique Philippe Peyrard, directeur du département ventes aux entreprises et véhicules utilitaires de GM. Dès lors, si la fiscalité autour du taux de rejet de CO2 a été l’élément déterminant du choix de véhicules dans les entreprises l’an passé, il va l’être plus encore cette année avec l’arrivée des premiers modèles électriques ou hybrides disponibles dans les flottes.

PARTAGER SUR