Vers quel haut de gamme pour les entreprises ?

- Magazine N°129
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Vers quel haut de gamme pour les entreprises ?

La dégringolade des ventes de berlines haut de gamme diesel (et essence…) s’est de nouveau accentuée en 2006 à – 17 % en France. En revanche, cette descente aux enfers se ralentit avec «seulement » – 5,2 % de baisse au 1er trimestre 2007. Quoi qu’il en soit, cette catégorie symbolisée par la Mercedes Classe E cherche encore les ressorts marketing ou «produits» pour éviter une désaffection grandissante. Ce ne sont pas les versions breaks qui offrent une chance de sortie – elles chutent tout autant – et les constructeurs pourraient s’orienter les uns après les autres vers une offre stylistique décalée, à l’image de la Mercedes CLS coupé 4 portes et de la future BMW Concept CS. Domaine où pourrait se trouver le rebond espéré.

C’est probablement l’erreur commise par Renault avec le choix d’une Vel Satis, haute et spacieuse, alors qu’un coupé « cross over » aurait sûrement remporté l’adhésion Outre- Rhin mais aussi dans l’Hexagone. Il se murmure d’ailleurs que la Vel Satis ne sera pas remplacée et que c’est sur la plate-forme de la nouvelle Laguna que sera conçu un grand coupé quatre portes censé symboliser le haut de gamme à la française. Citroën avec sa C6 ainsi que Peugeot avec sa 607 prendront peut-être la même voie. En y glissant (enfin !) le récent V8 turbodiesel de 270 ch Ford-Land-Rover décliné du V6 HDi 210 ch Ford-PSA. La même analyse a déjà été faite chez Jaguar qui va renouveler sa S-Type par un coupé 4 portes original. Et tous ces constructeurs européens de laisser la place à de nouveaux entrants… asiatiques comme Hyundai avec son Azera qui est en mesure de résoudre l’équation de la rentabilité du haut de gamme H1 !

En attendant, cette chute du H1 profite d’abord aux gros monospaces et aux SUV 4×4. D’ailleurs souvent fabriqués par la même poignée de constructeurs américanos-allemands… Ces gros SUV sont en progression constante dans les ventes malgré des encombrements, des prix et des prestations à la hausse. Mais la grande «affaire» des prochaines années sera la généralisation de l’offre hybride sur ces gros véhicules ; tendance tirée par le marché américain qui impose ses normes. Hors du diesel, point de salut, avait-on l’habitude de dire. Il faudra dorénavant parler d’hybride. Hormis Toyota déjà bien implanté, BMW promet un X5 pour 2010 ainsi que Porsche sur son Cayenne pour la même date. Le groupe Volkswagen ne sera pas en reste pour le Touareg et l’Audi Q7. Et Mercedes devrait présenter sa solution dès 2008. Le groupe Ford est moins avancé dans le domaine et Land Rover devrait souffrir de l’absence de solution hybride dans sa gamme d’ici là. Des motorisations hybrides, il en sera aussi question dans le segment des berlines de luxe H2 car les constructeurs allemands ne peuvent laisser Lexus avec sa LS leur prendre des parts de marché sans réagir. Si les Mercedes Classe S, Audi A8 et autre BMW Série 7 carburent avec succès au gazole, la noblesse de ces voitures passera nécessairement par un retour à des blocs essence couplés à des moteurs électriques. L’hybridation de la Lexus LS 600h avec son V8 en est un exemple plus que séduisant ! Aujourd’hui, si l’on met à part le cas de la Maserati Quattroporte qui fera vite le plein de sa clientèle, la croissance en Europe et en France de ce segment ne se fera qu’en séduisant une clientèle rétive au diesel mais soucieuse tout de même d’environnement et d’économie.