VL : l’électricité renouvelable plus compétitive que le pétrole

Selon une étude de BNP Paribas Asset Management, l’essence et le diesel ne sont pas économiquement durables en tant que carburants pour les véhicules légers, en comparaison avec de l’électricité d’origine renouvelable.

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électricité renouvelable VS pétrole - étude bnp paribas asset management mark lewis
Source : BNP Paribas Asset Management

Mark Lewis, responsable mondial de la recherche sur le développement durable chez BNP Paribas Asset Management, filiale de la banque spécialisée dans la gestion d’actifs, a publié en août une étude comparative du « rendement énergétique du capital investi » (EROCI) entre pétrole et électricité d’origine renouvelable pour l’alimentation des véhicules légers.

En pratique, l’analyste a étudié la quantité d’énergie que produirait potentiellement une mise de fonds de 100 milliards de dollars, que ce soit pour acheter du pétrole ou pour construire et exploiter des projets éoliens et solaires avec une durée de vie de 25 ans. Il a ensuite pris en compte le coût du transport jusqu’au consommateur final, ainsi que les pertes d’énergies en cours de route dues au raffinag  ou au transport sur les réseaux haute et basse tension. Enfin, il a comptabilisé les pertes d’énergie survenant au niveau du véhicule, entre la pompe ou le point de charge et les roues.

Une mobilité à base d’électricité renouvelable moins chère

Bilan : « A investissement similaire, les nouveaux projets d’énergie éolienne et solaire produiront 6,2 à 7 fois plus d’énergie utile transmise aux roues pour les VL électriques que le pétrole à 60 dollars le baril pour les VL essence, et 3,2 à 3,6 fois plus que le pétrole à 60 dollars le baril pour les VL diesel », indique le rapport. Et ce, sur la base des coûts et des taux d’efficacité des technologies d’électricité renouvelable telles qu’elles existent aujourd’hui. À noter également que l’étude suppose des rendements de 20 % pour les moteurs essence, 35 % pour les moteurs diesel et 70 % pour les moteurs électriques.

En parallèle, « nous nous attendons à ce que les VE atteignent la parité de coût avec les VL classiques (sur la base des coûts du cycle de vie complet, y compris le carburant et la maintenance) en 2024 », indique Mark Lewis, ce qui encouragerait leur adoption à court terme. L’analyste en conclut que les énergies traditionnelles ne resteront concurrentielles à long terme pour les VL qu’à 9 à 10 dollars le baril pour l’essence et 17 à 19 dollars le baril pour le diesel.

Or, en extrapolant les dépenses totales en essence en 2018, il a évalué que 25 000 milliards de dollars seraient consacrés à la mobilité durant les 25 prochaines années. En comparaison, il a évalué entre 4,6 et 5,2 milliards de dollars le coût des nouveaux projets d’énergies renouvelables et des infrastructures nécessaires pour atteindre le même niveau de mobilité que pour l’essence en 2018.

Une fin annoncée du pétrole pour la mobilité des VL

Pour Mark Lewis, « l’industrie pétrolière n’a encore jamais été confrontée au type de menace que représente l’électricité renouvelable combinée aux VE pour son modèles économique ». En effet, cette source d’énergie concurrente a non seulement « un coût marginal à court terme de zéro », mais elle est aussi plus facile à transporter et plus écologique – tant en termes de lutte contre le changement climatique que d’amélioration de la qualité de l’air et de la santé publique. En outre, elle « pourrait facilement remplacer jusqu’à 40 % de la demande mondiale de pétrole si elle était suffisamment développée. » Sans compter que « le prix de l’électricité produite par le vent et le soleil est bas et stable sur le long terme, alors que celui du pétrole est volatil ».

Ainsi, « si nous construisions aujourd’hui le système énergétique mondial à partir de zéro, l’économie à elle seule dicterait qu’a minima l’infrastructure de transport routier soit construite autour de VE alimentés par l’énergie éolienne et solaire », affirme l’analyste. Il en conclut que l’économie du pétrole à destination des VL essence et diesel est condamnée à « un déclin inéluctable et irréversible ».

Et pour convaincre ses lecteurs de ces conclusions, Mark Lewis rappelle que « des milliards d’euros d’actifs liés à la production de combustibles fossiles se sont retrouvés bloqués » suite au déploiement du solaire et de l’éolien au cours de la dernière décennie. Reste maintenant à savoir si l’avenir lui donnera raison.