Volkswagen face à une crise sans précédent

Volkswagen, mis en cause par les autorités américaines pour avoir truqué les tests antipollution de ses véhicules diesels, doit maintenant faire face à une crise planétaire. Plus de 11 millions de véhicules vendus dans le monde seraient impliqués.

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Volkswagen face à une crise sans précédent

Mise à jour 16h53 : Suite aux récentes révélations de l’affaire Volkswagen, Ségolène Royal, ministre de l’écologie, a annoncé dans un communiqué « le lancement d’une enquête appronfondie ». Ainsi, la ministre a « saisi l’Agence fédérale américaine de protection de l’environnement pour obtenir tous les éléments d’information pertinents, permettant d’apprécier la nature de la fraude et les moyens mis en œuvre pour la détecter ». Enfin, elle a chargé l’l’UTAC de se rapprocher de l’Agence fédérale américaine de protection de l’environnement pour « approfondir les mécanismes de fraude, et faire des propositions d’actions ».

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C’est une affaire à peine croyable, un mensonge mondial auquel le groupe Volkswagen va désormais devoir faire face. Le constructeur allemand aurait implanté un dispositif permettant de truquer les tests antipollution de 11 millions de diesels dans le monde. Le moteur incriminé est de « type EA 189 », a précisé un communiqué de ce jour. Mais comment a-t-on pu en arriver là ?

Les États-Unis lanceurs d’alerte…

L’affaire prend sa source aux États-Unis. L’agence environnementale américaine (EPA) y a révélé que le groupe allemand aurait équipé certains de ses diesels, soit 482 000 véhicules, d’un mécanisme permettant de dissimuler le niveau réel des émissions de gaz polluants, à l’insu des conducteurs. Ce logiciel se déclenchait durant les tests, réduisant alors drastiquement les émissions des modèles du groupe, et se désactivait une fois les tests effectués, permettant ainsi aux véhicules d’obtenir un certificat de bonne conduite écologique.

Sommé de rappeler les modèles incriminés des marques Volkswagen et Audi, le groupe risque une amende de 18 milliards de dollars (environ 16 milliards d’euros). Il devra aussi rappeler à ses frais les véhicules vendus depuis 2008 ce qui inclut des Jetta, des A3, des Golf ou encore des Passat. Le groupe risque enfin de devoir faire face à des procédures civiles lancées par des particuliers ou des agences de protection de l’environnement. Les autorités américaines ont d’ores et déjà ouvert une enquête pénale contre Volkswagen, a indiqué le 22 septembre à l’AFP une source proche du dossier.

… mais finalement pas le seul pays touché !

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le 22 septembre, le constructeur a révélé que des enquêtes internes « ont établi que le logiciel de gestion moteur concerné est également installé sur d’autres véhicules équipés de moteurs diesels ». Résultat : « Quelque 11 millions de véhicules dans le monde entier sont concernés ». Ce dispositif aurait été installé sur des véhicules « équipés de moteurs de type EA 189 », précise Volkswagen.

Afin d’anticiper les mesures nécessaires, Volkswagen prévoit de provisionner une charge d’environ 6,5 milliards d’euros dans son compte pertes et profits pour le troisième trimestre de l’exercice 2015. Si aucune précision n’a été donnée quant à l’origine des 11 millions de modèles incriminés, nul doute que les autorités des pays concernés seront à l’écoute de cette information dans les jours et les semaines qui viennent, afin d’engager ou non des procédures à l’encontre du groupe allemand.

Une autre question demeure elle aussi sans réponse à ce jour : d’autres constructeurs sont-ils dans la même situation ? Si aucune information n’a filtré à ce sujet, les autorités américaines ont néanmoins spécifié qu’elles étendaient leurs investigations.