Würth : des pistes multiples à explorer

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Würth : des pistes multiples à explorer

Parce que la voiture constitue un outil de motivation pour le personnel itinérant, le spécialiste de l’outillage Würth demeure très attentif aux leviers à actionner pour améliorer les performances environnementales de son parc. Et les résultats sont là puisque les trois quarts des véhicules de la flotte émettent en moyenne moins de 115 g/km de CO2.

- Magazine N°175
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Würth : des pistes multiples à explorer

Mettre des véhicules en pool ? « Impossible ! réagit immédiatement Nicolas Huber, responsable de la flotte de Würth France. Les salariés dotés d’un véhicule sont essentiellement les vendeurs présents sur la route. » De fait, pas moins de 3 000 collaborateurs prennent quotidiennement le volant, dont une grande majorité de représentants des marques de Würth et de ses filiales (voir l’encadré
ci-dessous). Pour ces personnes qui s’organisent par secteur, à raison de deux ou trois par département, hors de question d’envisager le partage des voitures avec leurs collègues.

Le véhicule, élément de motivation des salariés

Le parc est composé d’une centaine d’utilitaires et surtout de véhicules particuliers : « En 2009, la flotte rassemblait 60 % de VU et 40 % de VP. Depuis, la tendance s’est inversée, avec un parc désormais composé à 80 % de VP, détaille Nicolas Huber. C’est une flotte atypique, avec treize catégories différentes. Cela va du véhicule standard, par exemple la Skoda Fabia, l’Opel Corsa ou la Fiat Punto Evo – le véhicule vendeur lorsque le collaborateur est embauché –, jusqu’à la Peugeot 508 ou les Mercedes Classe B et C pour les meilleurs vendeurs et les encadrants. »

Avec 2 000 unités, les « véhicules vendeurs » réunissent la majorité de la flotte. Ceux qui ne sont pas transformés en VU restent à disposition des salariés en dehors des heures de travail à condition d’une participation financière de leur part. Les autres sont transformés en VU dans l’atelier intégré au siège de Würth à Erstein dans le Bas-Rhin (67). Les véhicules destinés aux échelons les plus élevés de la hiérarchie entrent dans la catégorie des « avantages en nature ». Comme dans de nombreuses sociétés, « l’automobile est un levier de motivation chez Würth France », pointe le responsable. Avec de telles contraintes, comment améliorer l’impact écologique du parc ? « Il faut optimiser chaque véhicule », ébauche Nicolas
Huber. Dans l’Hexagone, les initiatives de l’entreprise pour le développement durable ont été renforcées en 2009 : la filiale française a sensibilisé ses salariés aux « gestes citoyens », notamment en éditant un livre. Celui-ci évoque les bonnes manières pour réduire les consommations énergétiques et aborde la question des comportements de conduite.

Cette sensibilisation prend aussi la forme d’une formation pour chaque nouvelle recrue. « La collaboratrice en charge du pôle sinistres rencontre les derniers embauchés, leur explique les processus du service flotte, les bons réflexes, met l’accent sur la prévention routière et donne des conseils en matière d’éco-conduite : Stop and Start, passage des vitesses à des régimes inférieurs, etc. », relate
Nicolas Huber. Une formation initiale qui n’exclut pas les piqûres de rappel : « Nous avons créé des spots vidéos qui mettent en avant les bonnes pratiques », indique le responsable. Ils sont diffusés à l’occasion des rencontres mensuelles entre les vendeurs et leurs encadrants, au cours desquelles l’état général des véhicules est contrôlé.

Sensibiliser les salariés aux gestes verts

Dès 2012, cette formation sera renforcée : « Nous collaborons avec un partenaire qui dispense des stages de prévention et d’éco-conduite. Ces sensibilisations se dérouleront tout au long du cursus du collaborateur chez Würth », précise Nicolas Huber. Dans un premier temps, ces formations s’adresseront aux chefs des ventes, « ceux dont les équipes sont les plus touchées par une sinistralité forte. Les encadrants formés auront pour missions de sensibiliser et de former leurs équipes aux bonnes pratiques. »

Ce ciblage pourra s’effectuer grâce aux données recueillies par le dispositif de reporting que Würth a créé en 2011, en complément de son service interne de gestion de la flotte. Avec une vingtaine de personnes dédiées, ce service gère l’ensemble des questions relatives au parc : des contraventions à l’entretien, au carburant ou à l’assurance. Les vendeurs ayant la charge d’organiser leurs tournées, la géolocalisation n’est pas employée. Cependant, note le responsable de la flotte, si « nous fonctionnons sur la confiance, celle-ci n’exclut pas le contrôle. »

Un outil pour mieux maîtriser l’historique des véhicules

Avec la création de ce service de reporting, « chaque encadrant dispose dorénavant d’un tableau de bord de l’ensemble de ses collaborateurs, souligne Nicolas Huber. Il s’agit d’une photographie mensuelle des comportements au volant. L’encadrant a ainsi connaissance, sur douze mois, du modèle, du kilométrage mensuel et annuel parcouru, de la consommation moyenne, des sinistres survenus, des contraventions, etc. Les éventuelles anomalies constatées sont mises en évidence. »

Les mesures lancées depuis 2009 ont déjà eu des répercussions positives sur les émissions de CO2. « Nous constatons aujourd’hui un rejet moyen de 113 g/km. En effet, 74 % de la flotte se situe sous le seuil des 115 g, contre 22 % en janvier 2010. Par ailleurs, 89 % du parc est sous les 130 g », énumère le responsable.

Pour aboutir à ce résultat, le travail d’encadrement des personnels roulants a été accompagné d’une politique d’achat volontariste. « Chaque fin d’année, je propose une charte pour l’année qui suit. Nous y intégrons les nouveautés : baisse des émissions de CO2, Stop and Start, régulateur de vitesse » (voir ci-dessus). Ancien chef de vente de concession, Nicolas Huber a fait le choix de rencontrer directement les constructeurs pour s’informer des nouveautés et des évolutions sur les véhicules : « Ce ne sont pas les constructeurs ou les loueurs qui créent notre charte », insiste le responsable qui travaille avec huit loueurs pour fournir l’ensemble de la flotte.

Des contrats prolongés pour moins de pollution

Pour faire reculer les émissions de CO2, Würth a également opté pour la prolongation des durées de location. « Par le passé, les cycles de renouvellement étaient de 24 mois. Nous avons conservé cette durée pour le haut de gamme mais pour les 2 000 véhicules traditionnels, nous sommes passés sur un cycle à 30 mois. Énormément de rejets de CO2 sont liés à la production de véhicules, nous avons par conséquent pris la décision de revoir à la hausse la durée des contrats de location. Et le fait d’allonger la détention a permis une diminution de nos loyers. »

Dernière initiative autour des émissions de CO2 : c’est un camion qui livre directement les véhicules aux salariés. « Chaque collaborateur peut être amené à changer de modèle de nombreuses fois durant sa carrière chez Würth. Jusqu’en 2009, la majorité des salariés se déplaçait au service flotte pour venir récupérer leurs nouveaux véhicules. Depuis, nous avons revu notre organisation et les véhicules neufs sont tous acheminés en camion dans les différents secteurs où travaillent les collaborateurs », explique Nicolas Huber.

Service de reporting, allongement du délai de renouvellement des véhicules ou réduction des émissions de CO2 des « postes annexes » de la flotte : pour le gestionnaire de la flotte de Würth, améliorer les performances environnementales de son parc est aussi un terrain d’innovation.

La flotte de Würth en chiffres

Le parc de Würth est constitué à 80 % de VP et à 20 % d’utilitaires.
Les VP comprennent majoritairement les 2 000 véhicules vendeurs, avec treize catégories différentes : Skoda Fabia, Opel Corsa, Fiat Punto Evo, Peugeot 508, Mercedes Classe B ou C, etc.

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