Vivatech 2018 : les tendances d’avenir du secteur automobile

Dans une ambiance électrique, grands groupes, start-ups et visiteurs s’entremêlent dans des allées bondées où l’on croise autant de robots que d’écrans et de casques de réalité virtuelle. Véritable consécration de l’innovation et du numérique, il n’est pas étonnant que Vivatech attire les acteurs du monde de l’automobile. Tour d’horizon des tendances d’avenir du secteur.

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Vivatech 2018

La mobilité électrique et autonome, encore et toujours

Le salon nous promet avant tout une mobilité électrique, autonome, voire même flottante et volante. Outre l’incontournable navette autonome Navya, nous avons ainsi retrouvé au sein de l’immense pôle sponsorisé par EDF le tout nouveau SUV électrique Jaguar I-Pace. Était aussi présent le véhicule du projet « Rouen Normandy Autonomous Lab », sur le stand de l’assureur MMA qui se positionne déjà sur le marché.

Enfin, impossible de manquer le « bateau électrique volant » SeaBubbles et le concept-car volant Pop Up Next d’Airbus. Ce dernier est d’ores et déjà concurrencé par la start-up toulousaine EVA (Electric Visionary Aircraft), hébergée sur le stand de la RATP consacré à la mobilité urbaine. Son véhicule, 100 % électrique, est annoncé à 250 000 euros et déjà disponible en précommande.

Le stationnement du futur optimisé par des algorithmes

Le second grand enjeu est sans contexte l’optimisation de la mobilité urbaine, avec en tête de file le stationnement. La start-up Parquery commercialise un logiciel d’analyse vidéo pour les parkings, capable de détecter les véhicules. La solution permet ainsi de savoir quelles places sont occupées et de connaître la durée de stationnement. « Cela peut servir à produire des statistiques de gestion, donner des informations en temps réel aux usagers ou encore détecter les irrégularités de stationnement », a commenté Andrea Fossati, CEO et co-fondateur de Parquery.

Vivatech 2018 - Parquery
Parquery

Une solution similaire était présentée par start-up italienne Parksmart. Celle-ci récupère le flux vidéo de caméras existantes et en extrait une carte simplifiée du parking : une solution qui évite les problèmes de confidentialité, nous a détaillé le CEO Pierluigi Buttiglieri. On peut aussi citer la start-up Asaplace qui propose aux particuliers et aux entreprises de loueur leurs places de parking à la minute, mais aussi de gérer les accès des collaborateurs.

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La mutualisation et le télétravail à l’honneur

Vivatech 2018 - Cityscoot
Cityscoot

Autres acteurs incontournables : les start-ups de l’autopartage et du covoiturage à deux comme à quatre roues. Vivatech accueillait ainsi Cityscoot, Coup, Ouicar, Drivy, Klaxit, mais aussi Atchoum et Autodream ou encore Cyclez.

Nous avons aussi croisé le chemin de la start-up Bureau à partager (BAP). Elle présentait son application Flex destinée à faciliter le télétravail pour les collaborateurs des entreprises. Déjà utilisée par Groupama Immobilier et Vinci, l’application permet aussi bien la mise à disposition de bureaux partagés en interne que la location d’espaces de télétravail chez des partenaires.

La logistique urbaine plus intelligente et plus propre

Vivatech 2018 - Pixel XYT
Pixel XYT

Le secteur de la logistique était également de la partie. Nous avons ainsi repéré sur le stand de la Région Île-de-France un petit utilitaire électrique basé sur une architecture entièrement modulable et recyclable. Baptisé « Pixel », il a été conçu par la start-up XYT. « Le châssis est en acier tubulaire galvanisé à chaud, ce qui le protège pendant 50 ans contre la corrosion, explique Frédéric Bennéji, responsable développement logistique urbaine d’XYT. Sur cette base, nous pouvons tout mettre à la façon Lego. » Et pour optimiser la charge utile, les outils de manutention sont accrochés à l’arrière du véhicule. Pensé pour la livraison urbaine, ce VUL est disponible uniquement en LLD, avec un prix de départ de 700 euros par mois pour 150 km d’autonomie.

Sur le stand RATP, la start-up Citodi présentait quant à elle une solution de dispatch automatique et d’optimisation des tournées en temps réel. « Nous avons développé un algorithme sur-mesure pour intégrer l’ensemble des variables propres à chaque entreprise, comme par exemple un objectif de réduction des coûts ou bien de diminution des émissions de CO2, nous a indiqué Jonathan Bouaziz, cofondateur et CEO de Citodi. Nous modélisons ainsi la réflexion d’un opérateur en intégrant encore plus de variables. »

Vivatech 2018  - Stand RATP
Stand RATP

Vers une conduite plus sûre

Les spécialistes de l’éco-conduite et de la sécurité routière avaient eux aussi leurs représentants. Entre autres, la start-up DDI, filiale du groupe Michelin, analyse le comportement des conducteurs via un boîtier intégrant un GPS et un accéléromètre. Sa spécificité : elle recontextualise les données a posteriori grâce au GPS (type de route, conditions climatiques, etc.) afin d’indiquer précisément dans quelles circonstances le conducteur a des progrès à faire.

Vainqueur du prix innovation sécurité routière 2018, la start-up Ellcie Healthy propose quant à elle des lunettes capables d‘analyser en temps réel la fermeture des paupières et de détecter les chutes de tête, afin d’avertir le conducteur en cas de somnolence, voire même de prévenir ses proches.

Données, batteries, matériaux, expérience utilisateurs…

Nous avons aussi rencontré sur le stand de Valeo la start-up Onecub spécialisée dans la portabilité des données business. Elle présentait à Vivatech le cas d’usage des données automobiles. « Nous proposons de relier des services complémentaires, comme par exemple de communiquer l’historique des réparations du véhicule aux garages et aux assureurs », nous a expliqué Alex Gourmand, business developer chez Onecub.

Était aussi présent le spécialiste des infrastructures de recharge rapide et ultra-rapide EVtronic, sur le stand d’Engie. « Notre objectif à terme est d’atteindre le même temps de recharge qu’à la pompe, soit 500 km en 15 min », a annoncé Vincent Beudin, directeur du développement. L’entreprise a notamment participé au déploiement des bornes du projet Corri-Door. Une borne de recharge rapide reviendrait environ 20 000 euros et un superchargeur entre 40 et 60 000 euros.

Parmi les tendances plus discrètes, on peut citer les start-ups travaillant sur de nouveaux matériaux pour l’automobile, comme Arevo qui imprime en 3D des pièces composite pour les équipementiers, ou encore celles qui veulent révolutionner l’expérience utilisateur telle Butterfly avec des sièges au design flexible ou Boarding Light qui crée un horizon artificiel à l’intérieur du véhicule. Et l’innovation ne devrait pas s’arrêter là !