Les voitures-radars privées entrent en service en Normandie

Les premières voitures-radars conduites par un opérateur privé sont entrées en service ce lundi 23 avril 2018 sur les routes de Normandie.

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(c) Sécurité routière

Déjà testées depuis le 24 février 2017 en Normandie, les voitures-radars conduites par des opérateurs privés s’installent pour de bon dans la région. En effet, cinq Peugeot 208 ont été déployés le 23 avril 2018 sur les routes normandes, comme annoncé quelques jours auparavant à la préfecture d’Evreux par le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe.

Les expérimentations, menées dans l’Eure et la Seine-Maritime sur 900 heures et 50 000 kilomètres, ont permis d’homologuer un système de contrôle de la vitesse limite autorisée sans intervention humaine. La vitesse est réglée par le GPS, et des caméras à l’avant et à l’arrière du véhicule la confirment en lisant les panneaux de signalisation.

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(c) Sécurité routière

Les véhicules seront opérées par Mobiom, nom commercial de la société Challancin accueil et services, dont le siège est situé à Montreuil. L’entreprise a été sélectionnée suite à un appel d’offres régional parmi 21 participants et est la première à réaliser cette prestation. Les véhicules restent toutefois la propriété de l’État et seront stationnés sur des sites de police ou de gendarmerie lorsqu’ils ne seront pas utilisées, précise la délégation à la sécurité routière (DSR).

Le territoire métropolitain intégralement équipé d’ici 2020

À terme, 26 voitures-radars dites « à conduite externalisée » seront affectées à la région Normandie. Le dispositif sera ensuite étendu progressivement aux autres régions, à mesure que les 257 voitures-radars restantes seront confiées à des opérateurs privés. Un deuxième appel d’offres est déjà prévu pour l’équipement d’une ou plusieurs régions, et la DSR annonce que « le territoire métropolitain sera intégralement équipé d’ici à 2020. »

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Outre ce déploiement géographique, le temps d’utilisation des voitures-radars sera également augmenté, passant d’une heure et demie en moyenne à six ou huit heures par jour.

Face aux inquiétudes concernant un potentiel excès de zèle de la part des opérateurs privés, la DSR rappelle que « les sociétés privées désignées pour la conduite des voitures-radars ne sont en aucune manière rémunérées en fonction du nombre de flashs effectués pendant le temps de la conduite » et qu’« aucune personne employée par ce prestataire, qu’il s’agisse du conducteur de la voiture ou de son management, n’est informée que la voiture flashe et du nombre de flashs. » Les voitures sont équipées d’un éthylotest anti-démarrage pour garantir la sobriété du conducteur.

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(c) Sécurité routière

Des amendes pour les opérateurs en cas de non respect des règles

De plus, la géolocalisation permet à l’État de s’assurer que les sociétés respectent les itinéraires et les durées de circulation définis par contrat, et s’insère bien dans le flot de circulation. En cas de non-respect de ces règles, les contrevenants s’exposent à une amende de 1 000 euros par jour et par véhicule. La DSR réfute également tout risque de triche, puisque « le véhicule transmet automatiquement les messages d’infraction au CNT, sans que le conducteur puisse s’y opposer, les stopper ou les corrompre. »

La DSR mise sur ces véhicules « à conduite externalisée » pour libérer des agents et ainsi augmenter les contrôle d’alcoolémie et de stupéfiants au bord des routes, et mieux faire respecter les limitations de vitesse sur les routes accidentogènes en allongeant les plages horaires de contrôle des vitesses.